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Zakath |
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Médecine du travail
Un article fort intéressant bien qu'assez mauvais pour le moral, sur lemonde.fr :
Citation: <center>Journal d'un médecin du travail</center>
Je suis le médecin du travail d'un hypermarché appartenant à un grand groupe de distribution depuis dix-neuf ans. Cet établissement a environ 480 salariés. Je me suis aperçue depuis longtemps que les conditions de travail y sont très pénibles, tant sur le plan physique (manutentions très lourdes, répétées, souvent sans matériel adapté, et sous contrainte de temps) que sur le plan psychologique : pression morale et brimades sont constantes, la plus fréquente étant la suppression des congés (ou le changement de jour de repos) lorsque l'on revient d'un arrêt de travail – pour maladie ou accident du travail.
Mais je m'imaginais que seuls les salariés de terrain pouvaient en être victimes. D'une façon primaire, je pensais que les "chefs" étaient tous des sales types payés pour malmener leur équipe. Ils me semblaient bâtis sur le même modèle.
A l'embauche, ils sont comme "gonflés", d'un ego sans limites : c'est sûr, dans cette société, ils auront un avenir brillant ; d'ailleurs, on leur a dit que leur avancement serait très rapide à condition de donner (beaucoup de temps, d'énergie), donner toujours pour le bien de l'entreprise (...).
Lors des visites suivantes, je trouve deux catégories :
– Des jeunes gens qui souffrent, épuisés physiquement et moralement. Les mêmes propos me reviennent : "Je n'ai pas les moyens de faire tout ce qu'on me demande ; mon chef veut que je me débrouille pour virer ce salarié, mais je ne peux pas, il a des enfants, et puis il ne bosse pas plus mal qu'un autre, alors, pourquoi le virer ?"
"Je ne pourrai pas tenir mon objectif, mais je n'y suis pour rien" – un événement inattendu, comme de la pluie en été, a réduit les ventes de vêtements légers ou de salades, mais la direction ne veut rien savoir, le chiffre n'est pas fait, et le chef est convoqué pour avertissement. "Je donne sans compter mon temps, je rentre le soir crevé, je ne peux plus supporter mes gosses, avec ma femme, on s'engueule constamment."
Très souvent, je conseille à ces jeunes sans ancienneté de quitter la société, car leur souffrance les rendra malades.
– Dans la deuxième catégorie, je mets tous les chefs qui semblent adhérer au système. Au fil des visites, j'ai l'impression de rencontrer les membres d'une secte : mêmes réactions, mêmes discours, mêmes remarques désobligeantes sur leurs équipiers malades ou accidentés, bref une espèce de "pensée unique". Ils sont comme blindés. (...) Ils vivent souvent seuls ou ont une vie parallèle à celle de leur famille. Certains livrent parfois leur souffrance privée, mais refusent d'envisager qu'elle puisse être liée à leurs conditions de travail. (...) Je me débrouillais donc avec tout ça, jusqu'au jour où je vois, en visite de reprise de travail, l'un de ces chefs "imperméables". |
La suite (édifiante) par ici : lemonde.fr
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