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Cthulhu22 |
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En Savoie, les patous, chiens de berger, croquent du randonneur
Il n'était pas venu depuis quinze ans en Haute Maurienne (Savoie) et, lors de sa première balade, le 15 juillet, sur un chemin très fréquenté du parc national de la Vanoise, Jean-Luc Renaud, 55 ans, est "tombé des nues avec le patou". Cet enseignant de Chartres (Eure-et-Loir) s'est fait mordre à huit reprises, depuis les mollets jusqu'aux épaules, par trois chiens de montagne des Pyrénées qui se sont précipités sur lui.
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De tels incidents se multiplient sur les estives savoyardes depuis que les éleveurs s'équipent en moyens de protection pour faire face à la présence du loup. Le nombre de patous est estimé à 200 dans le département, à raison de deux au minimum pour un troupeau de 150 têtes, et leur nombre ne fait qu'augmenter avec l'extension de l'aire de colonisation du loup.
"La contrainte est assez simple, il y a des endroits où l'on ne va plus", reconnaît Damien Soyard, fondateur d'Oxygène Aventure à Lanslevillard. "Je préfère ne pas y emmener mes clients pour éviter tout problème et toute crainte."
L'agression d'une randonneuse, le 28 juillet, a conduit le maire de Termignon, Jack Pinson, à prendre un arrêté obligeant l'éleveur à retirer ses chiens de l'alpage.
"Les chiens posent problème, mais ce n'est pas la faute des éleveurs", souligne la fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA) de la Savoie. Dans un communiqué publié le 31 juillet, la FDSEA estime que "la responsabilité est celle de l'Etat (...), qui impose des soins palliatifs sans en mesurer toutes les conséquences".
FICHIER GÉNÉALOGIQUE
C'est aussi vers l'Etat que se tournent les professionnels du tourisme. Claude Ponson, directeur du développement à l'agence touristique départementale de la Savoie, a ainsi adressé, en son nom propre, un courrier au ministre de l'agriculture, Michel Barnier, et suggère de retirer les patous des alpages.
Les éleveurs sont moins convaincus. La présence des patous, associée à celle d'un berger et au regroupement nocturne des moutons, a fait la preuve de son efficacité : il y a moins de victimes par attaque de loup. Encore faudrait-il disposer de chiens de qualité. La technique de protection des troupeaux par les patous était complètement méconnue - en dehors des Pyrénées - il y a moins de vingt ans. Et les éleveurs savoyards, confrontés à une gestion totalement nouvelle de leur cheptel, sont souvent désarmés.
Un fichier généalogique national des chiens de protection permettrait d'identifier les bonnes lignées. Annoncé pour fin 2007, il n'est toujours pas opérationnel. |
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