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[ACTu] Le Web2.0 ruinera t-il les ISPs ?
Citation: Le Web2.0 ruinera t-il les ISPs ?
Posté par Ouriel Ohayon
Cet article a été rédigé par Philippe Attia et édité par Ouriel Ohayon
Dans les années 2000, les tuyaux des opérateurs étaient vides et la bulle internet 1.0 explosait. Les conséquences financières qui s’en suivirent, sont connues.
6 ans plus tard, la tendance s’est inversée de manière spectaculaire. Sous l’impulsion de quelques ISPs audacieux, comme Free, la course du haut débit a démarré en 2003 en France et n’est pas prête de s’arrêter. Les internautes français en sont les premiers bénéficiaires, puisque la concurrence entre FAI leur a permis de bénéficier d’offres triple-play à 30 euros, que leurs voisins européens ou américains observent avec envie. Le Web 2.0 a vu l’émergence d’un idéal numérique qui prône le partage des idées et des contenus pour le plus grand nombre. Ce que les acteurs du web 2006, ont oublié de prendre en compte c’est que depuis 2000, les tuyaux se sont largement remplis et cela nécessite un upgrade constant des équipements réseaux et des backbones mondiaux.
Derrière son écran, le surfer fou qui regarde du streaming gratuit ou de la VOD, se soucie peu du prix d’une carte 10 Gigabit pour équiper les routeurs, ou de la difficulté de négocier les « peerings » pour les opérateurs (échange de trafic gratuit entre opérateurs). Le FAI et les opérateurs regardent donc avec angoisse leur courbe de trafic croitre aux heures de pointe et se demandent qui financera la prochaine mise à jour de leur réseau. Avec un prix du mégabits en baisse constante sur le marché en gros (wholesale), la question mérite largement d’être posée.

De leur coté les fournisseurs de contenu voient leur budget télécom exploser, et ce qui était un coût, devient un problème stratégique. Comment concilier la prise d’audience massive qui va attirer les annonceurs du monde entier, avec le coût exponentiel de bande passante?
Le site Youtube à lui seul consomme actuellement environ plus de 100 Gigabits par mois. Quotidiennement 100 Millions de vidéos sont vues sur ce site et 65 000 vidéos ajoutées !
En appliquant les prix du marché aux Etats-Unis, on peut déduire que cette bande passante coûte environ 2 millions de dollars par mois à Youtube/Google, sans parler du coût des équipements et de leur gestion. Avec une consommation de plusieurs dizaines de Gigabits par mois, Dailymotion, le concurrent français de Youtube suit la même tendance.
De plus les offres compétitives des FAI en France (si l’on compare les prix d’abonnement mensuel : 30 Euros en France pour 20 megabits, contre en moyenne 25 $ pour 6 Mbits au Etats Unis) incitent le consommateur français à être l’un des plus gourmands au monde (0,75 megabits par utilisateur en moyenne), ce qui fait évidemment croître la fréquentation des sites Web 2.0.
Comme le dit Octave Klaba, directeur de la société OVH, premier hébergeur français, sur le forum de discussion du FRNOG dédié aux ISP français, “le problème ce sont ces réseaux (en parlant des sites de partages de vidéo) qui s’installent dans notre réseau.” Le directeur technique de Free Rani Hassaf annonce sur le même forum “le problème est le développement à grande vitesse des plateformes de diffusion de Vidéo.”
Mais ce n’est pas tout. A côté de la vidéo mais aussi du P2P qui consomment beaucoup de bande passante, il y a bien évidemment le développement de la VOIP et de la vidéoconférence mais surtout le développement des MMOGs, ces jeux multiplayers massifs comme World of Warcraft qui sont en train de faire des ravages auprès des nouvelles générations d’utilisateurs du net. Le proche développement de la télévision P2P (voir The Venice Project) ne devrait pas non plus arranger les choses et faire appel à plus de bande passante.
De son coté, les fournisseurs de contenu sont conscients de ces enjeux pour leurs propre survie.
Les seuls ISPs qui sont rentables aujourd’hui sont ceux qui ont bâti leur propre réseau télécom grâce à la baisse des couts d’infrastructure (fibre + équipement).
Il semble que cette logique s’applique aussi pour les fournisseurs de contenu des années futures, s’ils veulent continuer à exister…. avant leur rachat par les géants de l’internet.
C’est dans ce contexte qu’Amazon espère faire de ses Web Services un atout stratégique en proposant aux nouvelles sociétés du web un accès à des solutions d’hébergement et de bande passante à des prix défiant toute concurrence. Cette initiative est certainement intéressante mais ne changera pas le problème fondamental du coût de l’architecture des réseaux
Y a t-il parmi vous des experts du sujet pour compléter?
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source et commentaires:
techCrunch en francais
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