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Mister Oxmo 2003 
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Citation: Juste avant la sortie de son nouveau CD, la formation a démarré à Boston sa tournée mondiale sous le sceau de la longévité et des dollars.
Sexagénaires, les Stones roulent toujours
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Par Pascal RICHÉ
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mardi 23 août 2005 (Liberation - 06:00)
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Boston, envoyé spécial
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«Bang !» commence le concert. Suit un «Bigger Bang» (du nom de leur nouvel album) et une explosion pyrotechnique illustrée, sur l'écran géant, par des images du commencement de l'univers (reconstituées d'après les souvenirs du groupe, raillent les mauvaises langues), une pluie de météorites et les visages étoilés des titans, Mick Jagger, Keith Richards, Ronnie Wood et Charlie Watts. Après un travelling accéléré, façon Odyssée de l'espace, re-bang : les premiers accords de Start Me Up. De quoi mettre instantanément en transe les 36 000 baby-boomers qui se pressent sur les gradins en bois du Fenway Park, cathédrale du base-ball et des Red Sox, l'équipe locale. Les héros sont là. Intacts. Bon, OK, pas tout à fait aussi jeunes qu'il y a quarante ans. Mais ceux qui s'attendaient à voir des zombies sortir de terre doivent vite se raviser.
A fond. Le premier concert de la nouvelle tournée mondiale des Rolling Stones, à Boston, dimanche soir, démarre à fond et s'achèvera sur le même rythme effréné. Sur le grand écran, les cameramen évitent les gros plans sur les rides. Et les images d'archives nostalgiques sont bannies, avec une seule exception, sur She's so cold. Sur scène, les Stones débordent d'énergie. A commencer par Mick Jagger, 62 ans. Cabotin survolté, le chanteur bouge sans cesse sans avoir l'air de se forcer. Sa voix, un peu plate pendant les premières secondes, retrouve vite sa forme. Il marche, court, zébulonne sur la «plus grande scène jamais construite pour un concert rock», comme l'ont décrite les producteurs : 30 mètres de haut sur 90 de large, «35 camions pour transporter la structure métallique».
«...You make a grown man cryyyyyy», continue Jagger (et la foule). Il jette son chapeau, se déhanche, arpente la scène de son célèbre pas virilement efféminé. Le plus sexy des sexagénaires porte un tee-shirt noir à paillettes sous une veste argentée. Keith Richards, 61 ans, porte, lui, trois couches : tee-shirt, chemise blanche et veste aux manches retroussées. Ça fait beaucoup pour les 30 degrés. Mais le guitariste se dépense moins : il tire juste sur sa clope de temps en temps.
Dernière fois? Si l'assistance est d'emblée chauffée à blanc, c'est qu'elle craint d'assister à son dernier concert des Stones. N'est-ce pas le message contenu dans les mots «Bigger Bang» ? La fin plus grande que le commencement ? «C'est peut-être la dernière fois qu'on les voit», s'émeut Linda Fortin, une quadragénaire qui ne rate pas une tournée. «Mais bon, on ressentait cela aussi les deux dernières fois», tempère Randy, son mari.
Pour ce premier concert de la tournée, les Stones n'ont pas pris de risques. Ils enchaînent toutes les valeurs sûres (Shattered, Beast of Burden, Miss you, Satisfaction, Honky Tonk Woman, Jumping Jack Flash, Brown Sugar...), entrecoupées de quelques titres de leur nouvel album (lire page 4). Deux de ces chansons passent formidablement : Rough Justice, stonienne en diable, et Back of my Hand, un solide et sombre blues, avec Jagger, pour une fois, une guitare dans les mains (ça le calme un peu). Dans les travées, quelques infirmières californiennes en colère brandissent des panneaux «Non à Schwarzenegger». Leur gouverneur Arnold est là qui, histoire de joindre l'utile à l'agréable, a mis en vente les places de sa loge à 100 000 dollars pièce. D'où une vanne de Jagger : «Quand on est arrivés, il vendait des tee-shirts devant l'entrée.»
Langue bleue. Tout à coup, instant magique. En plein Miss You, une partie de la scène se détache et se met à fendre la foule, avec, à son bord, l'ensemble du groupe, batterie et claviers compris. Une sorte de radeau de la méduse, en plus pimpant. Les Rolling Stones sont maintenant au centre du stade. Comme le grand écran s'est éteint, tout le monde regarde les quatre stars dans une sorte d'intimité. La lune apparaît, énorme et presque orange. «Quel moment ! J'étais à trois mètres d'eux, j'ai enlevé mon tee-shirt pour l'agiter et j'ai crié Keith !» raconte Spencer Nauss, un banquier de 43 ans qui a acheté son billet à un revendeur dans la rue pour 350 dollars. Après quatre chansons, dont Satisfaction, le radeau revient au port. Mick Jagger, comme un chiot trop content de retrouver la terre ferme, se remet à sauter en l'air sur Honky Tonk Woman, pendant que d'énormes lèvres gonflables jaillissent ainsi qu'une langue bleue.
Après quatre-vingt-dix minutes, Keith Richards, qui a poussé deux chansons en solo, et Ron Wood continuent à assurer à la guitare, sans jamais un couac, tandis que Mick Jagger parcourt la scène. Dans Sympathy for the Devil, il s'abstient de prononcer la phrase «Who killed the Kennedys ?» - on est à Boston, fief de la famille de l'ancien président des Etats-Unis. Dans Brown Sugar, il chante «boy» au lieu de «girl», pour amuser/choquer la galerie. Un nouveau feu d'artifice et les artistes tirent leur révérence sur It's only Rock and Roll. A la sortie, les fans sont scotchés par la performance : «Mick a 62 ans ! C'est incroyable !»
Libération |
Citation: Prix des places (environ) :
Lower / Clubs £ 450.00
Upper Levels £ 200.00
Floor First 20 Rows £ 1,095.00
Floor (Rows 20 - 50) £ 795.00 |
C'est les prix du concert de New-york
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