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heros de l'amer |
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allez, encore une petite, la toute dernière, parce que c'est quand même fatigant à la longue, et que ça ne sert pas à grand-chose, même pas à se défouler ! 
dans la série "je me cultive même le dimanche" :
Le Sarkozysme, qu'est-ce que c'est ?
Citation: Malgré l’omniprésence médiatique de Sarkozy ces deux dernières années, le Sarkozy ministre de l’intérieur puis le candidat, malgré la marée de discours, de déclarations, les off dévoilés dans la presse ou sur Dailymotion, malgré les propos rapportés, les dires des uns et des autres, des opposants, d’Eric Besson à Jean François Khan en passant par Marie Ségolène Royal et les cadors du parti socialiste, des alliés et des ralliés, d’Eric Besson encore à Yves Thréard, en passant par Brice Hortefeux et les caciques de l’UMP, le gaullisme nouveau demeure essentiellement un inconnu.
A vingt quatre heures du scrutin, le sarkozysme recèle toujours un mystère.
Où ranger, politiquement, le sarkozysme ? A droite bien sûr… Mais sous les couleurs de quelle droite ?
En effet, si l’on suit la classification des droites opérée par René Rémond, celles-ci seraient au nombre de trois : la légitimiste, l’orléaniste et la bonapartiste.
Or, le sarkozysme semble ne faire partie d’aucune d’entre elles… ou relever de toutes !
La première des trois droites, la droite originelle, ultra ou légitimiste, est la seule à être née directement à droite de l’échiquier politique, dès 1815.
Réactionnaire, elle est essentiellement contre révolutionnaire, foncièrement anti-démocratique, traditionaliste, préoccupée des libertés communales et régionales, et conséquemment méfiante envers l’état centralisateur.
Economiquement, celle-ci est fondamentalement anti-libérale, penchant plutôt pour une organisation de type corporatiste, avec une vision ancestrale de la paysannerie et un attachement particulier au travail artisanal, au « travail bien fait ».
Socialement, cette droite est passionnément anti-égalitariste, élitiste, attachée aux valeurs de tradition, de hiérarchie, d’autorité et d’ordre, dont elle en développe une vision organiciste, pour ne pas dire biologisante, et paternaliste.
Attachée à la « morale publique », cette droite se révèle aussi obstinément ultra-réactionnaire quant aux mœurs : opposée au travail des femmes, au concubinage, au divorce, à la pornographie, à l’avortement, à l’homosexualité, à l’homoparentalité, à l’inverse, elle prône généralement une fidélité sans faille aux valeurs morales prônées par le catholicisme anté-Vatican II.
Les derniers avatars de cette droite ultra sont à chercher d’abord du côté des catholiques traditionalistes, aussi bien les ralliés de Bernard Anthony (ex-FN) que les ex schismatiques de Mgr Lefebvre, d’une part.
Sa descendance comprend aussi les adeptes de la « Nouvelle droite », GRECE, Club de l’Horloge et mégrétistes du MNR, d’autre part, même si ceux-ci forment une singulière exception quant à la filiation catholique, puisqu'ils se réclament plutôt... du paganisme.
Enfin, Villiers et son MPF peuvent aussi être comptés au nombre de cette droite contre révolutionnaire.
La seconde des droites françaises est née avec la monarchie de Juillet. Libérale et conservatrice, elle incarne la politique du juste milieu. On l’appelle la droite orléaniste.
Située généralement au centre, elle a horreur des extrêmes comme des solutions extrêmes et de la violence. Allergique au nationalisme comme au socialisme, cette droite prône la confiance en l’initiative privée, le marché, l’individualisme, les libertés publiques et privées, l’ordre – mais avec une conception beaucoup moins rigide que la droite ultra – et l’adaptation aux contraintes modernes.
Le marché, la réforme, juste ce qu’il faut pour ne pas bouleverser l’ordre social, qu’il s’agit, en bon conservateur, de préserver pour l’essentiel, et le parlementarisme : voilà les fondamentaux de cette droite là.
Celle-ci accéda une fois au pouvoir au cours des trente dernières années, avec la présidence de Giscard. Aujourd’hui, c’est Bayrou qui incarnerait le mieux cette tendance.
La troisième des droites, la bonapartiste, est née avec l’accession au pouvoir du prince Louis Napoléon III. Mouvement de rassemblement par delà les partis, elle allie une volonté démocratique de type direct et plébiscitaire, avec un pouvoir exécutif fort, autoritaire, souvent personnel et un antiparlementarisme assumé, une conception centralisée de l’état et une foi dans l’importance de ce dernier dans l’orientation de la vie économique, enfin un certain goût pour le progrès social, tout en restant néanmoins fondamentalement conservatrice.
Enfin, celle-ci ayant donné naissance à la fin du XIXème siècle au nationalisme moderne, elle est aussi souvent fortement nationaliste.
Au XXème siècle, cette droite fut incarnée de manière exemplaire par de Gaulle et le gaullisme.
Or, une fois ce long rappel effectué, où classer le sarkozysme ?
Son origine politique, le néo-gaullisme, le rattache immanquablement à la droite bonapartiste.
Sa pratique politique comme ministre de l’intérieur, avec son interventionnisme à tout crin, y compris hors de son domaine de compétence, laisse présager de sa conception du pouvoir : autoritaire et personnelle. D’autant plus lorsque l’on se souvient, au début de sa campagne, de sa volonté de renforcer les pouvoirs du président.
Mais ses options économiques, plus proches de l’ultra libéralisme que tout ce qui lui a précédé, comme sa volonté de réforme et d’adaptation à la mode du temps, le rapprochent aussi de la droite orléaniste.
Plus surprenant, bon nombre de ses obsessions rattachent aussi le sarkozysme, et surtout son principal promoteur, Nicolas Sarkozy lui-même, à la droite absolue, la droite contre révolutionnaire. Ses obsessions de mai (68), sa haine même du mouvement contestataire de l’époque, accusé d’être à l’origine d’un « laxisme », d’un « relativisme moral » ; de l’autorité ; de la hiérarchie ; enfin son élitisme affiché, cet ensemble de valeurs est directement issu du corpus réactionnaire – et non plus conservateur – de la droite légitimiste.
Ne parlons même pas de ses déclarations quant aux origines génétiques de la pédophilie ou du suicide, directement inspirées par la Nouvelle Droite !
Le sarkozysme serait-il un composé, une alliance des trois droites françaises, réunies au sein d’un même mouvement…
Si tel était le cas, il y aurait un précédent à cette fusion des droites : l’Action Française, au tournant du siècle dernier. Son idéologie, le nationalisme intégral, ressortissait ainsi de la droite bonapartiste, comme tout nationalisme, mais son corpus de valeurs réactionnaires – antidémocratisme, anti-égalitarisme, élitisme, tradition et hiérarchie – était lui directement lié à la droite contre révolutionnaire.
Enfin, le choix de certains de ses maîtres à penser – Taine, Renan – et son crédo du politique d’abord, la rapprochent étonnamment de la droite orléaniste.
Cependant, ce mélange hétérogène n’était pas équilibré, et lentement, une tendance prit le pas sur les deux autres, celle de la droite contre révolutionnaire, jusqu’à voir dans le premier Vichy – celui de 1940-41 – une « divine surprise née de la défaite » (Maurras) et à considérer l’état pétainiste comme le plus à même de réaliser le programme du nationalisme intégral.
Si le sarkozysme est bien ce mélange des droites que je soupçonne, quelle tradition finira par l’emporter sur les deux autres ?
Seul l’avenir, si Sarkozy est élu, répondra à cette question.
Les premiers signaux, les premières mesures, donneront déjà une tonalité particulière au sarkozysme triomphant, et permettront alors peut être de deviner quelle tendance prendra le pas sur les autres.
En attendant, pour la première fois depuis un siècle, nous avons à faire face à une droite réunie, unie, à une droite intégrale.
source le bandeau en bas de la page est assez marrant et devrait plaire à zak ou à gortogg  |
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