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Alexiel |
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un sympathique résumé du concert d'Einstürzende Neubauten, de vendredi dernier, pour ceux que ça pourrait intéresser....
Citation: Comme Nutella. 25 ans d'expérience feront toujours la différence. Je
n'ai jamais vu un public aussi varié. Que ça soit en âge. De 60 à 17
ans. Ou en look. Gothos, salariés, true indus, rockers brûlés.
Les voilà, basse, guitare, un coin à percus bizarroïdes, un clavier et
la bonne batterie monstrueuse, indus bricolo bruitiste.
Blixa annonce, en vrai showman, qu'ils vont jouer une heure de grands
hits… huées… puis une autre heure de grands hits, après une pause
syndicale… Applause.
Yue-Gung (Fuetter mein Ego), intro abrasive en guise de starter.
Carré, presque rock noïse.
Suit, Die Befindlichkeit des Landes, chanson plus destructurée avec
toutefois des riffs quasiment « albiniens » qui viennent perturber la
voix de crooner de Blixa. Un charme évident commence à opérer.
Haus der Luege, présentée comme la chanson préférée du pape par le
facétieux Blixa. Un hit indus qui bastonne. Basses, percus
cristallines et montées de synthés dans le lointain.
Armenia, world, ambiant, voix incantatoire, avec en guest un joueur de
Doubouk. Sons assez diffus qui envoûtent et viennent un peu casser le
trio de hits du début. Cris perçants et percus qui s'emballent. On
commence à entrer dans des ambiances qui collent la chair de poule.
Impros vocales, glissades bruitistes, crissements sur plastique.
Disposition de rampes de tubes de plastique, façon « orgues de staline »
La chanson Youme & Meyou ? peut être. Assez dépouillée. Ambiance
Wenders, road track. Plus FM que le début du concert. Lumières
bleutées autour des musiciens et samples de violon qui semble
s'écraser dans un tourbillon funèbre.
Des vibromasseurs pour taquiner les guitares. Etonnant. Je pensais que
ça ne servait qu'à « tonifier et rafermir les chairs » selon la page
156 de la Redoute.
Un titre de 84, jamais joué. Bossé depuis 20 ans, selon Blixa.
Tanz like Satanas ? C'est ce que j'ai saisi en tout cas, mais je dois
être un brin à côté de la plaque. Claquements, clavier jazzy
frénétique, voix syncopée. Ca tue bien !
On enchaîne dans une autre ambiance bleutée, Dead Friends (Around the
Corner) Cloches et cris pour une belle vraie chanson triste. Montée de
larmes sur le final. Comme pendant un concert des Pink Dots. Le type
de chanson qui remonte du fond et finit par faire remonter les choses
mortes cachées sous le gloss et les paillettes de la nuit.
Voir son propre reflet, dans le final d'une chanson industrielle.
Moment important du concert, pour ma part. Celui qui sépare le bon
concert bien pro, carré classique, du moment d'exception. Ce soir, on
y est. On s'en approche. Je le sens.
Ce frisson particulier. Les yeux embrumés, ces petites danses, écrasé
dans la foule.
Une petit impro, baptisée « Andrew tango » en fait Redukt. On dirait
un titre idéal de Oomph ! Alternance de guitares énervées et de phrasé
unique de Blixa. Maîtrise de la tension. Entre le crooner, le
classique, le métal. Immense, riche. Planant.
Les applaudissements se font plus nourris, plus appuyés, plus sincères aussi.
Un tube de plastique sert de corne tibétaine à l'un des membres du
groupe qui nous fait son petit solo.
Salamandrina, superbe intro à capella. Chanson médiévale fantastique
qui pourrait en remontrer à leurs collègues du « Mort qui peut danser
». Arrivée des percus et cris d'orfraie de Blixa. Quelques rigolos
crient « choucroute» ou « vas-y Roger ! ». L'humour français, tout en
finesse et décalage subtil !
Sabrina, ouch ! Une autre chanson qui va racler les larmes du fond. Ca
pique les yeux, ce soir. Nous devenons tous des boucs en jogging,
reniflant dans les toilettes sales d'une boîte de nuit perdue à la
frontière de l'Allemagne de l'est. Blixa a certaines fois d'étranges
tics excédés.
Avec une petite radio, Blixa capte les ondes, dont le « multiplex » ou
« jour de foot » d'eugène Sacomano. Dominante de résultats de foot, «
coup franc intéressant, y'a du monde autour du ballon, frappe de
moreau », chanson r'n'b, polnareff.
Ca doit être Perpetuum Mobile et ça tabasse. Montée sonore. Violence
contenue. Beaucoup plus harsch. Lumière jaune et blanche, brutalement
balancée à la face d'un public qui commence à bien s'agiter. Quelques
foyers de pogos se déclarent.
Larsens, guitares qui couinent, aspirateur contre bout de plastique,
une vraie pièce bruitiste, lourde et aussi imparable qu'un bloc de
granite. Très longue mais ce genre de titre, je ne m'en lasse pas. Par
contre, au final, on ne connaît pas les résultats du foot… Dommage.
Sehnsucht, maintenant, on reste dans le bruitiste. Le pogo devient un
peu plus viril.
Même des prémices de baston, devant, entre un rocker brûlé à la kro et
un petit jeune digital. La querelle des anciens et des modernes.
Avantage pour les vieux.
Ovation brûlante puis exhumation d'un autre tube de plastic
légendaire. Encore des sonorités tibétaines. Voix zen, mains levées.
Intensité. Avec en guest, un violoneux qui finira par massacrer son
instrument. Ca débute presque a capela puis ça devient bruitiste,
furieux. Draussen ist feindlich, possible. Ca vrombit. Hypnotique. Les
souffleurs d'air liquide bossent à fond. Saturation.
Was Ist Ist. Karaoké géant puisque le public est appelé à répéter ces
quelques lignes. On se surprend à tenter
de chanter cet hymne teuton. « Germany Baked us ». Le public est de
nouveau à fond de rougne et on commence à suer dans son costard.
Damnation, les percus ramassent presque plus que dans un titre de
digital/breakcore !
Rammstein à la be(i)nne
Laibach au placard !
J'exagère un tantinet mais cette chanson calme sévèrement.
Un carré de métal en guise de masque et Blixa envoie l'intro de Kalte
Sterne. Ca calme un peu le jeu mais on reste très haut. Le final est
quasi EBM.
Selbsportrait mit Kater, encore un hit. Félicité du bruit décharné.
96 décibels, la limite sonore en France. Ils veulent passer à 104, les
taquins. Petite déconnade sur la « marseillaise » puis retour des
étranges tubes de plastique.
Ende Neu. Air liquide soufflé dans les tubes sonorisés. Une chanson douce.
Un rappel ensuite, une nouvelle chanson Grundstuck peut être, une
chanson bruitiste se termine par une serviette déchirée. Concept.
Un grand concert qui marque et va sans doute me hanter pendant
quelques temps.
Le public français aime décidément bien quand la musique bastonne au
risque de passer à côté des titres/groupes plus subtils. E.N eux, ont
apprivoisé le bruit, le silence, les cris, les fracassements de tôle,
depuis très longtemps.
Il en résulte aujourd'hui ces chansons industrielles. Assez pop,
finalement. Un groupe racine, tellement ancien que d'une simple
prestation, ils sont encore capables de remettre en perspective
plusieurs pans de nos chères musiques sombres, avec en prime un humour
salvateur. (Kether) |
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