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Forum OXMO Forum OXMO > Section Généraliste > Discussion Libre > [ACTU] L'élection présidentielle dans le miroir aux sondages ?


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Post [ACTU] L'élection présidentielle dans le miroir aux sondages ?

Un article très interessant croisé sur Libération :

Citation:
L'élection dans le miroir aux sondages

Le yo-yo des enquêtes d'opinion sur les intentions de vote au premier tour accroît la suspicion depuis le 21 avril 2002.

Par Jean-Dominique MERCHET, Paul QUINIO
mardi 27 février 2007

Encore plus que les précédentes, la campagne présidentielle 2007 vit-elle au rythme des sondages ? Des sondages qui plus est contradictoires, qui jouent d'une semaine sur l'autre au saut à l'élastique, avivent les nerfs des candidats, agitent le microcosme politico-médiatique mais laissent sceptiques des Français qui gardent en souvenir l'élection de 2002. Avec son troisième homme, nommé Jean-Pierre Chevènement en début de campagne mais qui a fini bien bas le 21 avril. Et évidemment avec cette mauvaise surprise Le Pen que personne n'avait vu venir.

Bref, l'heure du procès des instituts de sondage, en ce mois de février traditionnellement jugé décisif pour la cristallisation des votes, a-t-elle une nouvelle fois sonné ? La dernière critique en date étant que les sondés, plus malins qu'il n'y paraît, se jouent des instituts dans une ultime manifestation de la crise des élites et du déficit démocratique que traverse le pays. Autrement dit, l'absence de confiance dans le politique frapperait aussi les instituts de sondage en cette campagne fortement marquée par un climat populiste qui déborde des seules classes populaires. Comme si les sondés s'emparaient des sondages pour dire, aux sondeurs, aux candidats, aux médias, que ce sont eux qui commandent.
Stéphane Rozès, directeur de CSA, reconnaît que «la société va plus vite que les politiques et que les journalistes». Et qu'à «travers les sondages, le pays instrumentalise les politiques et les médias. Et ceux-ci se reposent sur la magie du chiffre face au désarroi qu'ils ressentent».
Selon Jérôme Sainte-Marie, directeur de BVA Opinion, «les sondages n'ont jamais tenu une aussi grande place dans une campagne. Les deux principaux candidats se sont d'ailleurs construits avec les sondages. Et, globalement, les politiques surréagissent aux chiffres de sondages, même si leurs conseillers sont capables d'en faire une lecture plus stratégique».
Brice Teinturier, de la Sofres, rigole, lui, à l'idée que «les Français essayeraient de manipuler les sondeurs. C'est un fantasme sur l'hyperrationalité du corps électoral». Ils ont, selon lui, au contraire parfaitement intégré que «les sondages sont des outils de compréhension de l'opinion, pas des prévisions de résultats». C'est effectivement la première question qui se pose.

Une photographie de l'opinion ou une prévision ?

François Miquet-Marty, de LH2 (partenaire de Libération, ndlr), abonde : «Tout le monde a compris la différence entre une photographie à un moment donné de l'opinion et une prévision du résultat final, mais personne n'a envie de lire nos enquêtes d'opinions comme il faut.» Pierre Giacometti partage l'avis de Brice Teinturier. «Le public a paradoxalement beaucoup plus de distance vis-à-vis des sondages que les acteurs politiques et les observateurs. Mais je n'aime pas le terme de photographie, je préfère l'image du film, car une bonne enquête d'opinion, c'est une observation des tendances.»
Stéphane Rozès précise aussi que «les intentions de vote n'indiquent rien quant à l'avenir». Le directeur du département Opinion publique de l'Ifop, Frédéric Dabi, explique très simplement que «les sondages ne sont en rien prédictifs. C'est une erreur de projeter les tendances actuelles, car l'offre électorale du premier tout n'est pas figée. On ne sait même pas si Besancenot, Villiers et même Le Pen seront finalement candidats». Et de rappeler qu' «en mars 2002, on mesurait encore les intentions de vote pour Charles Pasqua». Résultat, pour Frédéric Dabi, il serait fou de prendre les sondages actuels pour argent comptant, car «rien n'est joué. La cristallisation de l'opinion sur les candidats n'étant pas définitive. Environ une personne sur deux reste indécise dans son choix. On ne doit donc pas être surpris des évolutions brusques».

Comment s'expliquent les brusques variations des sondages ?

C'est la deuxième question du moment : comment interpréter les écarts importants enregistrés ces derniers jours, notamment Ségolène Royal, quasiment enterrée il y a huit jours à 45 % selon certains instituts, ressuscitée par d'autres depuis ce week-end grâce à ses 49,5 %.
Pour Jérôme Sainte-Marie, directeur de BVA Opinion, «les résultats sont volatils parce que Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal attirent, fascinent mais ils suscitent de la perplexité et de l'inquiétude. Selon que l'on met en exergue les inconvénients de l'un ou de l'autre des deux candidats, les résultats bougent rapidement. En 2002 au contraire, Lionel Jospin et Jacques Chirac n'attiraient guère, mais n'effrayaient pas puisqu'ils étaient déjà au pouvoir». Tous les sondeurs rappellent surtout que «leurs marges d'erreur oscillent entre 2 et 3 points...». Ce qui, à l'arrivée, minimise les grands mouvements de balancier.

François Bayrou est-il surévalué ?

Réponse un brin provocatrice de Pierre Giacometti : «Il est au niveau où on le mesure aujourd'hui.» Manière de dire qu'à un certain moment, il y a des tendances qui sont révélatrices des positions des uns et des autres. La question agace aussi Brice Teinturier. «Surévalué par rapport à quoi ? ! ça n'a pas de sens. Il y a aujourd'hui une évolution, une dynamique. Il ne serait pas pour autant rigoureux de faire des projections, à partir des niveaux actuels, sur son score final.» D'autant que, selon Jérôme Sainte-Marie, directeur de BVA Opinion, «le taux de certitude du choix en faveur de Bayrou est relativement faible». Ce qui n'est pas le cas pour Jean-Marie Le Pen

Jean-Marie Le Pen est-il sous-évalué ?

C'est la question qui rappelle de mauvais souvenirs aux sondeurs. Même si, comme le dit Pierre Giacometti, la surprise de 2002 n'était pas le score de Le Pen, mais plutôt celui de Jospin. Pour le responsable d'Ipsos, il n'y a d'ailleurs pas de problème Le Pen pour les sondeurs : «Il est plus facile d'évaluer sa dynamique que celle de Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy.»
Pourquoi alors cette question récurrente sur Le Pen ? «Parce qu'on sait que le vote Le Pen est très sous-déclaré», explique François Miquet-Marty. Qui précise : «On s'assure que son poids dans nos enquêtes est conforme à ses résultats lors des élections antérieures.» Pour l'Ifop, «Le Pen reste le candidat le plus difficile à estimer, car, pour les sondés, il est le moins dicible de tous les candidats. On connaissait déjà ce phénomène, mais à une moindre ampleur avec le Parti communiste». Selon un spécialiste, les sondeurs se blinderont dans la dernière ligne droite de la campagne et donneront le patron du FN très stable depuis la présidentielle de 1988, entre 15 et 19 %.

Quelle est la nature des rapports entre sondeurs et politiques ?

«Nous faisons deux types de sondages. Ceux qui sont publiés dans la presse sont quantitatifs. A l'usage des différents candidats, nous réalisons des enquêtes beaucoup plus qualitatives. Mais nous ne les rendons pas publics», explique Frédéric Dabi, directeur du département Opinion publique de l'Ifop. De quoi évoquer les liens incestueux entre sondeurs et politiques ? Pour Miquet-Marty, la question «frise le procès d'intention».

Si personne ne nie les rapports commerciaux entre sondeurs et politiques, si tout le monde sait, par exemple, qu'Ipsos compte comme très gros client l'UMP et le candidat Sarkozy ou que le PS travaille avec la Sofres, «il serait très imprudent pour un institut de tenir compte de ses contrats», insiste le directeur de LH2. «Car si c'était le cas, les instituts prendraient le risque de fermer très rapidement boutique.» Tout simplement parce qu'ils font du business avec bon nombre d'autres clients, et que les sondages politiques sont les vitrines de leur crédibilité.


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ourquoi alors cette question récurrente sur Le Pen ? «Parce qu'on sait que le vote Le Pen est très sous-déclaré», explique François Miquet-Marty. Qui précise : «On s'assure que son poids dans nos enquêtes est conforme à ses résultats lors des élections antérieures.»


En d'autres termes, ce sont eux qui choisissent quel score ils veulent mettre a Le Pen... Les instituts de sondage bidouillent les chiffres dans tous les sens pour "compenser", et au final, ca ne veut vraiment plus rien dire du tout.


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Message écrit par Zakath, le 27-02-2007 à 12:15
En d'autres termes, ce sont eux qui choisissent quel score ils veulent mettre a Le Pen... Les instituts de sondage bidouillent les chiffres dans tous les sens pour "compenser", et au final, ca ne veut vraiment plus rien dire du tout.


C'est clair.

J'avais vu une interview après le 21 avril 2002. Les instituts déclaraient qu'ils ajoutaient, en moyenne, 5 points à Le Pen à cause de la sous-évaluation ...


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Le sondage ca sert à rendre crédible un candidat!!!

Par exemple, pour Ségo, tout est partie d'un sondage qui l'a rendait crédible face à Sarko et l'emballement médiatique a fait le reste.

Et pour Bayrou, c'est un peu la meme chose!!!

Un sondage ca rend crédible ou ca décrédibilise (ex: voynet)!!!

C'est en fait ambivalent car un sondage traduit une tendance (une photo) mais après avoir vu cette photo, les réactions peuvent amplifier cette tendance.

Par exemple, Bayrou devient crédible pour le PS quand un sondage le donne gagnant face à Sarko!!!

C'est une vrai arme de campagne le sondage!!! une arme psychologique!!!


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