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Forum OXMO Forum OXMO > Section Loisirs > Littérature > [JEU] Prix littéraire Oxmo 2005: postez ici vos textes !


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 Major Tom  Rechercher tous les messages de ce membre Cliquez ici pour envoyer un message privé à cet utilisateur
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Je ne peux pas te le reprocher, disons toutefois que cela aurait peut être incité a plus de commentaires de la part des autres lecteurs une fois la pompe amorcée.

Mais moi non plus je ne detiens pas la vérite absolue


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Dépasser les limites c'est bien !
Mais de là à dépasser les bornes... !
Il y a des limites !!!


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Old Post 04-12-2004 03:13
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 Servef  Rechercher tous les messages de ce membre Cliquez ici pour envoyer un message privé à cet utilisateur
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Je vais discuter avec le jury de la possibilité d'une planche de commentaires sur chaque oeuvre avec l'avis de chaque membre.


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Old Post 04-12-2004 05:31
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On organise un apéro et vous verrez bien le nombre de personnes
et commentaires qui vont venir par ici

@+


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La nuit est la preuve que le jour ne suffit pas ...


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Old Post 04-12-2004 10:27
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Mister Oxmo 2003

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MajorTom, c'est un peu normal qu'on ne soit pas trop critiques les uns envers les autres, on sait que c'est pas si évident que ça à écrire (sans être trop compliqué non plus, la correction prend presque plus de temps que l'écriture), donc on pose des commentaires mesurés. J'ai lu toutes les histoires qui ont été postées et je n'ai fait qu'un seul commentaire, pas trop mielleux.

Voyons voir lorsqu'il s'agira de donner une voix à tel ou tel texte si les voteurs motiveront leur choix en y apposant un petit commentaire autre qu'un smiley ou une phrase bien sentie ou non. Dans ce cas si, comme dans bien d'autres domaines, la volonté y est, mais quand il s'agit de passer aux actes, c'est une autre paire de manches.

Pour le reste, je comprends très bien gortogg, mais bon, des débats sur les qualités d'untel ou d'un autre aurait été intéressat à lire (ça viendra peut-être après la fin).


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Old Post 04-12-2004 11:19
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bon, histoire de prouver que Non , je ne me dégonfle pas, j'annonce l'arrivée de mon texte sur vos écrans dans la journée de mardi !!!

Il se trouve qu'un voyage dans un train corail est incroyablement motivantet et fournit moult idées....

donc le temps de retranscrire tout ça sur un ordi, et de corriger le tout.... mardi

et histoire que les membres du jury fassent preuve d'indulgence face à ma nouvelle, un petit calembour très caustique : ce n'est pas parce que je l'ai écrite dans un traine que le nouvelle sera une nouvelle de gare.....

Sur ce, je me propose généreusement de sortir, de partir très très loin et ne réapparaître qu'épisodiquement sans faire de bruit....


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Tout peut arriver dans la vie, et surtout rien.


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Old Post 04-12-2004 11:56
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Mister Oxmo 2003

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Voilà une ébauche...

D'un projet, pour faire patienter...pour faire lire...Ce n'est pas très bon, mais j'aime autant le mettre ici que le garder sur mon disque dur.


Citation:

« Le 26 juin, un peu avant midi, il m'est arrivé quelque chose que je n'oublierai plus: je suis mort.

Pas au sens littéral du terme, bien entendu, puisque je suis encore capable de vous écrire ces lignes, du moins pas encore. Mais cela ne saurait tarder car je viens d’avaler une décoction létale qui ne peut me mener qu’à cette échappatoire…c’est en effet le seul moyen à ma disposition pour me soustraire à la malédiction qui m’afflige, moi, ainsi que tout le reste de l’humanité.

Vous devriez vous méfiez de ce que vous êtes en train de lire. Je ne veux et ne peux pas endosser la responsabilité de ce qu’il adviendra de vous quand vous en aurez terminé. C’est pourquoi je vous en conjure : stoppez toutes affaires cessantes la lecture de ce témoignage, sous peine de connaître le même sort que moi. Le secret qui va vous être révélé ne devrait même pas figurer concrètement sur une page ; néanmoins, je me dois de laisser une trace de ce que j’ai découvert et vous allez être le témoin privilégié de cela, vous serez alors à même de mesurer tout l’étendue de mon malheur et de comprendre le pourquoi de mon acte.

Je n’ai que trop peu de temps avant que le poison ne fasse effet, et puisque vous avez décidé de poursuivre dans votre lecture, autant vous l’apprendre tout de suite : notre race est maudite depuis sa création. A chaque fois que nous pensons agir de notre propre initiative, à chaque seconde de notre vie, chaque décision que nous prenons, nous sommes guidés par des forces invisibles, nous sommes des marionnettes prédisposées à jouer le jeu de puissances qui défient toute imagination en terme de pouvoir et de génie. Bien entendu, vous devez me prendre pour un illuminé et peut-être cela vaut-il mieux après tout. Malheureusement, j’ai encore toute ma tête et même si je n’ai aucune preuve de ce que j’avance, je le fais en toute connaissance de cause et ces lignes ne sont qu’un bref aperçu de l’accablant constat auquel m’ont menées mes recherches.

Oubliez les mythes, les religions, oubliez la science, la philosophie. Oubliez tout l’enseignement que d’autres humains vous ont inculqué, videz votre esprit de tout ce que vous avez appris depuis que vous avez évolué d’une cellule en cet être de chair et d’os dont les yeux parcourent ces lignes. Vous étiez un jour un reptile baignant dans le liquide amniotique Redevenez cet organisme pur et sain, lavé de toute cette illusion d’intelligence dont vous pensez être le vecteur. Débarrassé de ces certitudes non innées, vous serez- peut-être à même d’entrevoir une infime partie de la malédiction qui pèse de tout son poids sur la race humaine et qui la conduit inexorablement à sa perte.

Il y a de cela des millions de millénaires, avant que toute vie telle que nous la concevons actuellement ne se développe sur terre, régnaient en maîtres absolus des entités sentientes dont l’étendue dépasse toute imagination. Ces êtres venus du fond des ages ne sont pas nés, ils ne portent pas de noms, et ne sont pas prisonniers des concepts qui régissent l’existence telle qu’on la conçoit. Les quelques fous qui, comme moi, ont essayé de glaner çà et là de maigres indices quant à leur nature ne sont jamais sortis de leurs voyages indemnes, loin s’en faut, la réalité brute est que ces essences sont ce qui se rapproche le plus de cette utopie que l’on nomme « Dieu ».



Alors que la planète était un bouillon infernal de gaz, qu’elle était bombardée de rayons cosmiques mortels qui interdisaient à toute vie de se développer, ces antédiluviens éternels régnaient sans partage sur l’univers tout entier. Ils ne connaissent ni le temps ni l’espace, leur forme physique est indescriptible, leur taille, leurs pouvoirs sont incommensurables, la seule chose que l’on puisse affirmer à leur sujet est qu’il représentent le mal absolu, pur, implacable et démententiellement sain. Réunissez en un lieu tous les savants que la terre ait porté depuis que l’homme s’est dressé sur ses pattes arrières et vous n’obtiendrez qu’une infime partie de leur génie. Ils ne sont pas intelligents, ils sont l’intelligence.

Comme le temps est un concept dont ils ne sont pas prisonniers, ils sont partout, ils ont été présents et le seront à jamais, même lorsque l’infini redeviendra fini. Ils se terrent dans chaque souffle de vie, dans chaque recoin de l’âme, ils sont tapis dans les tréfonds de notre inconscience et c’est de là qu’ils observent le monde et interagissent avec celui-ci. Ils mangent ce que nous mangeons, pensent ce que nous pensons, sont ce que nous sommes…ils nous manipulent à leur guise. Dans les 90% du cerveau sur lesquels nous n’avons pas prise sont dissimulés des secrets qui ne devraient pas être révélés, des savoirs que nous transmettons via notre A.D.N., de génération en génération et dont l’immense potentiel nous est à jamais interdit.

Avant de s’immiscer dans la nature humaine, ils ont bien entendu possédé d’autres espèces, mais notre prédisposition naturelle à l’autodestruction fait de nous des hôtes parfaits. Réfléchissez-y : l’homme adapte tout à sa mesure, au contraire de la grande majorité des autres espèces qui peuplent la planète. Depuis que l’homo sapiens est devenu sapiens, il n’a eu de cesse que de modeler les choses pour qu’elles lui deviennent favorables, sans penser aux conséquences. C’est ainsi que, durant des millénaires, les anciens sont restés silencieux la plupart du temps, nous observant, intervenant à l’occasion pour nous « tester », testant nos pulsions, comme nous pouvons le faire avec des cobayes que nous considérons comme inférieurs à nous. Je n’ai pas le temps matériel de faire une liste exhaustive de ces actes, faites travailler vos 10% de cerveau : tout ce qui est communément considéré comme le « destin » ou « fléau » n’est autre qu’une interminable liste machiavélique de plans dont le but final a pour seul but leur retour triomphal et inévitable.

Ce que nous considérons comme « le progrès » n’a pour autre but que de précipiter notre course en avant vers notre chute à tous dans les profondeurs abyssales de l’anéantissement. Tous nos rêves, nous cauchemars, nos espoirs, nos craintes, nos peurs, nos joies, nos amours, notre créativité, tout ce qui fait de nous des hommes est ce qui nous mènera à notre perte. Notre fin est proche et l’accélération exponentielle de nos découvertes en matière scientifique me conforte dans ma conviction. Je ne saurais dire avec exactitude quand la fin viendra, ni si nous sommes les derniers maillons de la chaîne. Après tout, l’humain n’est probablement qu’une étape de plus dans leur voyage de retour, il existe à l’heure actuelle des milliers d’espèces qui sont autant d’hôtes potentiels.

Même dans la mort, que je sens proche à présent, cette barrière ultime que nous traversons dans pouvoir revenir en arrière, je ne serai peut-être pas à l’abri. Je m’illusionne probablement en croyant pouvoir ainsi leur échapper. Je le saurai bientôt, cela ne fait aucun doute, au moins pourrais-je me targuer d’avoir essayer de me soustraire à leur emprise. Ils m’ont conduit aux portes de la folie et si je persiste à mener cette existence dont chaque heure pèse une tonne, on m’enfermera sans doute, je rejoindrai la cohorte d’infirmes mentaux, prisonniers de leurs démons intérieurs, jusqu’à ma mot naturelle, et cela, je ne peux m’y résoudre. Combien d’entre-nous, trop sûrs, n’ont pas eu cette présence d’esprit à temps ? On les a vu, traités de tarés, de déments, d’hérétiques, de sorciers…alors que la seule chose qu’ils avaient faite était de lever un coin du voile qui nous obscurcit l’esprit.
Je ne peux plus rien espérer d’autre désormais que vous faisiez disparaître ce document, ainsi que tout ce que je n’aurai pas eu le temps de détruire avant ma mort inévitable. Je sens mon corps partir, mes sens s’amenuisent et j’ai bien peur de ne jamais pouv… »


En reposant la lettre sur la table, Dimitri ne sut quoi penser, en dehors de la folie manifeste de son oncle. Il avait reçu un télégramme (qui utilise encore des télégrammes à notre époque ?) de son parent lui enjoignant de se rendre au plus vite à son chevet, en Bavière. Il resta debout, immobile quelques instants avant de regarder la pièce dans laquelle il se trouvait : elle contenait une chaise, une table et un lit. C’était d’ailleurs la seule pièce habitable de la demeure. Les seuls objets encore présents en dehors de quelques meubles étaient cette lettre et quelques ouvrages posés à même le sol, les écrits d’un certain H.P. Lovecraft...


mais la chose la plus étrange était qu’il n’y avait pas de corps dans la cabane...


C'est un premier jet, écrit en deux temps trois mouvements, donc voilà quoi, je garde un texte pour après la publication des résulats...


Putain plus de 1300 lectures...plutot visions...ça fout un peu le vertiggg, même si on est mauvais...et à voir le nombre de réponses, on sent mauvais.


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Edité par dez le 05-12-2004 à 05:58

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Old Post 04-12-2004 20:24
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Bon j'ai lu la plupart des textes à part celui de dez et Schoubi... Je les relirai tous une seconde fois avant de poster une critique un meu plus "motivée" mais je peux deja vous dire que mes préférences vont, jusqu'à présent, à Major Tom et newazimuth...

Mais cela dit c'est difficile de faire une critique, parce qu'il y a des choses à reprocher, mais en même temps j'admire la démarche (pour l'avoir essayée et abandonnée) !

Enfin, je sais pas... les auteurs souhaitent-ils qu'on soit sans pitié ? Sachant qu'après tout, plus tard, lorsque votre oeuvre sera connue et reconnue, vous aurez appris à ne plus vous soucier de la critique, ni même la lire !


@refractaire : bel essai


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Old Post 05-12-2004 00:46
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J'ai fini par trouver le temps et le courage de le terminer, mais je n'aurai ni l'un ni l'autre pour un second jet donc je jette ça tel quel dans la fosse aux lions...

Il ne faut pas vous affoler, c'est l'époque de ma déprime annuelle...

Citation:
Le 26 juin, un peu avant midi, il m'est arrivé quelque chose que je n'oublierai plus : je suis mort.

Enfin c'est ce qu'il paraît, à en croire le certificat de décès. Je ne connais pas les circonstances exactes mais j'espère que la chose n'a pas duré trop longtemps. Peut-être ai-je succombé à une maladie foudroyante, mais j'en doute. Pas assez de signes avant-coureurs. Ou alors un crime, terrible, une malheureuse coïncidence qui me fit croiser le chemin d'un scélérat et périr de sa main, comme s'il avait senti autour de moi les corbeaux qui tournaient depuis un moment déjà.
Mais le plus probable, malgré tout, c'est que je sois allé moi-même taper sur l'épaule de la faucheuse. "Tu vas avoir beaucoup de travail dans peu de temps, prends donc un peu d'avance."

Mais je m'égare. Laissez-moi vous raconter mon histoire depuis le début. Enfin depuis un des débuts possibles à cette histoire qui n'est pas seulement la mienne.

Comme bien souvent dans ce genre d'histoire, tout a commencé avec un savant fou et son apprenti. Hugo était le savant, mon maître, et j'étais son apprenti. Il est impossible de décrire Hugo en quelques mots comme je suis contraint de le faire ici, mais je vais tout de même essayer. Imaginez un homme d'une cinquantaine d'années à la forte carrure, dont le seul signe d'âge serait des tempes légèrement grisonnantes. Il était une vraie force de la Nature et l'on eut dit en le regardant qu'il pouvait coucher un cheval en le saisissant par les naseaux. Mais, comme souvent dans ces cas-là, Hugo était également d'une douceur incroyable, tant avec les substances étranges qu'il manipulait qu'avec les gens ou les animaux.

Mais ce qui fascinait le plus toute personne qui le rencontrait pour la première fois, c'était sa voix. Elle était chaude et douce, coulait comme le miel. C'était un délice de rester assis à l'écouter parler d'un sujet qui le passionnait, simplement en se laissant bercer par ses paroles. Même lorsque l'on fermait les yeux, on sentait encore son sourire bienveillant posé sur vous.
Mais il était surtout un des plus grands savants de notre temps. Un alchimiste dont la renommée dépassait les frontières et atteignait même, à en croire un voyageur égaré, le lointain et mystérieux pays de Chine.

Il mélangeait d'étranges substances, lisait des manuscrits abscons écrits dans des langues depuis longtemps oubliés mais qu'à force d'acharnement il parvenait à déchiffrer. Il étudiait le mouvement des astres et les moeurs de tous les êtres vivants. Il se préoccupait également du mouvement des corps sur les surfaces, de la propagation des rayons lumineux à travers des verres de différentes formes et utilisait d'impressionnantes formules mathématiques.

C'était un grand homme de science dont je n'étais que peu digne d'être l'apprenti. Je n'entendais guère à toutes ces matières complexes, quelle que fut ma volonté d'y parvenir. Mais Hugo était simplement trop bon pour me renvoyer et prendre un étudiant digne de son savoir. En vérité, il fut presque un second père pour moi, et je l'aimais comme tel.


Un soir de décembre, il me fit venir dans son laboratoire. Il avait acheté à un vendeur ambulant un vieux grimoire, quelques mois plus tôt, et avait passé la majeure partie de l'automne à l'étudier. J'ai rarement vu mon maître aussi enthousiaste que ce jour-là.

J'étais à peine entré dans la pièce qu'il s'écria :
-Théophile, je pense enfin avoir percé les arcanes du temps ! Il devrait être possible de nous y promener à notre guise. Rends toi compte, faire des bonds de plusieurs centaines d'années dans le futur, pour observer ce que l'humanité deviendra, ou au contraire revenir dans le passé et nous enrichir de la science des anciens.
Puis soudain, comme s'il venait de se rappeler de quelque chose de très important :
-Hâtons-nous, la conjonction est presque sur nous. Plus tard, tout serait perdu !

Je pensais aussitôt qu'à force de rester enfermé dans son laboratoire, mon maître avait perdu la raison. Avait-on jamais entendu chose plus absurde que celle-là ? Néanmoins, sa science était sans limites et si un seul homme devait faire une découverte de cette ampleur, il ne faisait nul doute que ce serait Hugo. Aussi, j'acquiesçai.
Après tout, il se rendrait sans doute vite compte de son erreur lorsque ses expériences échoueraient, ce qui ne manquerait pas d'arriver, me disais-je alors.

Sans perdre une seconde, il m'envoya chercher divers ingrédients que nous avions précieusement amassés au long des années, tantôt acheté à un marchand de passage, tantôt échangé contre quelque grimoire à un éminent collègue, ou bien encore reçu comme paiement pour une guérison miraculeuse ou une prédiction avisée.

Sans la moindre hésitation, mon maître se saisit de toutes ces précieuses choses et les déposa délicatement dans le fond d'un grand alambic. On lisait la folie dans ses yeux et si je ne l'avais bien connu, je crois que j'aurais pris peur.

Mais bientôt, la machine se mit à produire un étrange liquide doré. Dès qu'il en eut un plein flacon, mon maître courut dans le jardin, en chemise de nuit. Le vent était glacial et il avait les pieds nus mais ne semblait pas le moins du monde incomodé. Il traça une figure étrange sur la neige puis se plaça au centre et me fit signe de venir l'y rejoindre. J'hésitai un peu car cela me rappelait par trop la cérémonie des adorateurs de Satan que j'avais vu une fois. Néanmoins, mon amour pour mon maître fut plus fort que mes appréhensions et je vins le rejoindre. Il leva alors les bras vers le ciel et découvrit le contenu du flacon qu'il tint bien haut. Puis il se mit à psalmodier en araméen ou dans une quelque autre langue éteinte.
Ce fut comme si le Ciel lui-même avait décidé d'accorder sa bénédiction à notre projet. Les nuages, jusque là formant une épaisse couche au dessus de nos têtes, s'entrouvrirent pour laisser passer un rayon de lune qui vint frapper directement la fiole.
Cela ne fut qu'un instant, tout au plus un battement de coeur, mais sembla durer toujours, comme si nous étions prisonniers à jamais de cette seconde. J'ai l'impression d'avoir vu à ce moment-là défiler l'éternité entière sous mes yeux. Je sentais autour de moi les hommes naître, vivre et mourir, silencieusement, les âges passer. J'étais une étoile et j'étais aussi bien plus que cela. Je me sentais plus puissant qu'un dieu, plus misérable qu'une larve, plus grand qu'une montagne mais plus petit qu'un des atomes d'Epicure. J'étais tout cela à la fois, dieu et homme, vivant et mort. Pendant un bref instant, j'ai été l'univers.

Puis le charme a été rompu et cet instant s'est arrêté. Le temps a repris sa course et je suis redevenu Théophile, assistant du maître alchimiste Hugo de Dinechin. Je me suis tourné vers lui et j'ai vu dans ses yeux qu'il venait de vivre la même chose que moi.

Sans prononcer un mot, il a porté le flacon à ses lèvres et en a bu une gorgée, puis me l'a tendu. Le liquide doré était chaud et doucement amer, presque sucré. A mesure qu'il descendait en moi, je le sentais répandre une immense vague de bien-être. J'ai repassé le flacon à mon maître puis je me suis allongé dans la neige et je me suis endormi comme un nourisson repus.




La suite de ce récit sera plus courte, car il n'y a pas grand chose à en dire. Nous nous sommes réveillés dans les ruines poussiéreuses d'une ville qui avait manifestement subi les affres de la guerre. Mon maître m'annonça que nous étions dans le futur, plusieurs siècles après notre époque. Nous avions devant nous une nouvelle preuve de l'incroyable propension de l'homme à se détruire lui-même.

Nous avons exploré ce monde que nous ne reconnaissions pas pendant plusieurs mois, chassant pour nous sustenter les rares animaux encore vivants, bien qu'ils soient souvent maladifs ou difformes. De partout ce même paysage uniforme de désolation, de poussière et de mort.

Nous ne renonçions pas à trouver des rescapés mais peu à peu perdions tout espoir. De toute évidence, l'espèce humaine s'était sacrifiée sur l'autel aveugle de sa propre bêtise.

Mon maître maigrissait à vue d'oeil et dépérissait. Lorsqu'il tomba définitivement malade et que je commençai à craindre pour sa vie, je me décidai à retourner à notre époque, afin de le soigner convenablement. Malheureusement, il ne restait plus beaucoup du liquide doré et la quantité que je parvins à en extraire ne put que nous ramener quelques années dans le passé, soit juste avant la catastrophe qui s'était chargée d'éradiquer l'homme de la surface de cette Terre.

Je pus faire entrer mon maître dans un hôpital mais malgré leur apparente science, les médecins ne purent rien pour lui. Ils évoquaient des mots complexes, parlant de radiations et de surexposition, mais la vérité était qu'il avait simplement perdu toute envie de vivre depuis qu'il avait vu quel futur nous attendait.

Ne pouvant supporter cette torture qu'était la lente agonie de cet être exceptionnel, que j'aimais et admirais par dessus tout, j'eus un moment de faiblesse et utilisai le fond du flacon pour faire un bond en avant de quelques semaines. Je trouvai la chambre de mon maître occupée par un autre malade mais me devais d'en avoir le coeur net. Je profitais d'une absence de l'infirmière pour lui subtiliser ses dossiers. J'y trouvais deux certificats de décès datés du 26 juin, dont un à mon nom.

Je n'éprouvai ni peur ni désespoir à cette vue, mais simplement un grand soulagement de n'avoir pas à continuer seul, étranger en terre étrangère, sachant quel était le sombre destin qui nous attendait tous. Aussi c'est presque avec joie que je bus les toutes dernières gouttes du liquide doré pour revenir au côté de mon maître.

Avant de partir, je voulais néanmoins raconter mon histoire et sa triste fin, même si je sais que bientôt plus personne ne pourrait la lire et qu'elle n'a que bien peu de chances de changer ce sort funeste.


D'ailleurs, il va falloir que je vous laisse. Il est bientôt midi.


Faites-vous plaisir, messieurs les critiques (d'ailleurs, je n'ai encore lu les textes de personne, va falloir que je m'y mette...)


PS : merci pour la semaine de rab, je n'aurai vraiment pas pu avant


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Allez jeter un œil à mon portfolio !


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@ Dez, merci de me donner envie de replonger dans mes lectures lovecraftiennes de mes tendres années ! J'aime beaucoup la chute sur l'absence de corps. Evidemment il y a quelques passages à corriger pour gagner en fluidité en création d'atmosphère. Et puis biologiquement il est plus juste de parler d'espèce humaine que de race humaine, mais ceci est un détail.

@Zakath je me suis vraiment pris à ton histoire (sauf la dernière phrase qui, je trouve, tombe comme un cheveu sur la soupe). Un récit d'anticipation commencant à l'époque des alchimistes c'est une idée très riche et bien menée.


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Mister Oxmo 2003

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le contenu n'est pas mal, ça m'a directement fait penser au voyageur imprudent de Barjavel. Je trouve que tu décris trop le savant, aux dépends de la suite du récit, qui aurait pu être plus développée. On aimerait savoir ce qu'il arrive à Téophile (mort oui, mais de quoi? radiations ?). Il y a des fautes de temps (présent-imparfait-passé simple), mais j'en fait aussi. Difficile de caser un thème pareil en si peu de place...il peut se passer tellement de choses...C'est "marrant", il y a quelques points communs avec ce que j'ai écrit, on doit se ressembler quelque part (on a des accointances pour certaines choses en tout cas).


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Bon, mes avis sur quelques unes de vos nouvelles (qui valent ce qu'ils valent, c'est-à-dire pas grand chose)

- rievilo : j'ai bien aimé le côté complètement délirant, mais je me suis perdu à l'intérieur...
- newazimuth : très bon, j'ai beaucoup aimé la SF mais ce qui m'a un peu gêné, c'est que tu as pris l'histoire du monsieur comme prétexte pour raconter ce qui était arrivé à l'Humanité et comment la société avait évolué, mais que tu n'en parles pas assez (ou trop, c'est selon). Je pense que tu gagnerais à étendre les péripéties du monsieur ou en les supprimant complètement et en passant entièrement au style Livre d'histoire.
- dez : délicate affaire que de parler de ta nouvelle. Sache juste qu'elle a réussi ce qui devrait être le but de toute oeuvre écrite : faire oublier qu'on est en train de lire. Je n'ai donc pas grand chose à dire sur le style, sinon qu'il n'y a pas de grosses erreurs ou de transitions trop brusques qui viendraient casser le récit. Quant au contenu, ce qui m'a surtout frappé, c'est combien un bref instant de rien du tout, qui dépendait de milliers d'autres petits évenements apparemment indépendants et qui avait une chance quasi-nulle d'entrer en conjonction avait pu engendrer de telles conséquences et changer à ce point ta vie.


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Allez jeter un œil à mon portfolio !


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bon, à mon tour..... dommage que je n'ai pas les deux mois supplémentaires pour que ma productivité de stakhanoviste peaufine certains aspects....

Citation:
Le 26 juin, un peu avant midi, il m'est arrivé quelque chose que je n'oublierai plus : je suis mort.
Les images de cet instant, les sensations éprouvées à ce moment-là, resteront gravées à jamais dans ma mémoire.

Non pas que la scène était particulièrement belle : le sourire béat, presque serein, découvert par ma femme Catherine, et qui a persisté jusqu’à l’arrivée des autorités compétentes, avait de quoi choqué mes amis les plus intimes, puisque cela faisait bien longtemps, en tout cas assez pour que je ne m’en souvienne, que je ne souriais plus. D’ailleurs, en y réfléchissant, je crois avoir accentué mon sourire à la vue de la panique et du malheur de ma « tendre » épouse. Je peux aujourd’hui affirmé qu’elle m’a tué au travail, tout cela pour assouvir ses besoins vitaux, shopping, beauté, voire amants…
De plus, ma pose était assez commune : je me tenais assis, certes un peu raide, encastré dans mon fauteuil favori, seul survivant de la dictature du temps et de mon couple. Par ailleurs, la tête penchée sur le côté n’avait rien de glamour, ni de morbide, mais témoignait d’une souplesse que nul n’avait envisagée auparavant : cette désarticulation participait activement au succès de ma mort.
Et que dire des volutes de poussière qui flottaient dans les filets de lumière terne que laissaient échapper les volets décatis de cette grande baraque, erraient en suspension, se surchargeaient des lourds relents du cadavre que j’étais alors, et, après réflexion, que je n’avais jamais cessé d’être.

Je tiens à signifier mon attachement à ce moment particulier de ma vie. Il me tient à cœur pour plusieurs raisons. La détresse soudaine de Catherine y est pour beaucoup. Je ne peux m’empêcher de revisionner son effroi, son visage blême. Et oui, Catherine, notre amour était en viager, le débirentier et le décédé ne faisant malheureusement qu’un !
Je peux passer pour un être cruel, ingrat, mais à l’aube de ma mort, je décide d’être lucide. Je revois ma vie et mes accomplissements sous un nouvel angle : une vie heureuse sans accroc, traversée sans encombre, sans épaisseur diront certains en raison de l’absence d’expériences, je traversais donc la vie sans obstacle, celle-ci ne m’ayant jamais remarqué. Puis une rencontre, un soir d’hiver, Catherine, qui fit basculer ma vie. L’amour me transforma en fantôme asservi, sans aucun avenir. Le constat est sévère.
Mais il annonce la renaissance de ma liberté. Et de ma vengeance : je t’abandonne Catherine… toi et tes sombres remords, je l’espère ! Ah ! tu pleures ! Mais promène-toi dans les longs couloirs de notre gigantesque maison ! Perds-toi en ces murs, fondation des ruines de notre couple ! Sache que j’emporte avec moi un souvenir impérissable qui ne te profitera pas : ton corps décharné, gesticulant, hurlant à l’agonie, enveloppé dans ce linceul de lumière blafarde !
Oui, je suis donc cruel, avec cette personne que j’ai sans doute aimée, et j’accepte par avance tout châtiment, je prends le risque, du moment que ces images ne s’effacent pas.

Une autre raison majeure fut la totale surprise qui résulta de ma mort. Non pas que je ne l’avais pas vue venir, au contraire, j’avais bien bu ce poison volontairement, en toute connaissance de cause, je m’étais documenté très consciencieusement sur le sujet, je ne voulais laisser rien au hasard, je ne devais pas échouer. J’étais donc averti des spasmes et de convulsions que cela engendrait mais, après essai, si je devais à nouveau me suicider, je réfléchirais à un autre moyen, ou au moins à une autre mixture.
Ma mort m’attendait donc dans mon bureau… et une chose merveilleuse se produisit : alors qu’un dernier râle signifiait ma transformation définitive en pantin macabre, ELLE entra… quelle belle mise en scène, je n’aurais jamais osé espérer un tel final, une telle apothéose ! Je n’avais jamais envisagé auparavant sa participation à cet instant que je considérais encore il y a peu comme relevant de ma plus stricte intimité, mais dès son irruption, je compris une partie de la jouissance bénéfique que j’allais ressentir.

Il est très étrange que, calé bien confortablement au fond de mon cercueil, je pense encore et encore à ma mort, à mon voyeurisme sordide et à la satisfaction qui en découlait. Surtout que, même si je n’ai pas vu les jours passés, je suis persuadé qu’il s’est écoulé un temps relativement long entre ce moment qui m’est si cher, vous l’aurez compris, et maintenant. Mais après tout, j’ai toute la mort devant moi, je ne suis pas pressé.
Toutefois, il me tarde que toutes ces cérémonies cessent. J’éprouve de plus en plus de difficultés à contenir mon agacement face aux lamentations et au désarroi de mes proches. Non, je ne reviendrai pas ! Que faut-il faire pour que vous l’acceptiez ?! La mort fait partie de la vie, alors rentrez chez vous, travaillez, dépensez !!
Pour que vous évaluiez mon malaise face à de déluge de tristesse que semble avoir provoqué ma disparition, je vais me risquer à faire une petite comparaison, qui vaut ce qu’elle vaut, mais bon, après tout, je n’ai pas la tête à consacrer plus de temps sur ce point-là : la fierté, légitime et naturelle me semble-t-il, d’avoir le pouvoir de réunir dans ma vie autant de gens, de proches et de moins proches, venant de tous les horizons (certains visages ne m’évoquent d’ailleurs aucun souvenir), y compris celui de la belle famille, tous unis dans le même malheur, cette fierté cumulée à ma joie, éprouvée lors ma mort libératrice, n’atteint pas le ras-le-bol de toutes des parades et autres manifestations lacrymales et désespérées, de cette propension à me regretter, moi vivant. Est-ce que je regrette un seul instant d’avoir mis fin à mes jours ? Non, bien sûr. Ma dernière volonté serait que toutes ces personnes acceptent mon choix et me laissent, seul, à mes occupations.

Car s’il est étrange que je pense encore à ma mort, il est bien plus surprenant que celle-ci me fournisse le temps et les conditions pour réfléchir, méditer, seul, au calme. J’emploi ce terme, « surprenant » car, à vrai dire, je ne m’y attendais pas. J’ai déjà évoqué le soin méticuleux, le souci du détail lors la préparation de ma mort… je ne m’étais pas du tout préoccupé de ce qui se passait après. A ma décharge, mes conceptions étaient bêtement les mêmes que tout le monde : le départ du monde des vivants signifiait extinction des feux, du cœur, déconnexion totale, brutale et définitive des centres nerveux et vlan ! baisser du rideau et fin du spectacle. Et bien non. Pas pour l’instant, en tout cas. Pour l’instant, la mort me permet de réfléchir à loisir, de me plonger dans des songes métaphysiques, de rêver, je bénéficie d’une sorte de liberté intellectuelle, aucune frontière, aucun obstacle aucune contrainte, aucune influence ne se dressent face à moi.

Mais, en contrepartie, je suis seul. Je reste désespéramment seul. Une solitude qui n’est pas de même nature qu’auparavant. J’erre dans un vide immense et étroit, rempli d’un silence lourd, les repères traditionnels n’ont plus lieu d’être. Il n’y a personne avec qui partager et confronter ces sensations, personne pour m’assurer que mon état est bien naturel. Est-ce là le sort réservé à tous les morts ? Est-ce un châtiment ? Je ne comprends pas pourquoi cette angoisse déchirante me gagne… pourquoi serait-ce un châtiment d’ailleurs ? Pour quelle raison serais-je puni ? Non, je n’ai strictement rien à me reprocher. Il n’y a pas l’ombre d’un péché dans mon existence fade, sans aspérités, je reste persuadé que la seule trace de mon passage sur Terre se limite à ce trou creusé pour ma dépouille. Mais alors pourquoi me sens-je si seul ? Je dois avouer que cette situation est au fur et à mesure des plus désagréables. Plus le temps passe, plus ce malaise gagne du terrain, plus mes idées s’obscurcissent. Comment, en aussi peu de temps (mais combien de temps d’ailleurs), ce trouble a-t-il pu succéder à la joie et cette étrange liberté ?

Il s’agit vraisemblablement d’une punition. Après tout, qui suis-je pour avoir décidé du lieu, du moment, de toutes les conditions de ma mort ? Je ne suis, je n’étais qu’un être humain tout ce qu’il y a de plus commun…. Une vengeance de Dieu ? Je n’y crois pas. Et si il existait ?… et puis quel comportement, quelle réaction égoïste ! Comment peut-on abandonner des gens, comment peut-on renier ce don pour des motifs obscurs et dérisoires ? Quelle injure en regard aux souffrances existantes, et bien plus tragiques que les miennes ! Ai-je donc été aveugle et lâche… Pourquoi ma vision du monde se trouve-t-elle transcendée en ces instants ? Je ne peux plus réagir !! Je ne peux que le reconnaître et le regretter…
Je dois le confesser alors : je n’ai jamais mené ma vie pleinement. Si elle s’est révélée aussi lisse, elle le doit à ma pathétique faiblesse, mon absence d’ambition, … je ne mérite aucune compassion… pour avoir refusé très rapidement à enrichir, à renouveler l’existence qui m’était offerte, pour avoir refusé les opportunités offertes, ses saveurs, ses risques, je suis sans doute condamné à lutter avec mon indigence, à cohabiter avec ces pensées exagérées, extrêmes mais qui m’agressent et me condamnent.
Et puis je dois l’admettre : j’ai aimé, elle m’a aimé…Je m’en souviens… Je pourrais encore tomber amoureux… son assurance, son dynamisme, sa joie de vivre, sa volonté d’aller de l’avant m’avait séduit…je n’étais rien pourtant…

Non ! Comment se fait-il que tout cela ressurgisse brutalement, comment le passé paré d’atours aussi excessivement doux et durs peut-il s’immiscer dans ce repos qui devrait être éternel ! Je vous en prie ! Je vois bien que la lucidité me quitte, mais je désire comprendre les raisons de cette confrontation avec des souvenirs, avec un passé témoin des frustrations de ma vie ?! Ces flots d’images, de paroles, de situations se déverseraient-ils dans mon esprit seulement pour noyer à jamais mes pensées violentes et ingrates lors de ma mort ? Ont-ils une fonction salvatrice ? Je ne sais pas… tout comme je ne me suis rendu compte de rien… Pardon d’avoir été ce que je suis, pardon de ne pas avoir vécu, pardon d’être maintenant mort…

Le 26 juin, un peu avant midi, il m’est arrivé quelque chose que je n’oublierai pas. Ou plutôt que je n’oublierai plus. Pour avoir refusé l’humanité, je suis mort.


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Bon ca va !! ça valait le coup d'attendre

Non sans blagues j'aime bien ton texte pavix


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Il y a des limites !!!


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Citation:

Pour avoir refusé l’humanité, je suis mort.


Ca me rappelle un sujet de philo: peut-on ne pas être humain ???

J'aurai peut-être plus devellopé la première partie, sur le vide de la vie de couple, les amants étrangers l'un à l'autre !

Comment ne pas être étranger à son conjoint une vie durant...

Ceci dit, j'ai beaucoup apprécié !


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Old Post 08-12-2004 07:04
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on attend big cheesius maintenant.... je ne suis pas le dernier !!!


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