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[CRITIQUE] Old boy (2004) - Corée du Sud - Park Chan-wook

Old boy
Date de sortie : 29 Septembre 2004
Film sud-coréen. Genre : Thriller
Durée : 1h 59min. Année de production : 2003
Avec Choi Min-shik, Yoo Ji-tae, Kang Hye-Jeong
Réalisé par Park Chan-wook
Interdit aux moins de 16 ans
Synopsis
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A la fin des années 80, Oh Dae-Soo, père de famille sans histoire, est enlevé un jour devant chez lui. Séquéstré pendant plusieurs années dans une cellule privée, son seul lien avec l'extérieur est une télévision. Par le biais de cette télévision, il apprend le meutre de sa femme, meurtre dont il est le principal suspect. Au désespoir d'être séquestré sans raison apparente succède alors chez le héros une rage intérieure vengeresse qui lui permet de survivre. Il est relâché 15 ans plus tard, toujours sans explication. Oh Dae-Soo est alors contacté par celui qui semble être le responsable de ses malheurs, qui lui propose de découvrir qui l'a enlevé et pourquoi. Le cauchemar continue pour le héros.
Anecdotes
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Grand Prix à Cannes
Présenté en 2004 au Festival de Cannes, Old boy y a décroché le Grand Prix, la plus prestigieuse récompense après la Palme d'or. Lors de la conférence de presse qui a suivi l'annonce des résultats, le Président du jury Quentin Tarantino confiait que le film avait failli obtenir la Palme d'or, mais que le jury lui avait finalement préféré, "à deux voix près", le documentaire Fahrenheit 9/11 de Michael Moore.
Un film violent ?
Quelques scènes d'Old boy sont particulièrement violentes, notamment celle où un personnage se fait couper la langue. Le réalisateur explique pourtant que "la caméra cadre les yeux (...) et ensuite les mains. C'est-à-dire qu'on ne voit jamais sa langue. Mais certains spectateurs paniquent avant de la voir, et se cachent derrière leurs mains, et ils croient qu'ils ont vu la langue en train d'être coupée ! C'est vraiment dingue." Il ajoute, à propos de la violence dans le cinéma coréen : "(...) en Corée, où la possession d'arme à feu est totalement interdite, il est quasiment impensable d'imaginer un meurtre commis avec un pistolet. A mon avis, c'est pour ça que les personnages dans les films coréens sont toujours face-à-face et utilisent des couteaux ou leurs poings quand ils se battent. Je ne sais pas si je peux utiliser cette expression, mais ce genre de violence ma paraît plus "humaine". Mais ça peut paraître plus violent aux yeux des occidentaux car elle est plus "directe".
Presse
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un panel de 2-3 critiques me semblant pertinentes...
MCinéma.com - Hugo de Saint Phalle
Soufflant, culotté, virtuose. On attendait énormément du nouveau long métrage du Coréen Park Chan-wook et on n'est pas déçu. (...) Visuellement, Old Boy est d'une force sombre et hypnotisante, avec ses plans superbement composés, son montage nerveux et ses décors parfois surréalistes. Le récit est calqué sur les mêmes exigences : une trame éclatée, des pièces d'un puzzle démoniaque que l'on assemble au bon vouloir du cinéaste.
Positif - Adrien Gombeaud
Lourde du talent d'un cinéaste qui sait désormais canaliser son délire, structurer sa folie, l'ombre du créateur s'étale plus forte encore sur Old Boy. Park Chan-wook joue sur tous les codes de genres cinématographiques : espionnage, comédie, horreur, polar... (...) Il ne s'agit pas uniquement de désamorcer une violence presque insupportable ; il s'agit de nous montrer que ce monde est construit, voulu, contrôlé.
Zurban - Waldo Lydecker
(...) un polar sanglant et sadique, brillamment réalisé, avec caméra tournoyante, intrigue à tiroirs inspirée d'un manga, montage virtuose et effets musicaux coups de poing (...) Du grand art ? Sans doute pas, mais un impressionnant savoir-faire dans tous les départements
Le Monde - Jean-François Rauger
(...) une oeuvre hybride et teigneuse mais finalement peu convaincante. La stylisation de la mise en scène, à la fois sophistiquée et pataude, cache mal le sentiment que tout obéit ici aux règles d'un mécanisme un peu froid. L'adhésion au film exige un goût pour une certaine forme de grotesque distancié qu'il est possible de ne pas partager. Enfin, la transgression d'un tabou qui clôt le film ne semble pas relever d'une véritable nécessité, sinon celle d'une simple astuce de scénario.
Critique
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Surtout ne pas se fier en allant voir ce film à la rumeur, ou du moins, aux avis assez négatifs, voire la polémique, qui avaient suivi la remise des prix à Cannes. Car Old boy est assurément un bon film. Un grand film, c'est selon...
Tout d'abord d'un point vue réalisation. Une photo incroyable, une mise en scène variée, inventive (ah ! cette scène de baston dans le couloir !! les 15 ans dans l'appartement...), un montage efficace. Je ne vois pas trop ce qu'il y a à redire à ce niveau-là, si ce n'est 2-3 effets de trop notamment vers la fin, et une scène (celle en haut de la tour) qui s'étire un peu trop à mon goût. Et une musique superbe.
Le scénario et l'histoire ? Le point de départ intrigue, et la cheminement vers la résolution est assez clair, "crédible", même si certaines partes du scénario sont légèrement baclées pour permettre de garder le rythme (sans doute) et pour faire ne pas encombrer encore plus l'histoire, une histoire assez riche et aux multiples facettes.
Car, il ne s'agit pas d'une seule histoire de vengeance, mais de deux vengeances, de deux manières d'assouvir celle-ci, du passé qui hante l'un et qui est, d'une certaine façon, la quête de l'autre. Une histoire où tout excés : déjà concernant les relations sentimentales (je ne veux pas en dire plus), puis concernant les états traversés par le "héros" : humiliation, fureur, souffrance physique, manipulation à outrance physique et mentale, amour,haine, etc... et au contraire, un contrôle excessif de l'autre personnage : il est presque une machine (l"autre est devenu une "bête"). Physiquement déjà, dans son allure, sa vie et sa façon de gérer le cas Dae-Soo.
Une histoire en tout cas assez ambitieuse, qui peut se lire à plusieurs niveaux.
Si Old Boy a suscité un début de polémique lors de sa présentation cannoise, c'était soi-disant en raison de sa superficialité (inexistante pour moi, et qui entre-temps a disparu des critiques, certaines personnes ayant retourné leur veste depuis mai, comme quoi....) et de sa violence.
Oui, ce film est violent : dans les faits : un homme est enfermé pendant 15 ans, perd toute dignité, et est confronté à un autre homme qui ne cherche qu'à l'humilier encore plus. Par ailleurs, il existe 2-3 passages qui, une fois cumulé, dépasse à peine les 40 secondes de films semblent insoutenables (personellement, j'ai détourné légèrementles yeux). plusieurs choses sont à noter : d'une part, en référence à l'anecdote ci-dessus, cette violence "asiatique" nous parait plus réelle (il est terrible de constater après coup que les morts par camion entier de films d'actions US ne nous émeuvent pas plus que ça), et c'est aussi le procédé cinématographique utilisé qui excite notre réaction : tout est insinué, rien n'est montré, nous sommes confrontés à nos cauchemars, à ce que l'on ne veut pas voir.
Mais, je trouve triste de ne retenir de ce film que ces 40 secondes, qui si elles ne sont pas forcement "utiles", apportent une densité au film, et contribuent même à la "logique" du film (l'arrachage de langue est une réponse directe à l'humiliation, est aussi la conséquence direct de cette humiliation, mais rappelle aussi la raison de cette histoire 'il parle trop'). ils 'agit pour moi donc d'un faux débat, ou plutôt d'une fausse raison pour dénigrer ce film
En conclusion : un film brillant au niveau mise en scène (malgré une scène qui s'étire sur la fin (mais elle était "impossible" à tourner).), ambitieux que ce soit sur le fond comme sur la forme. un film à voir donc, qui transporte le spectateur dans un monde où les sentiments et les comportements excessifs sont rois.
et puis, encore une fois pour un film coréen : quelle musique !
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Tout peut arriver dans la vie, et surtout rien.
Edité par Pavix le 16-10-2004 à 02:07
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