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Citation: Message écrit par MadMagoux, le 23-06-2003 à 16:34
Des associations comme 60 millions nous protègent assez bien, et nous tiennent assez régulièrement au courant de ce qui est bon pour nous ou pas.
Et puis, n'oublions pas que pour l'instant personne n'est capable d'affirmer la nocivité de ces produits. |
On en a quand même une vague idée ..... (surtout qu'il y a eu pas mal d'accidents fatals aux Etats Unis, après mis en circulation d'OGM pretendu sains par la très sérieuse FDA....
Je vous invite à lire ce texte très argumenté , qui nous éloigne un peu du thême José Bové certes, mais au moins fait le point sur les OGM et nous change des vociferations postillonnantes de Sumatriptan.....
Citation:
Les aliments génétiquement modifiés peuvent provoquer des allergies?
Aux Etats Unis, environ un quart de la population indique qu'elle réagit
mal à certains aliments (Sloan et Power, 1986). 2 % des adultes et 8 %
des enfants ont de véritables allergies, médiatisées par l'immunoglobine
E (IgE) (Bock, 1987; Sampson et al., 1992). Les personnes dont les
allergies sont médiatisées par l'IgE ont des réactions immédiates à
certaines protéines, allant de démangeaisons à des chocs anaphylactiques
pouvant être fatals. Les allergies aux arachides, à d'autres noix, et
aux fruits de mer sont les plus communes.
Le génie génétique peut transférer des allergènes d'aliments dont les
personnes savent qu'elles y sont allergiques et qu'elles peuvent donc
éviter, à des aliments dont elles pensent qu'ils sont sans danger et qui
leur fait donc courir des risques qu'elles ignorent. L'entrepries de
semences (essentiellement "hybride"),. Pioneer Hi-Bred International
avait introduit un gène de la noix du Brésil codant pour une protéine
dans des variétés de soja afin d'en accroître la teneur dans les rations
pour animaux. En mars 1996, des chercheurs de l'Université du Nebraska
saisis par Pioneer montrèrent par des tests in-vitro et cutanés que ce
soja réagissait avec l'IGE des personnes allergiques à la noix du Brésil
d'une façon telle que sa consommation pouvait être fatale (Nordlee et
al., 1996).
Cette affaire s'est bien terminée. Comme l'a écrit Marion Nestle,
Directeur du Département de Nutrition de la New-York University dans son
éditorial du respecté New England Journal of Medicine, "Dans le cas
particulier du soja transgénique, on savait que l'espèce donatrice était
allergénique, on disposait d'échantillons de sérum de personnes
allergiques pour faire les tests et on a pu retirer le produit" (Nestle,
1996:726). Mais les allergologues savent qu'il existe presque toujours
des personnes allergiques à un aliment donné. Ce sont les protéines qui
provoquent les réactions allergiques et presque tous les transfert de
gènes se traduisent par une production de protéines nouvelles. Or le
génie génétique introduit des protéines provenant de sources connues
comme étant allergéniques (arachide, fruits de mer, lait, noix) et de
plantes, de bactéries et de virus, c'est-à-dire de sources dont le
potentiel allergénique est inconnu ou peu fréquent.
Plus grave, il n'y a pas de méthode sûre pour déterminer l'allergénicité
d'une protéine à part faire les tests avec le sérum d'individus connus
comme y étant allergiques. L'affaire du soja transgénique contenant un
gène de la noix du Brésil met en évidence la difficulté de cette
détermination. Tant qu'on a pas identifié des individus allergiques,
c'est-à-dire tant qu'un accident ne s'est pas produit, on n'a pas de
sérum, et on ne peut pas faire de test. Quant aux tests sur les animaux,
ils avaient montré que la protéine de la noix du Brésil (une protéine de
stockage) n'était pas un allergène (Nordlee et al., 1996). Si l'on s'y
était fié pour commercialiser ce soja, les résultats auraient pu être
désastreux.
En dépit de ce qui précède, la plupart des entreprises de
biotechnologies utilisent des gènes de micro-organismes plutôt que de
plantes alimentaires. Elles modifient ces gènes naturels et parfois même
les re-construisent artificiellement - ce qui modifie les protéines
naturelles ou en introduit de nouvelles, bien que le potentiel
allergénique de ces protéines ne soit pas prévisible et ne puisse faire
l'objet de tests. Pour Nestle, "Le prochain cas pourrait être moins
idéal et le public moins heureux. Il est de l'intérêt de chacun de
mettre au point des politiques règlementant les aliments transgéniques
et comprenant une notification avant leur commercialisation et leur
étiquetage" (Nestle, 1996:727).
Michael Hansen,
Directeur Scientifique, Consumer Policy Institute, New-York
Traduit par Jean-Pierre Berlan(,
Directeur de Recherches INRA/CTESI Montpellier
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