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[CRITIQUE/DOC] La traque de l'affiche rouge (2006) - FR - Jorge Amat
Si quelqu'un ne sait pas quoi faire de sa carte télé ce soir 
Citation: La traque de l'affiche rouge
Durée : 74 mn.
Genre : Histoire - Docu-infos
Origine : Fra. 2006. Stéréo.
Réalisation : Jorge Amat.
Paris, février 1944: vingt-trois résistants, étrangers pour la plupart et issus de la mouvance communiste, sont condamnés à mort. Parmi eux, Missak Manouchian. Tous résistants de la première heure contre l'occupant nazi. Vingt-deux sont fusillés le jour même au Mont Valérien et une femme est envoyée en Allemagne pour y être décapitée. Une dizaine de jours plus tard, leur photo se retrouve placardée dans les rues de la ville pour illustrer ce que le gouvernement appelle «l'entreprise du crime». C'est la célèbre «Affiche rouge», qui inspirera le poème d'Aragon. |
Citation: Une affiche rouge passion
JEAN-MICHEL MAIRE.
Publié le 15 mars 2007
« Infrarouge » - Les membres du célèbre groupe Manouchian n'ont pas été « donnés » mais piégés par une traque sans faille de la police française.
FÉVRIER 1944. Les Parisiens découvrent sur les murs de la _ville une affiche rouge avec dix visages hirsutes et mal rasés, aux noms bien peu français, et donc forcément inquiétants... Leur image flotte encore dans l'esprit des plus anciens.
Mais qu'en savent les plus jeunes ? Certainement rien, ou pas grand-chose. France 2 a dé_cidé de réveiller les mémoires en diffusant, dans le cadre de sa case « Infrarouge », ce passionnant documentaire signé Jorge Amat et Denis Peschanski. Objectif : mieux comprendre ce qui motivaient tous ces hommes, pour la plupart issus de la mouvance communiste, à prendre de tels risques - Missak Manouchian bien sûr, le chef de bande arménien, mais aussi Rayman, Juif polonais, Epstein, partisan français, Alfonso, espagnol, Fontanot l'Italien, Boczof le Hongrois, tous résistants de la première heure et venus de l'étranger pour dé_fendre la France contre l'oc_cupant nazi. Structurés en groupes armés, ils vont notamment mener de nombreuses opé_rations de sabotage sur le réseau ferré. L'un de leurs coups d'éclat : abattre en plein jour Julius Ritter, l'homme du Reich chargé d'organiser l'envoi de la main-d'oeuvre française en Allemagne.
Surtout, le film, produit par la Compagnie des Phares et _Balises, veut rétablir une vérité : le réseau n'est pas tombé à la _suite d'une trahison du Parti communiste français, comme on l'a longtemps accusé. Les résistants n'auraient en fait pas pu _faire face à la formidable ma_chine policière mise en place pour démanteler leur réseau : 220 agents répartis au sein de deux brigades spéciales des _Renseignements généraux. Entre janvier 1942 et la libération, la Préfecture de police de Paris va mettre en place un redoutable système de filatures et d'investigation. Résultat : 1 599 arres_tations et 216 exécutions. Le groupe Manouchian, quoique plus expérimenté, n'échappera pas à la traque. Pour les quelque 80 membres des FTP-MOI (Francs-tireurs et partisans-Main-d'oeuvre immigrée) de la région parisienne, souvent très jeunes à l'époque et dont certains témoignent largement dans ce film, la lutte est inégale. Comme le démontrent des archives aujourd'hui déclassifiées, des fiches étaient systématiquement et quotidiennement rédigées entre janvier et novembre 1943 sur chaque membre présumé du groupe. Habiles, les policiers ont patiemment attendus que tous ces « terroristes étrangers » soient « logés » avant de procéder au coup de filet que l'on connaît.
Un réquisitoire bâclé en quelques minutes
Vingt-trois résistants, les plus actifs, sont pris dans les mailles. Suivra une parodie de procès à l'hôtel Intercontinental, un réquisitoire bâclé en quelques minutes, des avocats allemands commis d'office qui se borneront, c'est un comble, à reconnaître la culpabilité de leurs « clients », et une sentence identique pour tous : la peine de mort. Vingt-deux seront fusillés le jour même au mont Valérien. Le 23e, une jeune fille nommée Olga Bancic, sera emmenée en Allemagne pour y être décapitée à la hache. Une dizaine de jours plus tard, des milliers d'affiches, couleur rouge sang, seront placardées dans tout Paris afin de dissuader d'autres groupes. À la radio, la propagande dénonce leurs crimes, toujours plus « lâches et hideux » et déclare : « Les voici ces tristes héros, ils appartiennent au ghetto ou au bagne. Leurs exploits n'ont qu'un but : semer la haine et les deuils en France. » Un tract sera distribué à la même période : « Si des Français pillent, volent, sabotent et tuent, ce sont toujours des étrangers qui les commandent, ce sont toujours des juifs qui les inspirent, c'est l'armée du crime contre la France. » Fin novembre 1943, la lutte armée parisienne sera en tout cas réduite à néant. Mais Aragon et l'Histoire se chargeront bien vite de transformer ces « assassins » en héros de la Résistance.
FRANCE 2 - Ce soir à 23 h 20.
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