|
Schoubi |
 |
Guru 
Déconnecté
Niveau : 5 N° de Membre :
566
Ancienneté : 100%
Participation : 15%
Inscription: 10 Mar 2002
Localisation:
Age: 47
Messages: 12627
Sujets Lancés : 1428
|
C'est clair que suivre les journaux étrangers (et particulièrement américains) est très interessant. Notamment pasce que les américains ont déjà subit des émeutes similaires mais (à leur image) beaucoup plus importantes (tirs à balles réelles, pillages, etc...).
Je vous conseille (une nouvelle fois ) : le blog de Pascal Riché et Laurent Mauriac, à l'heure américaine, qui possède la traduction d'un edito du Times absolument sidérant et aussi de belles analyses :
Citation:
Parallèles transatlantiques (PR)
La1992Il n’est pas absurde de dresser des parallèles entre la situation en France et les émeutes urbaines qu’ont connues par le passé les Etats-Unis. Certes, les quartiers concernés ont des histoires très différentes. Mais les troubles qui les embrasent ont beaucoup d’ingrédients communs : l’abandon de populations dans des ghettos, le racisme, le chômage, la drogue, les accusations de brutalité policière.
Y a-t-il des leçons à tirer de la façon dont les Américains ont fait face à leurs émeutes ? Pour ce qui est de la réponse immédiate, j’en doute. Les Américains répondent par la manière (très) forte. Couvre-feu, envoi de milliers de National Guards et de militaires autorisés à tirer... Au total, à Los Angeles, en mai 1992, 10 000 personnes avaient été arrêtées, plusieurs dizaines avaient été tuées. Plus récemment, lors des pillages de la Nouvelle Orléans, personne ne s’était trop offusqué lorsque la gouverneure de Louisiane a appelé à tirer dans le tas...
Des leçons peuvent en revanche être tirées de la façon dont les communautés ont réagi après les émeutes.
A Los Angeles, si le programme officiel “Rebuild L.A.” a largement échoué, un travail patient a été engagé sur le terrain par les associations ou les églises, pour retisser des liens dans les communautés, rebâtir des structures, encourager la participation électorale, etc. Je me souviens d'avoir assisté, dès juillet 1992, dans un restaurant de Koreatown à Los Angeles, à une réunion de commerçants et chefs de PME Noirs et Coréens, qui cherchaient, ensemble, les moyens concrets d’apaiser les tensions entre leurs deux communautés. Dans ce pays, le “bottom-up” marche toujours bien mieux que le “top-bottom”...
Lorsque la situation se sera apaisée en France, de telles initiatives de terrain ne manqueront pas d'éclore. Elles peuvent à mon sens être efficace si la nation (c’est à dire les médias, les élus, les citoyens/donateurs, les associations) se mobilise pour les soutenir, sans relâche, pendant les prochaines années.
Il y avait hier soir un reportage sur France 2 assez encourageant. Une école avait été brûlée à Grigny (Essonne) par des émeutiers; les profs, les parents d’élèves se sont retroussé les manches ce week-end pour la restaurer tant bien que mal. L’école, "ce lieu de vie" comme disait une instit' dans le reportage, a pu ouvrir ses portes ce matin. Leur énergie, leur volonté d’agir, était à la hauteur du formidable “can-doïsme” américain. |
Sinon un autre blog interessant est encore un de liberation, qui tente de faire suivre au lecteur les évenements "de l'interieur" : http://reportages.blogs.liberation.fr/aulnay/
Et une dernière info comme ça en passant :
Citation:
Trois Bleus défendent les banlieues
Thierry Henry s'est défaussé. Mais trois autres internationaux de l'équipe de France qui doit jouer contre le Costa Rica, ce soir, à Fort-de-France, se sont engagés sur les banlieues. «La corde était très tendue, puis elle a cassé», a jugé le défenseur Eric Abidal, qui a grandi à La Duchère, à Lyon. «Près de chez moi, il y avait un supermarché : jamais ils n'ont voulu embaucher des gens de notre cité. Ça ne concerne pas que les jeunes, les adultes (sic) aussi se font licencier. C'est le ras-le-bol collectif.» «L'explosion était inévitable, a surenchéri le Lyonnais Florent Malouda. Les gens dans les quartiers sont désespérés.» C'est Lilian Thuram, 108 sélections et membre du Haut-Commissariat à l'intégration, qui a parlé le plus fort : «Moi aussi, j'ai grandi en banlieue. Quand quelqu'un dit : "Il faut nettoyer au Kärcher", je le prends pour moi. On me disait : "T'es une racaille." Mais ce que je voulais, c'était travailler. [Sarkozy] n'a peut-être pas saisi cette subtilité.» Puis : «La violence n'est jamais gratuite. [...] La rigueur, c'est bien ; avant ça, il faut intégrer les gens par le travail. Les plus rebelles le traduisent par l'agressivité. Je suis triste pour eux. Souvent, les jeunes ont comme idoles les joueurs de foot. C'est bien. Mais il leur faut d'autres idoles.» AFP, Reuters |
__________________

Signaler ce message à un modérateur | IP: Logguée Temps en ligne : 48 Jours, 18 Heures, 48 Minutes, 8 Secondes en ligne
|