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Témoignage d'un revenu du Oui.

Témoignage d'un revenu du Oui. (jusqu'alors chargé de rédiger des argumentaires pour le oui de droite)
A 15 jours de l'échéance électorale du 29 mai, je crois de mon devoir de citoyen d’apporter au débat public quelques éléments tirés de mon expérience personnelle. Je n’ai pas eu le courage d'en prendre le temps auparavant, je le fais maintenant sans plaisir. De prime abord naturellement favorable au projet de Constitution européenne – un « oui du cœur » –, j’ai passé tout le temps de la campagne à l’intérieur de l’un des principaux états-majors du Oui jusqu’à ce que, progressivement confronté au texte lui-même par la nécessité de répondre aux arguments du Non, j’en vienne à réaliser que ce projet de Constitution était dangereux pour la démocratie républicaine. Instruit par les incohérences argumentatives du Oui, se sont bien plutôt imposés à moi nombre d'arguments favorables au Non, jamais entendus, qui m'ont retourné et engagé à soutenir résolument un "Non de raison". S’ils m’ont convaincus, peut-être pourront-ils servir à d’autres.

Je m’appelle Thibaud de La Hosseraye, j’ai 28 ans et une formation à la fois commerciale (HEC, spécialisation « Europe ») et philosophique (D.E.A). Sur les mérites supposés de ces diplômes (et, peut-être, d’un prix de l’Académie des Sciences morales et Politiques) (1), j’ai été recruté en décembre 2004 par le club Dialogue & Initiative pour participer bénévolement à leurs travaux. Laboratoire d’idées du courant de pensée de Jean-Pierre Raffarin, donc véritable « brain trust » du Premier Ministre, Dialogue & Initiative est structuré en Commissions chargées d’approfondir différentes thématiques en vue d’alimenter la réflexion des parlementaires se reconnaissant dans cette sensibilité politique (2).

J’ai pour ma part intégré la Commission Europe. Mais ce que je n’avais pas prévu, c’est que, d’une réflexion de fond devant initialement porter sur le contenu de l’identité européenne, nous allions bientôt nous trouver engagés de plain-pied dans la campagne référendaire. Dès janvier 2005, il n’a plus été question de réfléchir posément à la définition de « la meilleure Europe possible », nous étions activement mobilisés pour produire des argumentaires en faveur du Oui.

Ayant toujours été très favorable à la construction européenne et n’éprouvant aucune réticence à l’idée de la doter d’une Constitution, je me suis volontiers adapté, et j’ai commencé à étudier de près ce projet de Constitution pour produire des argumentaires de soutien. Cela était somme toute cohérent : c’est parce que ma spécialité supposée était l’argumentation que l’on me missionnait à présent en priorité sur la rédaction d’argumentaires.

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Alors que je m’acquittais du moins mal que je pouvais du travail que l’on m’avait confié, j’ai été, au milieu de la campagne, lors d’une de nos réunions hebdomadaires du lundi (3), troublé d’entendre le participant le plus autorisé énoncer sur le ton de l’évidence que « comme on ne peut pas contrer les arguments du Non, il faut le discréditer, le ringardiser »(4) …. sans que cela ne soulève la moindre vague de protestation chez les participants.
Outre son caractère déontologiquement contestable, cette stratégie me paraissait se fonder sur la résignation à une déconvenue théorique : or, pour ma part, c’était parce que j’étais convaincu de la plus grande pertinence des arguments du Oui que j’acceptais de militer en sa faveur.

Mais, du jour où je constatais que ceux-là même qui proclamaient haut et fort leur attachement au projet de Constitution n’hésitaient pas, dans le même temps, à reconnaître la supériorité théorique des arguments du Non… sans en tirer pour eux-mêmes de conséquences, j’étais en droit de m’interroger sur leurs motivations réelles à soutenir leur camp. Si ce n’était pas par conviction, pour quelle raison, alors ?

Nul ne peut le dire à leur place. Mais, pour ce qui est des responsables politiques eux-mêmes, dont les participants aux réunions de Dialogue & Initiative ne sont que les fidèles collaborateurs (plus ou moins directs), il suffit ici de constater combien leur engagement si fébrile en faveur d’un Oui qui ne les convainc pas paraît à tout le moins accréditer l’hypothèse que leur spontanéité à choisir leur camp se trouve limitée par l’intérêt direct qu’ils ont à ce que cette Constitution soit ratifiée : en cas de victoire du Non, ils seraient les premiers à en faire les frais dans la mesure où ils seraient définitivement discrédités pour renégocier quelque nouvelle Constitution que ce soit.

Et en effet, si cette Constitution dont gouvernements de droite comme de gauche se sont rendus responsables(5) ne passe pas, le problème n’est pas qu’elle ne pourra pas être renégociée (6), mais seulement que c’est par eux qu’elle ne pourra pas l’être (cf. l’argument 11). Dès lors il devient impératif, pour tout professionnel de la politique disons un minimum soucieux de son avenir, d’user de tous les moyens disponibles pour faire passer cette Constitution, qu’il soit ou non convaincu de ses bienfaits.

Ce à quoi nous assistons.

Pour ma part, la prise en compte de ce caractère irrationnel(7) du soutien au projet de Constitution m’a enjoint à un surcroît d’exigence intellectuelle : puisque les arguments d’autorité qui m’avaient jusqu’alors impressionné en faveur de la Constitution ne me paraissaient plus recevables, parasités qu’ils étaient par des calculs personnels, je ne pouvais désormais prendre appui, pour soutenir mon Oui, que sur des arguments dûment fondés en raison.

Autrement dit, cette remarque si révélatrice faite tout haut en réunion, jointe à mon côtoiement régulier des membres de cabinets ministériels (lors de nos réunions hebdomadaires), m’a donné une succincte mais suffisante connaissance du contexte qui m’a reconduit à une lecture plus attentive, davantage littérale du texte lui-même.
Pour mon travail sur les argumentaires, on ne me demandait d’ailleurs pas autre chose, et puis, n’avais-je pas été recruté aussi pour l’indépendance d’esprit censée permettre un authentique travail intellectuel ?

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Or justement, en revenant au texte, rien qu’au texte, je n’ai pu qu’être intrigué par son caractère disparate, mêlant curieusement dispositions institutionnelles et prescriptions de politique économique qui n’ont a priori rien à faire dans une Constitution. Pourquoi diable avoir brouillé le message proprement constitutionnel avec des prescriptions économiques relevant d’un autre ordre juridique, celui d’une loi-cadre ? Et quelle conclusion en tirer, sinon que cette Constitution poursuit manifestement d’autres objectifs que strictement constitutionnels ?

C’est par un tel raisonnement, aussi scrupuleusement impartial et documenté que possible, que j’ai peu à peu réalisé une chose qui a choqué le démocrate en moi, la fonction inavouée du projet de Constitution : servir de machine d’accréditation exclusive et définitive d’une idéologie politique déterminée, celle du libéralisme.
Tout se passe comme si les rédacteurs de cette Constitution, de droite comme de gauche, avaient cherché à profiter d’une nécessaire réforme des institutions européennes –que nul ne conteste dans une Europe élargie à 25 membres– pour constitutionnaliser en douce la politique économique à laquelle ils étaient unanimement favorables.

Inutile de préciser que je ne suis pas pour autant passé du libéralisme social (à vocation humaniste) qui caractérise le courant Raffarin au socialisme, même libéral, d’un Cohn-Bendit ou d’un DSK. Pour moi, le libéralisme est tout à fait défendable, au moins à moyen terme, comme orientation d’une politique économique salutaire dans une conjoncture économique donnée, mais pour autant seulement qu’on ne prétende pas l’absolutiser en principe directeur exclusif de toute autre possibilité d’orientation économique (8). Il me semble que toute la puissance de rassemblement du gaullisme résidait précisément dans cette capacité d’ouverture théorique, éminemment démocratique et pragmatique, permettant de conjuguer, selon les circonstances et les domaines, jusqu’aux extrêmes du capitalisme et de la planification.

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Ce qu’il y a d’inacceptable, dans le projet de Constitution, c’est que le libéralisme n’y est pas présent seulement comme une politique parmi d’autres possibles, mais comme l’unique principe normatif d’un processus qui s’affirme irréversible et qui se subordonne explicitement l’ensemble des objectifs déclarés, y compris d’ordre social (9).
Et, ce qui est plus inacceptable encore, c’est que toutes les précautions soient prises pour le dissimuler à une lecture honnête (10).

C’est donc la prise de conscience que cette Constitution avait pour fonction d’être un écran de fumée constitutionnalisant une idéologie déterminée, qui m’est apparu comme un grave danger pour la démocratie, et qui a converti mon « oui du cœur » en un « non de raison ».
Bien que les références et contraintes libérales courent dans toutes ses parties (I, II, III et IV), ce que l’on cherche en priorité à constitutionnaliser, dans cette Constitution c’est la partie III, qui est une reprise des traités antérieurs et qui élève de ce fait leur contenu au rang de Constitution.


Je m’explique :
L’objectif officiel de cette Constitution est d’apporter à l’Union européenne les modifications institutionnelles lui permettant de fonctionner à 25 membres.
Mais très vite, on s’aperçoit que cet objectif est dépassé, et sert en fait de prétexte pour faire passer autre chose de bien plus important (11). En effet, la Constitution consacre 60 articles aux questions proprement institutionnelles et tout le reste – si on exclut la longue et inefficiente « Charte des droits fondamentaux » (54 articles) – à la définition des politiques de l’Union, soit 325 articles sur un total de 448 ! C’est dire si cette Constitution décrit moins des institutions que des politiques, moins un contenant que des contenus.
L’objectif officieux, bien réel, est de consacrer enfin en un seul texte référent plus de 10 ans de dérive européenne vers un modèle de politique économique tendancieux, exclusivement libéral, et en cela éminemment idéologique par sa prétention à exclure toute possibilité d’alternative réelle.
On nous demande donc en réalité bien plus que notre avis sur de simples évolutions institutionnelles : on nous demande si oui ou non nous voulons constitutionnaliser ce texte là qui, à des dispositions proprement institutionnelles, ajoute des prescriptions économiques d’exclusivisme libéral.

Il ne me paraît par conséquent pas trop fort de parler de manipulation démocratique, dans la mesure où l’on use sciemment d’un subterfuge(12) (la promotion d’évolutions institutionnelles, habillées d’une rassurante rhétorique sociale et humaniste) pour faire enfin ratifier, sans avoir l’air d’y toucher, ce que l’on sait pertinemment être une doctrine économique des plus suspectes aux yeux de l’opinion publique française (en raison même de l’attachement toujours manifesté de celle-ci à l’idéal social et républicain hérité de la Révolution de 1789 et précisé dans le programme de la Résistance mis en œuvre par le Général de Gaulle dès 1945).
C’est même précisément en raison de son caractère notoirement incompatible avec la spécificité du projet social français que les dirigeants européens de droite comme de gauche, prévoyant les réticences du peuples français à sanctuariser la doctrine économique du libéralisme si on le lui demandait clairement, ont trouvé ingénieux de confier à Valéry Giscard d’Estaing, fin connaisseur des réalités françaises et fin tacticien, le soin de diriger la rédaction d’une Constitution glissant habilement ce qui pouvait être contesté au milieu d’aménagements institutionnels incontestés (13). On ne cherche rien de moins qu’à forcer la main aux peuples, et d’abord à celui d’entre eux dont la priorité sociale est sans doute la plus exigeante.

En définitive, tout indique que cette Constitution a été rédigée dans le but très précis d’impliquer la volonté populaire –et plus particulièrement française- dans la constitutionnalisation d’une certaine doctrine économique, à l’exclusion de toute autre, alors même que le propre d’une Constitution démocratique, ou même simplement authentiquement libérale, est de permettre au peuple souverain de pouvoir choisir entre différentes théories économiques.
Si, après l’adoption de cette Constitution, il n’a plus le choix qu’entre le libéralisme et le libéralisme –que l’on y soit ou non favorable, là n’est pas la question–, où est encore la liberté ?
Dès lors, la responsabilité du peuple français dans le scrutin du 29 mai est la suivante : cautionner ou non, par son suffrage, des évolutions libérales qui excluent toute possibilité de retour en arrière(14), et donc toute possibilité de faire à l’avenir d’autres choix en matière économique. Souhaitons-nous, oui ou non, nous attacher définitivement le cou à une doctrine économique, quelles que puissent être ses dérives ultérieures ou ses contre-performances ?

C’est l’ampleur de ce danger que je vais à présent m’efforcer de montrer, à travers l’exposé de 15 arguments, à ma connaissance inédits, en faveur du Non. Par mon rôle même chez Dialogue & Initiative, j’ai une certaine familiarité avec les arguments du Non, mais les points suivants n’ont, me semble-t-il, jamais encore été relevés, en dépit de leur importance, à mes yeux décisive. A quoi tient le fait qu’ils soient encore inédits ? Je ne me l’explique pas. Peut-être fallait-il d’abord toute la distance d’une position longtemps favorable au Oui pour permettre leur ébauche, puis les nombreux débats qui m'en ont précisé les contours.



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NOTES

1- Le lecteur voudra bien excuser cette mention biographique, peut-être pas inutile cependant à un moment de la campagne électorale où les discrédits ad hominem et les arguments de pure autorité semblent avoir pris le pas sur la stricte considération des contenus, auxquels j’en viens immédiatement.

2- Dans le cadre de la campagne électorale, Dialogue & Initiative orchestre le soutien au projet de Constitution des ministres (Dominique Perben, Dominique Bussereau…) et parlementaires (François Baroin, Valérie Pécresse…) liés à ce club, par l’organisation de dîner-débats, la création d’un site Internet (www.lesamisduoui.com), la production d’argumentaires, de petits films humoristiques et de "cartes à gratter".

3- Composées de membres de cabinets ministériels, de membres

du Service d’Information du Gouvernement (SIG), d’un membre du Cabinet du Premier Ministre, de membres de l’état-major de Dialogue & Initiative, ainsi que des membres de la Commission Europe.

4- C’est à ce moment précis de la campagne électorale que, face à la montée du Non dans les sondages, a été décidé de se battre non plus sur le terrain des idées mais en discréditant le camp du Non (on nous a juste informés de ce changement de stratégie, décidé ailleurs). Pour cela, il s’agissait de « faire donner la charge » par des personnalités de la société civile (intellectuels, sportifs, stars en tous genres) influentes sur l’opinion publique, tout en s’autorisant à employer des méthodes contestables dans leur principe et douteuses dans leur expression, comme les attaques personnelles ou ces cartes à gratter dont Le Monde du 08 mai s’est fait l’écho. On me dira sans doute que c’est là le lot de toute campagne électorale : sans doute, mais cela n’autorise pas à s’en satisfaire et à ne pas chercher à s’en distinguer.

5- via la signature, depuis quelques dizaines d’années, des traités antérieurs qui se trouvent intégrés à la partie III. Le concert unanime des soutiens au projet de Constitution, de François Hollande à DSK, de Jacques Chirac à Nicolas Sarkozy, étonnamment soudés, manifeste combien droite et gauche libérale confondues se reconnaissent également responsables d’un texte qu’ils appellent de leurs vœux depuis plus d’une dizaine d’années. Ils le revendiquent d’ailleurs explicitement.

6- Cela est même très expressément prévu par la Déclaration A 30 de l’acte final du texte « concernant la ratification du Traité établissant une Constitution pour l’Europe » (p. 186 dans l’exemplaire du Traité constitutionnel envoyé à tous les Français).

7- puisque les arguments de raison n’étaient plus écoutés

8- Ce libéralisme liberticide, qui restreint dogmatiquement la liberté de choix économiques, se condamne lui-même en se contredisant ainsi. Dès 1952 d’ailleurs, de Gaulle stigmatisait les absurdes prétentions à s’absolutiser d’un « libéralisme qui ne libère personne ».

9 - Que toute autre considération soit subordonnée à ce principe libéral, c'est en effet incontestable : pour la première fois dans un Traité européen, le principe d’une « concurrence libre et non faussée » se voit élevé au rang d’objectif de l’Union. Ce n’était jusqu’ici qu’un simple moyen (cf. le traité CE consolidé, article I-3-g). L’article I-3-2 définit la réalisation d’un « marché intérieur où la concurrence est libre et non faussée » comme le deuxième objectif de l’Union par ordre d’importance, auquel tous les autres se trouvent par conséquent subordonnés.

10 - Cela éclate dans plusieurs aspects : dans son caractère illisible pour le commun (ce qui présente pour avantage de contraindre le citoyen à devoir s’en remettre, pour se déterminer, aux arguments d’autorité des "experts" et des "personnalités" plutôt qu’à sa raison), dans le fait qu’à propos d’un même article on puisse juridiquement soutenir une chose et son contraire, dans le fait qu’elle proclame une « Charte des droits fondamentaux » pour aussitôt la vider de son contenu (cf. argument 4), qu’elle allie curieusement dispositions institutionnelles et politiques économiques, etc.

11- La partie constitutionnelle proprement dite (c’est-à-dire celle qui concerne la répartition des pouvoirs au sein de l’Union) ne concerne que les parties I et IV du texte. La partie III, qui reprend les politiques économiques définies dans les traités antérieurs, est subrepticement glissée pour recevoir du même coup l’approbation des citoyens : on nous assure benoîtement que puisqu’elle ne fait que reprendre les traités antérieurs, elle n’ajoute rien de nouveau…oui, à ceci près que c’est la première fois que l’on nous demande notre avis sur cette partie là des traités européens, et que, surtout, l’on nous demande d’élever au rang de Constitution ce qui n’était jusqu’alors que de simples traités internationaux. Ces politiques économiques contenues dans la partie III n’ont rien à faire dans une Constitution, sauf si justement l’on poursuit d’autres objectifs que ceux que l’on proclame.

12- Conscients des réticences de certains peuples, et du peuple français entre tous, face aux évolutions libérales de la société, on a recours à un subterfuge pour faire passer (et inscrire dans la durée, au nom de la générosité de l’idée d’une union européenne) une pilule un peu difficile à avaler.

13- Le décalage croissant entre l’exigence d’un projet social ambitieux traditionnellement porté par la France et l’idéologie libérale bruxelloise que l’on nous demande aujourd’hui de ratifier est chaque jour plus manifeste : c’est en France que la directive Bolkestein a provoqué le plus grand tollé (auquel les politiques ne se sont joints que sur le tard pour ne pas être dépassés). On peut être sûr que cette directive, actuellement « mise en sommeil » à Bruxelles, ressurgira sitôt le référendum français passé (cf.argument 18) .

14- En pratique, toute possibilité de retour en arrière est écartée puisqu’il s’agit d’une Constitution qui ne peut être modifiée que par une double unanimité : d’une part celle de tous les chefs d’Etat, d’autre part celle de tous les peuples. Outre donc l’extrême difficulté technique qu’il y aura à modifier la Constitution européenne (mais cela est relativement compréhensible si l’on souhaite lui assurer la stabilité d’une Constitution), il va sans dire que, le peuple français étant le plus socialement exigeant des peuples européens, il ne sera très vraisemblablement pas suivi par l’unanimité des peuples européens quand il exprimera des velléités de progrès social rognant l’orthodoxie libérale.



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EXPOSE DES ARGUMENTS


1/ Un Non français sera d'abord, aux yeux de l'Europe comme du monde, celui de la France et en cela, il parlera de lui-même en raison du projet social français qui la caractérise et de la tradition historique où il s'inscrit, au moins depuis le programme – gaullo-communiste – issu de la Résistance et qui est exactement ce que la Constitution européenne remet en cause dans la notion de service public (16).

2/ Les partisans du Oui les premiers, de droite comme de gauche, se sont chargés de clarifier le sens du Non puisqu’ils n'ont cessé, jusqu'ici, de tenter de convaincre les Français que cette Constitution n’est pas libérale. C’est bien la reconnaissance que ce qui pose problème, c’est son libéralisme, et ce pour tout le monde (17).

3/ Le Non souverainiste est lui aussi anti-libéral (en tout cas au sens du libéralisme imposé par cette Constitution) puisque, se réclamant de la spécificité nationale française, il refuse l'impossibilité d’une politique économique dirigiste ou même seulement protectionniste, pourtant inévitable face aux excès de la mondialisation.

4/ Sur le refus français de la Constitution de l’UE, il n’y a donc pas de différence entre Non de gauche et Non de droite (au moins européenne) alors qu’il y a une divergence radicale sur le fond entre oui de droite et de gauche (même si ce n’est plus la même droite –ni sans doute la même gauche) puisque la droite approuve le libéralisme tel que le normalise la Constitution alors que la gauche ne l'accepte et ne consent à le constitutionnaliser que dans la perspective de le corriger, compléter, détourner ou contourner, c'est-à-dire qu'avec beaucoup moins de cohérence que la droite, elle soutient ardemment une Constitution...dont elle nous assure déjà qu'elle fera tout pour en neutraliser l'orientation !

5/ La gauche devrait plutôt réaliser qu'en votant Oui, les Français prendraient le risque énorme de laisser la voix du Non à une autre Nation, nécessairement moins social ou plus libéral que la France. Et ce Non signifierait alors clairement une exigence de plus de libéralisme et de moins d’Union sociale (ou de possibilité d’indépendance nationale dans le choix d’une politique sociale au sens français). Un Oui de la France ne serait donc pas seulement un Oui à cette Constitution, mais à Oui à la possibilité de son rejet en vue d'une restriction encore plus drastique du minimum résiduel de contrainte sociale qu'on peut y trouver, quoique encore toujours subordonné au meilleur fonctionnement d'une économie exclusivement libérale.

6/ Pourquoi ce dernier argument n'est-il jamais invoqué, sinon parce qu'implicitement, chacun convient de l'improbabilité d'une Constitution encore plus libérale que celle-ci ? (18)

7/ Les sociolibéraux du PS et des Verts ne cessent d’arguer de la Charte des droits fondamentaux pour y voir une protection contre toute « dérive ultralibérale » (puisqu'ils n’ont rien contre le libéralisme) alors qu’ils prétendent réduire la partie III, loi-cadre prédéterminant la politique économique et sociale de l’UE, à une simple synthèse récapitulative « pour mémoire » des traités antérieurs, sans véritable valeur constitutionnelle (même s’ils n’osent pas aller expressément jusqu’à cette contre-vérité, ils s’efforcent de la suggérer par des artifices rhétoriques). La vérité est inverse : la Charte n’a pas de valeur juridiquement contraignante puisque tout en s’inscrivant dans la Constitution, elle y inscrit en même temps la restriction explicite qu’aucun de ses articles ne saurait prévaloir, dans aucun des Etats membres, sur les pratiques institutionnelles de cet Etat (cf. II-111-2, II-112-4 et 5 et le préambule) (19). Au contraire, la partie III, elle, se présente elle-même comme absolument contraignante et elle est littéralement normative. Si elle est intégrée dans la Constitution, ce n’est donc pas comme un corps étranger (ce qui est le cas, en revanche, pour la Charte) mais bien en effet pour lier l'adoption de la Constitution à un engagement au respect des principes de l’idéologie libérale qu’elle explicite sans équivoque et des conséquences pratiques impliquées par ces principes et qu’elle détaille par le menu.

8/ Or justement parce que la partie III est plus constitutionnelle ou constitutionnalisée que la partie II, dire Non à cette Constitution, c’est en toute logique dire non à la partie III bien plus encore qu’à la Charte. Il est donc scandaleux de prétendre que le Non serait un Non qui s’appliquerait uniquement aux autres parties sans obligation de renégociation de celle-ci et que nous serions simplement reconduits au statu quo, c’est-à-dire à ce qui aurait été refusé sans conteste, au moins en France, de l’avis même des partisans du Oui, puisque J-P Raffarin a osé le sophisme que ceux qui s’opposeront à la Constitution n’obtiendraint que de garder de l'Union précisément ce qu’ils en refusent. Ce serait un déni de démocratie sans précédent, qui devrait suffire à discréditer tous ceux qui en soutiennent la possibilité (20).

9/ Le chantage est le suivant : sous peine de retour au statu quo, on demande au peuple d’ériger le fait historique (l'évolution libérale de la construction européenne) en un droit fondateur, en se liant définitivement à ce qu’il aura consacré, en lui interdisant à l’avenir de dénoncer ce qu’il aura lui-même signé. Mais le Non n’est pas un retour au statu quo : même dans l'hypothèse où il ne serait suivi d’aucun effet positif, le peuple se serait prononcé contre ce qui ne pourrait plus dès lors lui être qu’imposé, en dépit de sa volonté déclarée : en réalité, dans l'option du Non, au lieu de se lier à un contrat léonin, le peuple garde les mains libres et il s’acquiert même un droit nouveau, celui de s’opposer à son propre gouvernement et de le renverser par l’insurrection si celui-ci persistait à lui imposer l’application d’une règle ou d’un règlement contraire à son suffrage. La renégociation de la Constitution en cas de victoire du Non (et par conséquent aussi, et même prioritairement des traités antérieurs tels qu'ils sont repris dans sa partie III), si c'est un Non de la France, est donc une obligation, et juridique, et démocratique, et politique au sens le plus radical, qui est absolument incontournable.

10/ Ceux qui prétendent une renégociation de l’organisation actuelle de l’UE inenvisageable choisissent d’ores et déjà de ne pas se conformer à la volonté nationale et la trahissent déjà en affaiblissant d’avance leur propre Nation au cas où le Non l’emporterait puisqu’ils ne se voient que plaider coupables et contraints au profil bas pour toute éventuelle renégociation ultérieure. C'est exactement ce que l'on appelle une forfaiture, et ce, quelle que soit l'issue du scrutin.

11/ En ce sens, l’enjeu du referendum est bien aussi essentiellement intérieur à la France et les politiques usant de ce genre d’argument ont choisi de jouer leur carrière sur ce scrutin, consciemment ou non. Ils devront en tenir compte. Le peuple sera en droit de l’exiger et de les y contraindre.

12/ La dénonciation d’un prétendu débat « franco-français » présuppose que la France devrait penser à l’Europe en faisant abstraction de la France : elle relève d’une conception de l’Europe fondée sur le déni de la réalité nationale, en particulier française. On ne construit pas l’Union avec un ou plusieurs autres sur la détestation de soi (21).

13/ Mais le premier argument à prendre en compte par ceux qui veulent vraiment l'Europe, qu'elle soit Union de Nations ou supra-nationale, c'est que tout en limitant le pouvoir des Nations, cette Constitution est d'abord anti-européenne : elle normalise un libre-échange interne identique entre les Etats-membres à celui de l’ensemble des Etats-membres avec le reste du monde et qui tend à ouvrir les frontières de l’Europe selon un mode strictement analogue à celui selon lequel elle ouvre les frontières de ses Etats-membres à l’« intérieur » de l’Europe. La sujétion économique des Nations à la logique libérale de l'Union n'a pour fonction que d'assujettir l'Union elle-même à un libre-échange mondial dans lequel ni son défaut de cohésion, économique aussi bien que politique, son refus normatif de toute stratégie planificatrice ou monétaire ne peut que la conduire à se dissoudre à vitesse accélérée pour le seul profit de détenteurs de capitaux d'origine et de destination indifférente (22). Tout se passe comme si nous n'assistions plus à une construction de l'Europe, mais à la programmation méthodique de sa dilution.

14/ Car cette Constitution est aussi la négation même de l’Europe comme entité politique distinctive et indépendante. Elle en fait une Euramérique liée tout entière à ceux de ses Etats qui sont liés à l’OTAN –et constitutivement(23), or il était d'autant moins nécessaire de graver ce lien temporaire dans le marbre d'une Constitution qu'elle requiert l’unanimité pour toute politique de défense et de sécurité de l’Union. Cela revient donc à s’appuyer sur l’implication actuelle de certains Etats dans l’OTAN pour préciser la nécessité normative et définitive d’une subordination de l’Europe tout entière à l’OTAN, y compris dans l’hypothèse où tel ou tel de ses Etats, voire leur totalité, voudraient se dégager de l’OTAN en vue d’un engagement prioritairement européen ! Cette Constitution interdit cette possibilité en plaçant l’Europe tout entière sous l’égide de l’OTAN. C’est la négation même de l’affirmation du principe gaulliste : l’Europe sera européenne ou elle ne sera pas.

15/ Il a déjà été relevé que tous les éloges de l’Europe qui prétendent fonder le Oui à la Constitution sur un Oui à l’Europe vantent une Europe SANS constitution. Il faut aller plus loin: l’inventaire des bienfaits de l’Europe ne porte que sur les bienfaits de l’absence de Constitution, c’est-à-dire d’une Europe évolutive et ouverte, à géométrie variable et qui serait aujourd'hui plus nécessaire que jamais en vue de l'intégration "en douceur" des nouveaux entrants de l'Est. Mais c’est justement cette mobilité de l’Europe que la Constitution a pour finalité, en tout cas pour objet explicite chez ses partisans, de figer ou fixer : en particulier en limitant le principe dynamique de la construction européenne jusqu’ici, qui a été celui des coopérations renforcées, en en subordonnant l’initiative à la règle de l’unanimité, et la réalisation à la participation d'un tiers au moins des Etats membres (soit neuf).

16/ En définitive, cette Constitution n'a qu'une seule finalité, en laquelle réside en même temps son originalité absolue: c'est d'instituer, pour la première fois au monde, un contre-Droit (24). Elle le fait en élevant la concurrence au rang de principe normatif. Le Droit s'oppose à la loi du plus fort et à l'état de guerre perpétuelle où le plus fort ne cesse d'avoir à prouver qu'il l'est. Le contre-Droit de la concurrence dit au contraire : « Battez-vous, et que le plus fort gagne! ». Evidemment, pour gagner, le plus fort n'a aucun besoin d'aucun droit. En revanche, il a besoin qu'on ne lui oppose pas le Droit. Il lui faut donc un contre-Droit, un contre-feu au Droit, un droit qui s'oppose au Droit comme le contre-feu s'oppose au feu, en lui coupant l'herbe sous le pied. Le contre-Droit ne dit pas seulement que la guerre est un droit (rien d'original à cela, ni de contraire au Droit) ; il ne définit pas simplement des règles pour la pratique de la guerre (telles que celles de la Convention de Genève) ; il déclare l'exigibilité prioritaire de la guerre de tous contre tous...pour le meilleur profit de chacun (« Battez-vous, tuez vous...mais ne vous faîtes pas mal ! »).

17/ Il est temps de se demander alors pourquoi une pareille ardeur offensive du Oui le plus paradoxal, celui "de gauche".
Pourquoi un tel forcing rose-vert ? On se contente habituellement de répondre que les socio-écolo-libéraux "de gouvernement" ne peuvent pas se déjuger, ayant été partie prenante dans l'orientation libérale de l'évolution de l'Union telle que la consacre la Constitution. Mais cette réponse n'explique pas la facilité surprenante avec laquelle ils dénoncent un jour le Traité de Nice qu'ils ont soutenu la veille. Il y a lieu de craindre que la vérité soit moins reluisante: le libéralisme institutionnalisé leur permettra de se présenter comme un recours et un correctif d’autant plus indispensable (à l’échelle de la politique d’abord nationale) contre la tendance lourde au libéralisme et à ses dérives ultra-libérales dont ils ne nient même pas que la Constitution soit effectivement porteuse. Contrairement à ce qu'ils prétendent, c'est bien 2007 qui est pour eux l'enjeu –tout comme il en est dans le positionnement ultra-libéral de Sarkozy.

18/ C'est pourtant bien Sarkozy dont la stratégie est à la fois la plus directe et la plus honnête (ou cynique) aussi eu égard à l'enjeu référendaire. Et c'est ce qu'illustre a contrario l'énorme intox du Oui de gauche quand il ose présenter la Constitution comme le meilleur moyen de lutter contre des mesures telles que la directive Bolkestein: si celle-ci était contraire à la Constitution, pourquoi aurait-on besoin d’exiger que la Commission s’engage à sa « remise à plat » dès avant le vote français du 29 mai ? Pourquoi ne pas s’appuyer plutôt sur son caractère anti-constitutionnel pour en faire un argument de plus, et celui-ci incontestable, en faveur du Oui ? Pourquoi n'a-t-on pu obtenir que cette simple « remise à plat » (qui n'engage à rien de déterminé, comme en a déjà prévenu l'actuel président de la Commission) ? Et comment se fait-il que les défenseurs de cette directive (puisqu’il y en a !) se trouvent-ils tous dans le camp du Oui ? C’est au moins une illustration irréfutable de la divergence en profondeur des partisans du Oui (cf. argument 4).

19/ En réalité, les libéraux savent très bien que la directive Bolkestein découle de la partie III (articles 144-150) et les socio-libéraux s’imaginent qu’ils pourront tirer parti de ses conséquences dévastatrices pour s’imposer comme un garde-fou nécessaire à l’ultralibéralisme qui en résultera et qui, tout en les disculpant de tout recul social, permettra de présenter comme une prouesse politique la moindre atténuation de ses effets à l’échelon national. C’est le parti de la politique du pire. C'est aussi la pire des politiques


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Peuple caméléon, peuple singe du maître,
On dirait qu'un esprit anime mille corps ;
C'est bien là que les gens sont de simples ressorts.


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"On est pour le oui, on est des gros cons et des menteurs"
"On est pour le oui, mais le non a de bien meilleurs arguments, inattaquable en plus !"
"On est pour le oui, on a pas lu la constitution car ca sert a rien, on est pour le oui !"

Je comprend pas comment tu ne peux pas accepter des arguments qui veinnent du oui (le post dont la source est Le Monde) alors que tu nous cite un texte qui est sur monde-solidaire (en "campagne" pour le non), sur Attac (pour le non), le grand soir (visiblement bien du coté du non, sinon ce site d'information cache bien son jeu) et tous les autres sites dans le genre

Bref, tu es bien un nonoiste usant des bonnes vieilles méthodes que tu dénonces allegrement.
Faite ce que je dis, pas ce que je fais est visiblement ta devise.

Mais elle devrait plutot etre "Avant de regarder la brindille dans l'oeil de ton voisin, regarde la poutre que tu as dans le tien"

(Je tien a preciser que je ne critique en rien ce texte, mais bon, les trois premieres phrases de ma réponse sont ce que j'en ai retenu ....)


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Edité par Cthulhu22 le 25-05-2005 à 14:05

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Je me suis trompé de bouton ...


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Thibaud de la Hosseraye existe-t-il ?


"Une pluie de mails s’abat depuis ce matin sur le Big Bang Blog, nous renvoyant à un texte d’un ouiste repenti, Thibaud de la Hosseraye. Thibaud, qui aurait fréquenté un certain temps les hautes sphères ouistes, dévoilerait dans ce texte leur profonde malhonnêteté.

Thibaud existe-t-il ? N’est-il qu’un hoax ? Que savez-vous de lui ? L’enquête est ouverte."


__http://www.bigbangblog.com/breve.php3?id_breve=89


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Réponse à Thibaud de La Hosseraye

"Un certain texte de "Thibaud de La Hosseraye" commence à se situer partout. Le voilà relayé par l'ensemble ou presque des sites pour le "non". Essentiellement par les sites d'un "non de gauche".
Ce qui est triste et pas logique de leur part sachant que ce monsieur est clairement de droite et même libéral (je le cite strictement : "Inutile de préciser que je ne suis pas pour autant passé du libéralisme social qui caractérise le courant Raffarin (sic) au socialisme, même libéral, d’un Cohn-Bendit ou d’un DSK").
D'ors et déjà, ce constat discrédite ses propos.

Pourquoi ?
Tout simplement parce qu'il peut paraître tout à fait logique que ce Monsieur, tout libéral qu'il est, soit opposé au traité.
Bien entendu il fallait qu'il se dise être "un revenu du oui" pour faire plus crédible (c'est paut-être exact, mais ça ne tient pas debout).
Faut-il rappeler que nombreuses parsonnalités de l'UMP et proches de M. Raffarin sont opposés à la Constitution européenne?
Simplement ils ne le développent guère et suivent la ligne du parti et de M. Chirac.
M. Sarkozy lui-même n'est pas très partisan de ce texte.
Sans parler de M. Trichet, Président de la Banque Centrale Européenne (BCE), qui lui, est carrément contre ce projet !

Je vais donc une fois de plus répondre à chacun des arguments proposés par Thibaud de La Hosseraye, même si j'avoue être ennuyé par la malhonnêteté de ses propos (c'est pourquoi mes réponses seront succintes).


Voici le résumé des arguments de Thibaud de La Hosseraye et mes réponses :


• Son argument 1 : "un rejet par la France du projet de Constitution aurait une signification particulière : cela signifiera l’exigence de plus de social dans le projet européen. D'où sa valeur éminemment positive, constructive."

Pourquoi? M. Dupont-Aignan (UMP), M. Le Pen, M. de Villiers veulent-il plus de social ? Non, et ils pourront tout autant que l'extrême gauche ou une partie de la gauche, revendiquer légitimement la victoire du "non".


• Son argument 2 : "je constate que, entre partisans du Oui et ceux du Non, il y a accord sur le sujet du désaccord : tous reconnaissent que c’est le contenu libéral de la partie III du projet de Constitution qui pose problème."

Quel étonnant constat.
Je ne fais vraiment pas le même.
La partie III n'est pas en soi libérale, elle est interprétée comme étant libérale voire ultra-libérale, la nuance est très importante.
En réalité et dans les faits, cette partie qui existe depuis des années à travers les traités précédents n'a jamais empêché un Etat de pratiquer :
- une politique sociale (le social qui est un objectif de l'Union dans le texte) ;
- une aide d'Etat pour des services publics (ces derniers qui pour la première fois sont implicitement consacrés par la mise en place possible d'une loi européenne en la matière) ;
- des nationnalisations ;
- l'exception culturelle (qui est pour la première fois confirmée par le texte) ;
- l'accès aux soins pour tous (inscrit dans le texte) ;
- la sécurité sociale (inscrit dans le texte) ;
- la protection de l'environnement (qui est d'ors et déjà bien plus garantit par l'Union que par la France),
- etc.


• Son argument 3 : "le sens du Non souverainiste est lui aussi anti-libéral."

Quelle malhonnêteté.
En effet, il est vrai que les souverainistes ne sont pas tous ultra-libéraux.
Mais qu'ont-ils en commun dans ce cas avec l'extrême gauche et la gauche qui se revendiquent de l'internationalisme, de l'union des peuples, du bien être mondial ?
Ensuite de quels souverainistes parle-t-il ?
De M. Chevénement, alors là je suis à peu près M. de La Hosseraye.
De M. Le Pen, de M. De Villiers, de M. Dupont-Aignan ? Alors là, je ne suis pas du tout M. de La Hosseraye.
Eux sont souverainistes mais clairement libéraux.
M. Le Pen a beau dire qu'il est opposé à la mondialidation (ce qui est vrai, il est protectionniste et nationaliste) comme M. de Villiers, ça ne les empêche pas d'être pour la baisse des charges, contre l'interventionnisme étatique, pour la privatisation à outrance, pour l'éloge absolue de la propriété privée et de l'individualisme.
Même si à côté il prone aussi la valeur de la religion, de la famille, de la patrie et du travail (ça ne rappelle rien?).


• Son argument 4 : "il y a une homogénéité du Non et, a contrario, il y a une différence de fond entre le Oui de droite et le Oui de gauche : l’un accepte telle quelle la forme de libéralisme consacrée par la Constitution, l’autre prétend pouvoir la corriger."

Là, c'est carrément mépriser les partisans du "non".
D'ailleurs c'est étonnant et triste que certains partisans du "non" à gauche publient cela sur leurs sites !
Comment peut-on dire qu'il y a une homogénéité du "Non", alors même (et c'est normal et juste) que les partisans du "non" à gauche refusent l'amalgame avec les partisans du "non" à droite !
Comment comparer un communiste et un frontiste par exemple ?
Comment comparer ceux qui pronent le collectif à ceux qui pronent l'individualisme ?
Comment comparer ceux qui pronent l'égalité des citoyens de tous les pays et ceux qui considèrent au moins implicitement une supériorité des occidentaux sur les citoyens du tiers-monde ?
Ensuite, de quelle homogénéité parlez-vous concernant les partisans du "oui" ?
Ils sont d'accord sur ce texte car c'est un cadre large, point.
C'est d'ailleurs là son point commun avec toute Constitution nationale.
Ne savez-vous pas que nombre de Constitutions nationales (normalement toutes!) sont approuvées à la fois par la gauche nationale et par la droite nationale ?
Quel est le mal ?
Le texte n'impose pas les politiques, chaque couleur politique fera la politique qu'il entend, dans les cadres de la Constitution (comme dans toute démocratie), une fois au pouvoir.
Vous le savez très bien, alors pourquoi tant de malhonnêteté, pourquoi encore et encore jouer sur la peur ?


• Son argument 5 : "en raison de la signification sociale d'un Non français, la gauche prend un risque stratégique majeur à soutenir le Oui : celui de laisser l'initiative du Non à un pays lui donnant un moindre sens social."

Que signifie un tel argument ?
Que chaque fois qu'il y a une imperfection selon notre pays, il faut voter "non" avant qu'un autre pays ayant une autre conception le fasse ? Autant dire "non" sans arrêt alors.
Les 25 Etats ne peuvent être d'accord sur absolument tout, c'est justement le consensus qui prévaut en Europe.
Sinon il faudrait imposer SA vision nationale, ce qui relève clairement de l'autoritarisme.
Même si le Royaume-Uni ou un autre Etat vote "non", ce n'est pas pour autant que l'on modifiera la Constitution pour lui. La France pourra toujours si opposer. On n'élabore pas comme ça une Constitution et il faut l'unanimité des Etats! La France pourra refuser la conception de ce pays!
Et justement cet argument joue contre les partisans du "non" car on aura beau voter "non", d'autres peut-être voteront "non" avec d'autres conceptions et voudront une autre Europe. On ne la changera pas pour autant car chacun aura un droit de véto.
Si la France est la seule à voter "non", ce n'est pas non plus la Pologne ou le Royaume-Uni qui accepteront un autre traité plus social !
Au contraire, la France serait minoritaire et isolée (puisque seule opposée au traité), elle n'aurait aucun poids pour imposer quoi que ce soit à l'Union tout entière (380 Millions de citoyens autre que Français, 24 autres Etats).
Déjà que nos concitoyens européens nous considèrent comme voulant souvent imposer notre manière de voir aux autres (ce qui n'est pas faux), croyons nous réellement que parce que "ces mesdames et messieurs les Français" ne veulent pas de ce traité , les autres accepteront tous de tout modifier pour nous ?
Je suis généralement qualifié d'utopiste, mais je ne crois pourtant pas à ça, car cela relève d'un chauvinisme sans borne et d'un mépris de nos concitoyens européens.


• Son argument 6 : "l'argument précédent n'est jamais invoqué précisément parce qu'une Constitution plus libérale encore paraît, même à la gauche, difficilement réalisable."

Quel mensonge.
On a du mal à croire Thibaud de La Hosseraye, ce diplômé d'HEC (il devrait donc connaître le sujet) et libéral avoué.
Il sait pertinemment que l'Europe peut être bien plus libérale.
La preuve, l'Europe avec la Constitution sera moins libérale qu'actuellement, or même actuellement la France peut faire la politique sociale qu'elle entend. Sommes nous en Europe comme aux Etats-Unis, en Chine ?
Si l'argument précédent n'est jamais invoqué c'est simplement parce qu'il est "démontable" aisément comme je l'ai fait.


• Son argument 7 : "en vertu de sa subordination explicite aux législations nationales, la Charte des droits fondamentaux n’a aucune valeur normative : elle n’est pas juridiquement contraignante pour les Etats membres."

C'est évidemment faux et même lamentable.
Comment pouvons-nous sans arrêt se plaindre de notre Charte des droits fondamentaux alors que le monde entier nous envie ?
Et c'est normal, car notre protection des droits de l'Homme est de loin la plus efficace.
Evidemment l'avancée en matière de protection des droits de l'homme est énorme avec l'insertion de la Charte des droits fondamentaux :
L'Union dispose ainsi du meilleur "catalogue" de droits de l'homme au monde et surtout, désormais, n'importe quel citoyen pourra saisir la Cour Européenne des Droits de l'Homme qui désormais tiendra obligatoirement compte à la fois des droits de la Convention européenne de sauvegarde des Droits de l'Homme (CEDH) et à la fois des nouveaux droits (notamment les droits économiques et sociaux) introduits par la Charte des Droits Fondamentaux, pour tout acte relevant de l'Union européenne.
Ainsi, la protection est accrue en comparaison à celle de la seule CEDH.
Car l'UE, en tant que personne morale, grâce à la Constitution, intégrera la CEDH.
Cela signifie d'ailleurs, que désormais la Cour de Justice Européenne (aussi saisi par un citoyen) comme la Cour Européenne des Droits de l'Homme pourra infliger des sanctions aux Institutions communautaires (comme si l'Union était un véritable Etat).
La seule restriction est que cela ne concerne que le droit de l'Union.
Le droit national est de toute façon d'ors et déjà protégé par la CEDH.
Alors que M. Thibaud de La Hosseraye évite une telle malhonnêteté.


• Son argument 8 : "puisque c’est le contenu libéral de la partie III de la Constitution qui fait le plus débat et qui apparaît comme le point décisif au sujet duquel vont s’exprimer les électeurs, ce serait un déni de démocratie particulièrement flagrant que de l’appliquer quelle que soit l’issue du vote, en tenant pour rien l’expression de la volonté populaire."

Quelle hypocrisie :
M. de La Hosseraye sait très bien (du moins j'espère) que si la partie III n'est pas appliquée alors le fonctionnement de l'Union est impossible puisque c'est elle qui gère la coordination des institutions et leurs actions.
De plus, c'est d'une incroyable hypocrisie, car si la partie III ne serait, certes, plus dans le corps du traité, elle serait de toute façon maintenue puisqu'elle existe déjà à travers les traités antérieurs qui ne seraient pas abrogés!
Qui plus est cette partie qui resterait dans ces traités aurait exactement la même force juridique que la Constitution.
En réalité, ce serait même pire, car il existe des avancés dans la partie III de la Constitution que les partisans du "non" ne citent jamais : notamment la clause sociale générale définit à l'article III-117 :
"Dans la définition et la mise en oeuvre des politiques visées à la présente partie - partie III - l'Union prend en compte les exigences liés à la promotion d'un niveau d'emploi élevé, à la garantie d'une protection sociale adéquate, à la lutte contre l'exclusion sociale ainsi qu'à un niveau élevé d'éducation, de formation et de protection de la santé humaine".
A chaque fois que l'Union adoptera une loi européenne ou autre, elle devra s'assurer que son action respecte cet article (sinon elle pourrait être sanctionnée par la Cour de Justice européenne).
Article qui s'appliquera à l'ensemble des politiques, dans le domaine social mais également dans le cadre du marché intérieur.
Alors M. de La Hosseraye, encore un mensonge de votre part ?


• Son argument 9 : "on a mis les électeurs devant un fait accompli : la libéralisation à outrance de l’économie européenne. En leur expliquant que plus rien ne peut être fait contre cela même pour quoi on leur demande pourtant de voter, on leur demande en réalité d’ériger un fait en droit."

C'est totalement absurde et mensonger.
La Constitution n'érige pas un fait en droit, elle encadre plus strictement qu'actuellement le libéralisme.
Je l'ai largement développé sur le blog (http://ouiaureferendum.hautetfort.com) et de nombreux articles du traité le prouvent.


• Ses arguments 10 et 11 : "les dirigeants qui aujourd’hui prétendent toute renégociation de la Constitution inenvisageable se discréditent d’avance pour une éventuelle renégociation demain. En cela, le vote du 29 mai est bien aussi un enjeu de politique nationale, sur le choix de nos dirigeants de demain."

Quelle grande naïveté ou belle manipulation de l'opinion.
Il est évident que même si le "non" passe, le gouvernement restera en place (ce qui peut paraître dommage mais logique dans la mesure ou le sujet européen n'a rien à voir avec le sujet national).
Et ce sera lui qui négociera (sauf qu'il n'y aura pas de renégociation) et sûrement pas une partie de la gauche et de la droite.
Comment M. Besancenot pourrait-il trouver des points communs avec M. Le Pen ?
D'ailleurs sur quelles bases ces derniers pourraient renégocier ?, et pour quel projet qui conviendrait à l'ensemble des européens ?


• Son argument 12 : "la dénonciation d'un "débat franco-français" à propos du débat sur la Constitution manifeste une conception de l'Europe négatrice des identités nationales. "

Quel mensonge.
S'il y a dénonciation d'un débat franco-français c'est parce qu'il y a amalgames entre les problèmes intérieurs et l'Europe qui n'y est pourtant pour rien. C'est aussi parce que l'on ne parle que des intérêts français alors que ce texte vise l'ensemble de l'Union.
Si M. de La Hosseraye connaissait son sujet, il serait que c'est l'Europe qui est le premier défenseur des cultures régionales et nationales sur le continent et dans le monde.


• Son argument 13 : "le contenu exclusivement libéral du projet de Constitution conduit à une dilution de l’Europe, en ne distinguant aucunement le libre-échange régissant les rapports entre ses Etats membres de celui promu, hors d'elle, par la mondialisation."

Un peu trop facile...
Evidemment, en partant du postulat que le projet a un contenu exclusivement libéral, c'est facile.
Or, le contenu n'est absolument pas exclusivement libéral, nous l'avons vu plus haut.
Du coup cet argument ne tient pas.
De plus, il n'y a bien entendu aucune "dilution de l’Europe, en ne distinguant aucunement le libre-échange régissant les rapports entre ses Etats membres de celui promu, hors d'elle, par la mondialisation."
Le libre-échange européen n'a rien à voir avec celui extérieur.
Il est d'ailleurs normal qu'il y est un libre-échange en Europe, puisque c'est un union d'Etat fondée sur une union économique !
Et vis à vis de l'extérieur, l'UE négocie soit via l'OMC soit indépendamment, des accords avec le reste du monde. Actuellement, des mesures européennes sont prises pour faire face au textile chinois, ce qui contredit aussi cet argument.


• Son argument 14 : "l’attachement définitif à l’OTAN signe l’arrêt de mort du projet d’Europe européenne."

Quel canular !
Ce cher de La Hosseraye parle de l'article I-41 sur l'OTAN, mais déjà il faudrait qu'il se réveille parce que dès le traité de Maastricht, une clause existait dans ce domaine : il s'agissait de l’article J4.4 (titre V) négocié notamment avec le soutient de Laurent Fabius (sic) : « la politique de l’Union respecte les obligations découlant pour certains Etats membres du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et elle est compatible avec la politique commune de sécurité et de défense arrêtée dans ce cadre ».
Plus sérieusement, sur les relations avec l’OTAN, le texte du traité constitutionnel (article I-41) signifie réellement qu’aucune action de l’OTAN ne peut être dirigée contre l’Union et réciproquement.
Cet article est identique à celui du traité en vigueur actuellement (article 17 du traité sur l’Union européenne).
Or, il n’a jamais empêché les Européens d’être autonomes à l’égard de la politique américaine.
Il suffit, pour s’en convaincre, de rappeler que la France a contesté devant l’ONU le bien fondé de la politique américaine en Irak (de même que l'Allemagne à son niveau) avant de s’opposer à l’intervention armée décidée par G. Bush.
De plus faut-il rappeler à M. de La Hosseraye que l’Union européenne en tant que telle est intervenue de manière autonome au Congo (opération "Licorne"), en Bosnie-Herzégovine ou en Macédoine ?
Aussi, ce traité constitutionnel met en place les opportunités pour construire une Europe de la défense forte et indépendante, puisqu'il prévoit par exemple la possibilité pour les Etats membres qui le souhaitent de former une coopération renforcée propre à la défense (articles I-41 et III-312), inclue une clause de défense mutuelle en cas d’agression armée (article I-41) ou organise la place du nouveau ministre des affaires étrangères dans la politique européenne de défense.
Ajoutons aussi que le traité crée une "Agence européenne de l'armement" pour éviter que chaque Etat dépense des sommes considérables dans ce domaine, lorsqu'une concordance permettrait d'importantes économies et une meilleure coordination des politiques industrielles de défense.
Enfin, et ce n'est pas rien, il renforce le rôle du Parlement européen dans cette politique, en organisant sa consultation "régulière".


• Son argument 15 : "les bienfaits de l’Europe vantés par les partisans du Oui plaident au contraire pour le rejet de cette Constitution."

Grande absurdité.
De La Hosseraye considère en fait qu'il faut plus de souplesse et donc pas de Constitution et reprend les dires de Nicolas Dupont-Aignan !
Le point de départ de la Constitution a été la nécessité de renforcer l'Union et de rendre ses processus décisionnels plus responsables et plus efficaces, au motif que ce qui ne fonctionnait que difficilement avec 15 États membres ne pourrait plus fonctionner du tout avec 25 États membres ou davantage.
Un débat sur l'avenir de l'Europe a été déclenché par une succession de discours très en vue prononcés par des leaders européens, énonçant des idées et présentant souvent des vues divergentes sur l'Europe.
La déclaration de Laeken de décembre 2001 était un melting-pot de ces visions et posait plus de questions qu'elle ne tirait de conclusions :
Qu'est-ce que les citoyens européens attendent ?
Comment organiser le partage des compétences entre l'Union et les États membres ? Comment l'Union peut-elle devenir plus efficace dans le contexte de la mondialisation et comment peut-elle renforcer sa légitimité démocratique ?
La Constitution répond à ces interrogations."
Tout simplement !


__http://ouiaureferendum.hautetfort.com/archive/2005/05/18/reponse_a_thibaud_de_la_hosseraye.html


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Message écrit par le narrateur, le 25-05-2005 à 14:32
Thibaud de la Hosseraye existe-t-il ?


"Une pluie de mails s’abat depuis ce matin sur le Big Bang Blog, nous renvoyant à un texte d’un ouiste repenti, Thibaud de la Hosseraye. Thibaud, qui aurait fréquenté un certain temps les hautes sphères ouistes, dévoilerait dans ce texte leur profonde malhonnêteté.

Thibaud existe-t-il ? N’est-il qu’un hoax ? Que savez-vous de lui ? L’enquête est ouverte."


__http://www.bigbangblog.com/breve.php3?id_breve=89


http://www.bigbangblog.com/article.php3?id_article=143

Il aurait fallu lire la suite cher narrateur ...


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Un Thibaud de La Hosseraye existe. j'en ai trouvé un. Est-ce lui?

__http://www.ndgrace-passy.com/Semaines/Sem08juin.htm


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Message écrit par Cthulhu22, le 25-05-2005 à 14:40
http://www.bigbangblog.com/article.php3?id_article=143

Il aurait fallu lire la suite cher narrateur ...


Je cherche, en même temps.

Il existe.

En tout cas, on aura le texte, et une réponse.


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Old Post 25-05-2005 14:44
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Franchement Le narrateur, avant de publier ce texte, je me suis balladé à droite à gauche et ce monsieur semble bien exister. Son texte est visible sur bcp de sites. Évidemment, vu la teneur de son propos, les sites favorables au NON lui font une grande publicité. Mais c'est de bonne guerre. Les sites favorables au OUI ne font-ils pas de même dès que Delors, Jospin, Chirac ou n'importte quel personnalité politique ou médiatique européenne appelle à voter OUI ?
Maintenant, l'auteur est-il ce qu'il prétend être ? Le saura-t-on un jour ? Reste que ses arguments en faveurs du NON tiennent la rampe (ils reprennent d'ailleurs, la plupart du temps, des arguments bien connus mais toujours valables).
Tu as bien fait de publier la réponse (qui me semble bien légère, mais cela te paraîtra normal venant d'un partisan du NON) qui émane évidemment d'un site partisan du OUI. Ainsi chacun, s'il en a la patience et l'envie, pourra à nouveau parcourir certains des arguments de chaque camp. Afin de ne pas encore plus compliquer nos discussions, je laisse ce poste là où il en est et continue le débat sur les posts déjà dédiés au sujet.


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Old Post 25-05-2005 15:06
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Citation:
Franchement Le narrateur, avant de publier ce texte, je me suis balladé à droite à gauche et ce monsieur semble bien exister.



J'étais tombé, il y a quelques jours sur le premier blog.
J'aurais du vérifier plus tôt, avant de poster.
Je l'ai fait, 3 - 5 et 10 minutes plus tard.

Au moins, on sait qu'il existe, il s'est même marié , et que ce libéral prospère sur les sites anti-libéraux.



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Faites le taire. Degré zéro de la politique :
Jean-Pierre Raffarin dénonce les «révisionnistes» du non
___http://www.lefigaro.fr/referendum/20050523.FIG0182.html?144249


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Old Post 25-05-2005 15:18
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Si ce monsieur était un tant soi peu honnete avec lui même, les raisons pour lesquelles les autres agissent ne devraient pas le faire changer d'avis.

Sous prétexte qu'il y aurait des motivations personnelles ou indéfinies (haaa, la théorie du complot...) de la part de ses ex-collègues de travail, le voila qui change d'avis.

Concernant les arguments avancés, j'avoue que j'ai très vite décroché : je trouve les phrases montées sur le modèle "plus je pédale moins vite, moins j'avance plus vite" (exemple : " il refuse l'impossibilité..."), et que comme d'habitude, il est plus facile de poser des questions que d'apporter les réponses (là encore, on retrouve la manipulation habituelle des paranoiaques du complot (mais où est passé l'avion du pentagone ?, mais pourquoi n'entend t'on pas parler de l'invasion des girafes dans le sud de la France ??....bon d'accord.. )

Bref, j'avoue que j'ai survolé cette partie. Mais c'est aussi valable pour la réponse du narrateur, toute aussi alambiquée...

Ma conclusion perso: c'est juste un truc pour encourager les gens à aller faire autre chose qu'aller voter. Or c'est précisément ce que cherchent d'habitude à obtenir les extrémistes de tout poil, donc je ne vais pas me fatiguer à lire tout ça, mais par contre, j'irais voter. Heureusement , je n'ai pas besoin que d'oxmo pour me faire mon idée...


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Citation:
Message écrit par shakes808080, le 25-05-2005 à 15:50
...

Bref, j'avoue que j'ai survolé cette partie. Mais c'est aussi valable pour la réponse du narrateur, toute aussi alambiquée...

.... je ne vais pas me fatiguer à lire tout ça, mais par contre, j'irais voter. Heureusement , je n'ai pas besoin que d'oxmo pour me faire mon idée...


Il ne faut pas le répéter : j'ai également survolé, les questions et les réponses.


Il est temps que celà finisse.


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pffff quitte à lire un texte si long, je préfère me replonger dans cette fichue constitution!


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Vous avez quoi ?

Ce WE il va faire super beau .... alors arrêtez de vous prendre la tête pour un référendum pour lequel, et c'est mon avis, les Français sont incapable de prendre la décision ......


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Citation:
Message écrit par KissTheFuture, le 26-05-2005 à 08:30
Vous avez quoi ?

Ce WE il va faire super beau .... alors arrêtez de vous prendre la tête pour un référendum pour lequel, et c'est mon avis, les Français sont incapable de prendre la décision ......

Que tu ne te sente pas capable de décider, ma foi... Mais de là à en faire une généralité.


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