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[ACTU] L'Etat s'engage enfin dans le très haut débit... sans investir
Citation: L'Etat s'engage enfin dans le très haut débit... sans investir
<a href="http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-651865,36-839648,0.html?xtor=RSS-3208">LEMONDE.FR</a> | 28.11.06 | 17h20 • Mis à jour le 28.11.06 | 18h54

<small>AFP/FRANÇOIS GUILLOT
Le ministre délégué à l'industrie, François Loos, lors d'une conférence de presse à Paris, le 4 avril 2006. </small>
François Loos, le ministre délégué à l'industrie, a donné, lundi 27 novembre, un coup d'envoi "officiel" au très haut débit (THD) en France. Un "forum" dédié et quinze mesures phares en faveur du THD devraient permettre, selon le ministre, d'atteindre les quatre millions d'abonnés à l'horizon 2012.
Ces <a href="http://www.industrie.gouv.fr/portail/secteurs/planTHD.pdf">quinze mesures incitatives</a> devront tout à la fois permettre de réduire les coûts de déploiement, de soutenir l'action des collectivités locales, mais aussi de renforcer la recherche et le développement en matière de THD. Le forum du très haut débit servira quant à lui de plate-forme d'échanges, de force de proposition, mais aussi d'observatoire du déploiement de ces réseaux. Les principaux opérateurs publics ou privés du marché, les équipementiers, ainsi que des collectivités locales ou des instances nationales comme l'Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) en feront partie. L'Arcep et la DGE (Direction générale des entreprises) piloteront par ailleurs bon nombre de ces mesures.
L'Etat, par la voix de François Loos, s'est donc décidé à se saisir du dossier, après les nombreux appels et recommandations des opérateurs privés et de l'Arcep, tous en attente d'une régulation du marché. Le ministre, qui entend par ces mesures donner"une impulsion (...) afin que la France puisse bénéficier au maximum des retombées industrielles et socio-économiques de cette technologie", répond donc en partie aux appels lancés lors des colloques et des forums THD de ces derniers mois, notamment en reprenant les idées émises par l'Arcep. Mais il ne donne toujours pas de clés légales quant à la mutualisation ou la réutilisation des équipements réseaux, comme les fourreaux, pour éviter les coûteux travaux de génie civil. Il propose tout de même de lancer prochainement des études (aux 1er et 2e trimestre 2007) sur ces recyclages de réseaux existants, tout en indiquant que la régulation ne devra plus se faire au plan national, mais au niveau local, en tenant compte "de la présence ou non d'infrastructures alternatives et de l'objectif d'aménagement du territoire".
ET EN PROVINCE ?
Les acteurs du marché, excepté Neuf et Noos dont les annonces sont prévues dans les prochaines semaines, n'ont pas attendu ce réveil tardif des autorités pour entamer une guerre de position, avec rachats, annonces et lancements d'offres à la clé. Cependant, les questions de mutualisation des réseaux et les comparaisons des choix techniques (FTTH, FTTB ou GPON) de chacun sont toujours d'actualité. Seule certitude pour tous, l'investissement global, jugé, selon l'ensemble des spécialistes du secteur, colossal : il est en effet estimé à plusieurs dizaines de milliards d'euros pour les prochaines années.
L'objectif des pouvoirs publics avec ce forum est donc de forcer les acteurs du secteur à se parler et à travailler de concert afin de réduire les coûts, mais aussi la fracture numérique en soutenant les collectivités locales : les principaux opérateurs ne parlent actuellement que d'un déploiement à Paris et en proche banlieue. Seul Orange, avec son offre pilote THD déjà déployée en région parisienne, a d'ores et déjà annoncé vouloir étendre son offre test à quelques grandes agglomérations de province comme Nantes, mais en la limitant à un millier de prises par ville. Le gouvernement s'est donc engagé à "soutenir l'action des collectivités territoriales". Mais pour l'instant, aucune annonce d'envergure n'a été faite concernant les grandes agglomérations de province. Par ailleurs, des mesures en faveur des entreprises, dans le cadre d'un label "Zones d'activité très haut débit", et la mise en place d'un label "logement multimédia" pour les logements neufs et le pré-câblage systématique des bureaux neufs ont été évoqués par le ministre.
Ce plan d'action, qui fait la part belle aux études et incitations au dialogue entre acteurs du marché, ne fait mention d'aucun financement particulier en faveur du très haut débit, excepté l'utilisation souhaitée des fonds structurels européens : selon Bercy, cette intervention des pouvoirs publics "ne pourra se substituer aux investissements des acteurs économiques". Reste à savoir si ces mesures seront suffisantes à convaincre les investisseurs de travailler en bonne intelligence alors que des milliards seront en jeu et que l'avenir du pays pourrait se jouer sur la qualité de ses réseaux.
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Le 100 Mbit/s en janvier chez Erenis
Profitant du calendrier ministériel, Erenis, l'un des principaux acteurs du marché parisien avec 20 % de parts de marché et près de 9 000 abonnés particuliers, vient d'annoncer, mardi 27 novembre, la mise à disposition prochaine de son offre "100 Mbit/s", dont le lancement est prévu en janvier 2007.
Daniel Caclin, le PDG de la société, n'a toutefois pas voulu communiquer sur le prix de cette offre, attendant vraisemblablement que les autres acteurs prépondérants du marché abattent leurs cartes, notamment Noos et Neuf. Free et Orange ont quant à eux annoncé leurs offres respectives, qui n'atteindront toutefois pas les débits annoncés par Erenis de 100 mbit/s descendant et 50 Mbit/s montant, couplés à une offre de stockage particulièrement simple d'utilisation de 100 giga-octets. L'offre actuelle d'Erenis propose pour 29,90 euros par mois du "triple play" non symétrique à 60 mbits/s descendants et 10 mbit/s montant maximum.
Interrogé par ailleurs sur la possible location de ses infrastructures, Daniel Caclin ne s'y est pas dit opposé, mais a souhaité qu'un cadre légal soit préalablement défini par les autorités. Il a par ailleurs précisé lors de la conférence de presse vouloir élargir son offre à la proche banlieue rapidement, avec l'ambition de compter 300 000 clients à l'horizon 2011. Les principales zones de couverture actuelle du réseau fibre d'Erenis se situent dans le sud et dans l'est parisien, notamment autour des portes de Montreuil et Bagnolet.

La carte de couverture fibre de l'opérateur privé ERENIS dans Paris - septembre 2006.
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