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heros de l'amer |
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Mais où est donc passée Cécilia ?
Citation: Le candidat de la droite à l'élection présidentielle française, Nicolas Sarkozy, a connu par le passé des tribulations amoureuses qui ont été largement couvertes par les médias.
Alors que des rumeurs font état d'une nouvelle crise au sein de son couple, journaux, radios et télévisions se montrent très discrets, une approche qui divise la communauté journalistique française à l'approche du second tour de l'élection présidentielle.
Est-il d'intérêt public de parler des tribulations amoureuses d'un politicien influent qui aspire à devenir le prochain président de la France?
La question déchire les médias français, qui ne s'entendent pas sur la ligne de conduite à adopter face aux rumeurs voulant que Sarkozy et sa femme Cécilia soient de nouveau en froid. Ces rumeurs sont toutefois vigoureusement démenties par l'entourage du candidat de l'Union pour un mouvement populaire (UMP).
La plupart des journaux, radios et télévisions sont demeurés très discrets à ce sujet, se contentant de références cryptées sur la situation du couple, qui avait posé pour la presse à potins il y a quelques années, à l'issue d'une longue période de séparation.
Discrets à tel point qu'une partie de la population française a finalement été informée de la situation cette semaine par un journal anglais, The Independent. Le journal a publié récemment un papier à ce sujet, qui a été traduit en français et repris dans la plus récente édition du Courrier international, un hebdomadaire français réputé.
John Lichfield, le correspondant parisien du quotidien qui signe l'article, s'étonne que les médias nationaux «regorgent d'informations sur les élections, mais restent pratiquement muets sur le sujet qui obsède le plus le village politico-médiatique parisien».
«Dans presque tous les pays démocratiques, une séparation entre le favori de l'élection présidentielle et sa femme, en pleine campagne, serait une nouvelle explosive qui ferait la une des médias. Mais pas en France», écrit M. Lichfield, qui attribue ce silence aux lois protégeant la vie privée ainsi qu'à la réticence «presque génétique» des journalistes français à traiter de ce type de sujet.
Effet pervers
Ces lois sont bien intentionnées, mais peuvent avoir un effet «pervers» en privant le public d'informations importantes pour guider leur vote, juge le journaliste. Il insiste d'ailleurs sur le fait que le caractère de Nicolas Sarkozy, réputé colérique et émotif, est un enjeu important de la campagne.
«Si sa femme l'a quitté à un moment aussi critique, les gens ne sont-ils pas en droit de le savoir?» interroge M. Lichfield, en rappelant que plusieurs médias internationaux ont déjà traité du sujet.
Le critique des médias du quotidien Libération, Daniel Schneidermann - qui a traité à plusieurs reprises depuis un mois des rumeurs de séparation du couple Sarkozy dans son blogue Big Bang Blog -, déplorait dans une récente chronique que les médias français ne se penchent pas plus attentivement sur cette question.
Pour lui, il est «à la fois légitime et nécessaire» d'informer la population française si l'épouse de M. Sarkozy a quitté le domicile familial, un acte «autrement plus lourd de conséquences, matérielles et psychologiques, qu'une relation extraconjugale...»
Un acte d'autant plus important, juge le critique, qu'il donne de l'information sur l'état psychologique du candidat et de son entourage politique - Cécilia Sarkozy jouant un rôle de conseillère dans la campagne.
Outre Le Monde, qui a parlé début avril des «rumeurs» générées par le fait que le couple n'a pas passé le long week-end de Pâques ensemble et n'avait pas fait d'apparitions publiques pendant des mois, pratiquement aucun des principaux médias français n'a abordé la question. Ce silence relatif témoigne de la «pravdaïsation» de la presse du pays, juge M. Schneidermann, qui s'en prend en particulier à Paris Match.
L'hebdomadaire, fustige-t-il, confirme indirectement les démêlés du couple en présentant, dans son dernier numéro, des images prises au QG de campagne de Nicolas Sarkozy au moment de l'annonce des résultats du premier tour. «Cécilia, radieuse, revient enfin en pleine lumière», indique la légende d'une photo où on la voit applaudir les résultats, sous l'oeil de son mari. La revue avait publié quelques semaines plus tôt une page montrant l'épouse du candidat de l'UMP lors d'une soirée mondaine, sous le titre «Revoilà Cécilia».
Selon M. Schneidermann, le fait que le précédent directeur de la publication ait été limogé après avoir publié, à l'été 2005, une photo montrant Cécilia Sarkozy avec un nouveau compagnon durant la période de séparation du couple, n'est pas étranger à cette discrétion.
Antoine Guiral, qui suit la campagne de Nicolas Sarkozy pour le quotidien Libération, souligne que les rumeurs entourant le couple sont bien connues des journalistes affectés à la campagne.
M. Guiral affirme qu'il n'hésiterait pas à écrire que le couple s'est séparé s'il en avait la certitude et qu'il était convaincu que cet événement pouvait avoir une influence majeure sur la capacité de travail de Nicolas Sarkozy. «Je n'ai personnellement aucun tabou à parler de ce genre de chose, ce n'est pas du tout une question de gêne», indique-t-il.
D'autant plus que le politicien a «beaucoup ouvert la porte» dans le passé en parlant publiquement de sa relation avec sa femme et en se faisant photographier avec elle. «ll a longtemps eu une approche à géométrie variable, selon que ça l'arrange ou ne l'arrange pas», indique le journaliste, qui affirme avoir été informé de tensions au sein du couple mais non d'une séparation.
François Jost, professeur en sciences de l'information à l'Université Paris III, estime que les journalistes se montrent discrets par crainte de froisser Nicolas Sarkozy, qui n'hésite pas à intervenir auprès des médias lorsqu'il est insatisfait.
Ils veulent aussi, pense-t-il, éviter de prendre le risque de détourner le débat public vers des sujets moins importants à un moment clé de la campagne.
M. Jost estime, de toute façon, que la vie amoureuse de Nicolas Sarkozy «n'est pas du tout quelque chose qui pèsera pour les Français au moment du vote». Le fait d'avoir un président qui soit éventuellement divorcé ou en union libre - Ségolène Royal n'étant pas mariée à François Hollande - n'est d'ailleurs «pas pour déplaire» à la population, dit-il.
Nicolas Sarkozy affirme quant à lui avoir «tiré les leçons du passé» et ne plus vouloir aborder sa vie privée en public.
Au service de presse de sa campagne, plus loquace sur le sujet, on dément sèchement les rumeurs entourant les difficultés du couple, les qualifiant de «conneries».
«Ils vont très bien. Au moment où l'on se parle, Cécilia est au QG de campagne, en train de travailler», a souligné une employée du service de presse, qui disait ne pas comprendre pourquoi les médias peuvent s'intéresser à des trucs «aussi idiots».
Nicolas Sarkozy, a ajouté l'interlocutrice de La Presse, n'a aucune intention d'agir pour faire cesser les rumeurs pouvant circuler sur internet à son égard. «Le second tour (de l'élection présidentielle), c'est la chose importante pour lui. Les rumeurs, il n'en a rien à secouer», a-t-elle conclu.
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