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Nico, je n'ai pas exactement dit que le Catholicisme, l'Islam et le Judaïsme étaient des sectes, même si toutes trois en ont embrassé les mécanismes, pour ne pas dire qu'elles en ont été les promotrices.
Depuis quelques temps, on assiste à un retour du débat sur la laïcité, en France. Ce qui me suprend, car le principe de laicïté francaise, unique et imitée de par le monde, ainsi que la loi qui l'accompagne (Loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Eglises et de l'Etat) est tout bonnement un idéal pour chacun, et son fondement repose sur le fait que l'Etat n'exerce aucun pouvoir religieux et les églises aucun pouvoir politique.
Pourquoi la laïcité est-elle un idéal ? Car elle distingue et sépare les "domaine public, où s'exerce la citoyenneté, et privé, où s'exercent les libertés individuelles (de pensée, de conscience, de conviction) et où coexistent les différences."
La laïcité de l'Etat n'est donc pas une conviction parmi d'autres, mais la condition première de la coexistence de toutes les convictions dans l'espace public.
C'est pourquoi je pense que la laïcité est un idéal, atteint. Dès lors, il n'existe aucune raison valable, autrement fondée que sur le prosélytisme, le lobbying, l'immersion des églises dans les affaires publiques, pour remettre en cause cet idéal et la loi qui la sous-tend, dès lors que le législateur a oeuvré pour le respect des croyances et des opinions de chacun de ses citoyens, tant que ceux-ci restent "soumis" aux loi qu'ils se sont données.
On assiste depuis un peu plus d'une année à un débat sur la laïcité, et beaucoup, de manière soudaine, qu'on n'avait jamais entendu se prononcer sur le sujet, se font les défenseurs ou les réformateurs de cet idéal républicain, quand certains ne retournent tout simplement par leur veste.
Et on entend beaucoup de choses... Mais combien d'entre eux (et d'entre nous), avant d'affirmer leur grandes convictions soit pro-laïques, soit pro-réformatrices, se sont véritablement penché sur les tenants, les causes et les conséquences du débat qui secoue, on peut le dire, la société francaise ?
Combien d'entre eux, avant d'affirmer qu'il est temps d'ouvrir des écoles confessionnelles musulmanes ou au contraire qu'il est urgent de légiférer afin que cela ne se produise pas, ont-ils lû la Loi de 1905, combien ont lû ou relu pour la circonstance la Bible, le Coran, la Torah, l'Histoire des religions et celle des idéaux républicains, afin de detenir les clés et connaissances permettant de se prononcer sur le délicat sujet de la laïcité, de son rapport aux religions dominantes et enfin des causes structurelles, sociales et culturelles qui ont poussé à l'émergence des dogmes laïques et religieux ???
Combien ? Pas grand-monde.
Quand je confesse que je ne désire pas que la République se désintègre un peu plus si elle accepte l'ouverture d'écoles confessionnelles musulmanes, je le dis avec raison (ma raison), je dispose d'une argumentation qui repose sur la lecture et l'analyse de la Bible, du Coran, des lois francaises; qui repose encore sur la lecture de l'histoire religieuse en France, en particulier celle du 19e siècle, et des combats qui ont menés à l'instauration du principe de laïcité en France.
Ce n'est pas une mince affaire que de s'être tapé toutes ces lectures, pour la plupart terriblement ennuyeuses, mais c'était la condition sine qua non afin de detenir quelques clés et d'avoir une vision globale et la plus objective et exacte possible des divers courants d'inspiration qui ménent aujourd'hui à la remise en cause de principes fondateurs de la République.
Dès lors, je peux te dire que je ne considère pas comme une injustice qui sévirait à l'encontre des nos concitoyens "musulmans" ou d'origine "musulmane" (tu sais pourquoi je mets entre guillemets ) de ne pas autoriser l'ouverture d'écoles confessionnelles leur étant destinées.
Je considère que de légiférer sur l'interdiction du port de l' "hijab" (le foulard/voile "islamique") au sein des écoles publiques francaises ou sur la régulation et le contrôle de l'ouverture d'écoles confessionnelles musulmanes, est bien au contraire, une chance pour la plupart des jeunes francais-es "musulman-e-s, afin que ceux qui le souhaitent, en dehors de toute pression familiale, sociale et culturelle, puissent s'émanciper des carcans et devoirs religieux qui sont les piliers fondamentaux de tout musulman (d'un point de vue de droit islamique, la shari'ah, le "chemin").
En effet, je pense que le vrai racisme réside dans la conviction que tous les citoyens francais d'origine "musulmane" sont identiques, qu'ils croient tous en Allah, que leur prophète est Muhammad, que leur livre de chevet à tous est le Coran est que leur vie est conditionnée par la "Sunnah", la tradition prophétique. A ce propos, je vous conseille la lecture du site très intéressant et didactique des "Maghrébins laïques de France" http://www.maghrebins-laiques.fr.st
Le racisme consiste encore à penser que tous les citoyens francais d'origine "musulmane" désirent ardemment l'ouverture de telles écoles, et seront les premiers à faire le pied de grue pour y être scolarisés.
Il y a un racisme de comptoir ("Les bougnoules, c'est de la racaille !" etc..) et un racisme plus subtil, intellectuel ("Les musulmans font tous le ramadan et les cinq prières, car c'est un peuple fidèle aux paroles de son prophète, voyez-vous très cher. A propos, je reprendrais bien une petite louche de ces magnifiques oeufs d'esturgeon du Tadjikistan, merci...").
Le racisme n'est pas de considérer, comme c'est la mode aujourd'hui, que l'Islam, qui est la Religion et le Droit inspiré du Coran, est profondément tolérant. Ce qu'il n'est pas, bien au contraire. L'on peut même dire que la barbarie, l'ignominie et la bêtise du Coran le place sur la même marche du podium que la Bible, texte abscons et dégueulasse s'il en est.
Que quelques versets dans ces deux livres soient d'une certaine poésie (quoique) et nous invite à l'Amour, la Tolérance et la Solidarité, (les Sourates abrogeantes et les Sourates abrogées, un concept de Droit islamique) ne doit pas cacher que la majeure partie de ces deux livres est d'une ferocité et d'une bêtise telle qu'elles ont engendré les Guerres de Religion, les Conquêtes et qu'elles n'ont eu d'égal en terme de tueries et de barbarie que celui du génocide abominable de l'Allemagne Hitlérienne.
Bien entendu, avant de me dire "Mais qu'est-ce que tu dis là, et patati et patata !!!", je vous laisse le soin de vous documenter, d'ouvrir un Coran, une Bible ou même une Torah (qui est du même calibre pour le peu que j'en ai déjà lû), de lire quelques ouvrages sur les Guerres de Religion chrétiennes, les Conquêtes Arabes etc...
Je précise, l'air de rien, comme ça, car ça m'a valu tellement de "bagarres" et de réparties de la part de gens bien pensants certes, mais qui ne connaissent rien ni à la culture arabe, ni à l'histoire de la chretienté. Je veux bien qu'on me contredise et qu'on remette en cause mes propos (car je n'ai pas la science infuse et je suis loin d'avoir tout lû), mais je préfererais que cela provienne de personnes eclairées en ce domaine.
Pour finir sur le sujet, je citerais Hassan Abbasi "Mais je n'ai qu'un seul souhait à adresser, à toi et à ceux qui entendront parler de ce livre et qui, sans l'avoir lu ni vu, y porteraient des jugements : celui de le lire et de réfléchir."
Pour terminer, cher Nico, j'aimerais réagir à la définition de ce qu'est une secte, que tu nous propose. Je vais le faire en comparant l'Islam et le Catholicisme aux divers points que tu as présenté. Tu vas voir combien une secte et une grande religion séculière peuvent avoir de points en commun 
- un gourou, ou chef, auquel tous doivent obéissance
Euh, je ne vais pas rentrer dans le détail à ce sujet, mais tout chrétien croyant et pratiquant sa foi doit se soumettre à Dieu et au Messie, le Fils de Dieu, Jésus-Christ, comme tout "musulman" n'a pas le droit de remettre en question le message de Muhammad, qu'a choisi Allah comme Prophète pour tous les peuples de la Terre.
- des dons d'argent
Le chrétien, catholique ou protestant, doit l'aumône. C'est un devoir tacite, envers Dieu qui, Lui, a donné spontanément et totalement. L'aumône chrétienne implique aussi un "sacrifice".
"Je n'offrirai point à l'Eternel, mon Dieu, des holocaustes qui ne me coûtent rien" (II Samuel 24:24).
Le "musulman", lui aussi doit l'aumône (la Zakât), mais celle-ci est clairement obligatoire, et est d'ailleurs l'un des cinq piliers de l'Islam. L'on ne peut y déroger, à moins que l'on soit si pauvre que l'on n'aurait aucun moyen de donner.
Dans les deux cas, l'aumône est versée avant tout au clergé, même si la notion de clergé "musulman" diffère totalement de celle du clergé chrétien, et même si, dans une lecture "fondamentaliste" du Coran, l'on doit donner aux pauvres, ce qui n'est plus le cas, de nos jours. En tout cas, pas de manière directe.
- des promesses fausses, chimériques, utopistes, qui poussent les gens à donner de l'argent
Je ne vais pas m'étendre sur celui-ci, sauf pour dire que le but de la Zakât est de "... purifier l'âme du croyant de l'avarice, l'avidité, la convoitise et de cultiver en elle l'esprit de partage et de sacrifice", ce qui est en soi une parole pleine de bon sens et d'Amour, mais est une complète utopie, les hommes n'étant pas divins et restant ce qu'ils sont.
Le chrétien, lui, donne l'aumône à son clergé. Le clergé est l'institution suprême, le bras droit de Dieu sur Terre, et s'occupe de ses affaires courantes, si l'on peut dire. L'aumône est un "sacrifice" et son but n'est d'autre, au final, que la rédemption et le pardon de ses pêchés. En donnant, l'on devient aussi "chrétien", c'est-à-dire faisant partie du peuple du Christ. Le postulat sur lequel repose les églises chrétiennes est le retour du Christ Sauveur et Rédempteur.
C'est ce que j'apelle pour ma part une promesse pour le moins chimériste 
- le fait de ne pas pouvoir sortir de la secte car on est poursuivi par les autres membres.
Il existe à ce propos une grande différence de traitement et d'interprétation entre la parole coranique et celle biblique.
Les chrétiens peuvent changer de religion, même si evidemment, cela n'est pas conseillé. Je ne connais pas de verset de la Bible qui indique le contraire. De plus, Jésus lui-même, Paul et les autres apôtres ont changé de religion. Roussel a dit :
"Personne ne naît dans cette religion (la chrétienne), mais tout le monde peut y entrer. Quiconque n'y est pas doit changer de religion.".
Dans le Coran, par contre, il est écrit : "Celui qui se veut comme religion autre chose que l'Islam, cela ne lui sera jamais agréé et il sera dans l'autre monde parmi les perdants." (Sourate III, Verset 85).
Non seulement, il n'y a pas d'autre "religion" que l'Islam, mais il est formellement interdit, soit de se convertir, soit de renier ou sortir de l'Islam. Cela s'apelle l'apostasie (ridda).
"Qui d’entre vous apostasierait, qu’il périsse en tant que dénégateur !" (Sourate II, Verset 217),
ou encore d'une manière plus claire : "Celui qui change de religion, tuez-le !", cette phrase provenant d'un hadith narré par Ibn`Abbâs, se retrouvant dans la Sunnah de Muhammad, la Tradition du Prophète.
Je nuance quand même cet hadith et tiens à dire, car je ne suis pas une sorte d'extrémiste laïc, mais bien plutôt un ardent défenseur de la verité, qu'il est remis en cause par nombre de théologiens arabes. Non, de par sa nature, car l'Islam interdit formellement au croyant de changer de religion, mais dans son application. D'ailleurs, après quelques changements
effectués par dela les siècles dans le Coran, il s'avère qu'il suffit de se repentir pour ne pas subir la peine capitale.
Néammoins, l'apostat sera emprisonné jusqu'à ce qu'il redécouvre en son coeur la parole du Prophète, ou banni, ou encore battu.
Bref, mon cher Nico, les quatre points qui définissent selon toi une secte "moderne" servent aussi de fondements aux religions catholiques et musulmanes.
Bien sûr, ce constat découle de mes propres interprêtations. Je ne détiens pas la verité, mais j'ai fait mon bout de chemin. Nul doute qu'un curé ou un imam de quartier aura une toute autre vision des fondements et révélations de "sa" religion.
Sur ce, je vous salue, Marie, gnin gnin gnin 
PS : je suis vraiment d'avis que l'on devrait compiler les messages de ce post qui ont contribués à ce qu'on en arrive à un débat sur la laïcité et les religions, et qu'on crée un nouveau post, qu'on pourrait titrer : "Débat sur la laïcité en France et sur les religions."
Qu'en pensez-vous ? On fait comme ça ?
Edit : un point de trop dans l'adresse internet du MML. C'est corrigé.
Edité par castypique le 01-08-2003 à 04:11
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