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gortogg |
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Bon, j'ai lu entièrement ce thread...
Je sais pas quoi dire.
Pour moi, le principal problème actuellement est la direction que nous prenons.
A cause de certains "décideurs", soutenus par leurs électeurs, on se trouve aujourd'hui dans une situation peu enviable que je vois comme une "croisée des chemins".
Aujourd'hui, on a deux côtés d'un même problème que vous avez appelé "la spirale de la paupérisation" (de la mort qui tue)
D'un côté, des personnes en galère parce qu'elles n'ont plus, ni espoir, ni volonté de s'en sortir. Pourquoi? j'y reviendrais tout à l'heure. D'un autre il y a des personnes qui ont été en galère et qui s'en sont sorties, qui elles, revendiquent le mérite de s'en être sorti, combien de fois entend-on les "moi, je sors de banlieue, mais maintenant ça va".
Il y a enfin le milieu, le groupe de ceux qui étaient hors de cette spirale et qui n'y sont pas/pas encore/jamais entrés. Parmi ceux là on compte les "Aideurs en série" pour qui tout vient du système, et ne se résoudra qu'avec un changement de système, et puis les "Fiers en série" pour qui l'intégralité des problèmes est issue des personnes et de leur manque de volonté/courage, et que le système est déjà bien trop généreux avec eux.
Malhereusement, je ne crois pas que tout puisse se réduire de la sorte. Je pense sincèrement que réduire ce problème ainsi peut être nuisible.
Je m'explique.
Toutes (bon pas toutes mais une grande partie) les personnes qui ont réussi à s'en sortir se glorifient de ne l'avoir fait qu'à la force de leur poignet (meuh non on est pas en section XXX), et affirment n'avoir eu besoin de personne. C'est réducteur.
Pas plus que de penser que malgré tout, rien n'y fera si le geste ne vient pas de l'état.
Je me souviens avoir entendu mon grand père et mon père parler quand j'étais enfant, ces deux personnes avaient peur d'échouer, certes, voulaient réussir, c'est certain aussi, mais surtout espéraient. Ils espéraient résolument qu'un jour à défaut de pouvoir changer le monde, ils changeraient eux, pour offrir ce qu'il y avait de mieux d'eux mêmes et ce afin de s'assurer qu'ils ne défailliraient pas. Ces deux personnes ont passé leur vie à servir la cité, l'état... pour le bien d'eux mêmes et des autres parce qu'ils pensaient, par ce qu'ils rêvaient de pouvoir changer l'état des choses. Mais avant tout, ils croyaient que pour y arriver, il leur fallait aller à l'école. (ils ont quand même plein de mauvais côtés hein faut pas déconner).
Cela n'est plus possible aujourd'hui.
Aujourd'hui, ce que tu entends, ce sont des personnes, des individus, mais en aucun cas des rêves. Ce qui arrivent, c'est grâce à eux, ce qui cherchent, ils trouveront pas.
Attention, ce n'est pas mon opinion, mais plutôt un constat personnel de ce que j'entends de "l'opinion des masses".
Enfin bon, demandez à des jeunes, à des pauvres... ce en quoi ils croient? ce que c'est qu'un homme qui a réussi sa vie pour eux? C'est invariablement un gars qui est "blindé de thunes" et reconnu. Les raisons importent peu après tout, et quand tu demandes comment cet argent et cet reconnaissance ont étés obtenus, c'est par le sport, la musique...
Pourquoi uniquement ces quelques moyens pour atteindre ces buts? La seule raison que je vois, c'est que ce sont des "industries" (au sens littéral) où le talent, le travail comptent, mais où ce talent est "repérable", on viendra te chercher pour lui, tu n'as pas à te battre pour l'avoir, mais si tu travailles beaucoup et que t'es un peu doué à force tu t'en sortira.
Cette attitude, mon père et mon grand père l'avez envers l'école aussi, qu'est-ce qui a changé?
Là je vais exprimer mon opinion, expliquer ce qui, à mon avis, a changé.
Tout d'abord, en mai 68, la majorité des pouvoirs publics, des établissements scolaires et des diverses branches de la société ont étées le but, l'objet de la colère, ils représentaient une autorité (peut être un symbole parental rejetté pendant cette adolescence populaire), quoi qu'il en soit, l'idée initiale, prônée par Jaurès de l'école a changé. Elle s'est muée en vecteur, plutôt qu'en moyen (c'est à dire que l'on va à l'école pour apprendre ce dont on a besoin pour devenir ce que l'on veut, et plus pour y apprendre ce que l'on veut devenir), ce changement c'est d'ailleurs manifesté par de nombreux slogans (proche de la réclame la plus stupide des années quarante) comme par exemple "Soyons réalistes, demandons l'impossible". Que faire face à des gens qui croient dur comme fer qu'ils ont les capacités/moyens de tout devenir, et que la seule chose qui les en empêche finalement est l'autorité.
A partir de là, l'école a cessé d'avoir un attrait quelconque pour les "gens", en soi, les matières qu'on y enseigne ne servent à rien, elle n'ont aucune utilité pour le travail que l'on va faire par la suite (hop les maths, l'histoire, la géo, la philo, le latin, le français zou à la poubelle). L'école n'est plus quelque chose qui t'aide à atteindre tes rêves mais qui t'empêche d'y accéder.
Evidemment, l'attrait même des métiers d'enseignement a décru, et cela va de paire avec des baisses de salaires... Comment faire comprendre que l'école et le savoir qu'elle distile sont primordiaux, que, avec tout le courage, avec toute la volonté du monde, on ne s'en sort pas sans (à quelques exceptions près). Le droit d'aller dans les écoles, voila ce qui motivait les militants noirs de Luther King, le droit d'apprendre et de savoir, c'est aussi ce qui motivait les russes lors de la chutte du communisme (avec se nourrir aussi mais bon). Aujourd'hui l'état a bien compris les attentes de la population, supprimer définitivement ce maillon surnuméraire et accessoire qu'est l'école, puisque l'on est de toute manière formé en arrivant en entreprise.
Pourquoi croyez vous qu'il y ait tant de candidats à la "Star Ac' " ou à "Popstars", parce que la promesse d'incarner un jour son rêve est la meilleure chose à offrir à l'homme.
Une bonne réforme bien démago qui sent bien, un tirage au sort annuel des postes à fournir, les gens manifesteraient pour! Et ce serait pourtant une grave erreur.
Pour moi (et pour finir ce trop long post un peu sentimentaleux), le seul moyen réussir à redonner espoir aux victimes de la paupérisation qui n'ont plus de volonté, est de leur donner un espoir, espoir que l'école incarna un jour, et qu'il est grand temps qu'elle incarne à nouveau. Quitte pour cela à faire respecter ses membres par la seule chose qui compte aujourd'hui aux yeux des pauvres gens: l'argent et la reconnaissance, qui aujourd'hui est fier que son professeur ait la légion d'honneur ou les palmes académiques? qui aujourd'hui est fier d'avoir un professeur agrégé. Ces hommes et ces femmes qui eux aussi donnent leur vie pour améliorer celle des autres. Il est grand temps que je balancerait les récompenses nationales à 20h30 le vendredi soir (au lieu de Thalassa sur France3) et que je filerais un salaire conséquent à ceux qui, seuls, peuvent redonner un espoir solide au peuple.
Donc mes solutions: médiatiser les professeurs méritants, augmenter leur salaire, faire comprendre à grands coups d'écrans de pub que si tu as un rêve, c'est l'école qui te l'apportera, et certainement pas toi seul. Qu'en plus, filer des sous à des gens qui branent rien est profondemment injuste, et que donc, en échange d'une aide sociale, on pourrait avoir des semi-fonctionnaires (3 jours par semaine par exemple et un travail qui correspond à leur formation). Avec ça, il ne devrait même pas y avoir besoin de flic à l'école.
PS: A tous ceux qui penseraient que le budget de la recherche est trop important, je tiens à préciser que, compte tenu des coûts de production en France, si on continue à laisser nos cerveaux partir, il ne restera bientôt que le tourisme et les hospices (et leurs potes les hopitaux) dans notre beau pays.
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"Si tu peux te quoter toi même, t'es trop fort" Gortogg
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