Recharge des véhicules électriques : 26 000 immeubles seront pré-équipés sans reste à charge pour les copropriétés
Filiale de la Caisse des dépôts, Logivolt annonce avoir levé 300 millions d’euros pour assurer le financement des infrastructures de recharge collective et équiper 26 000 immeubles d’habitations et 1,7 million de places de stationnement d’ici à 2030. Objectif : lever les freins au passage à l’électrique pour les Français qui n’habitent pas en maison individuelle, en faisant en sorte que la recharge puisse se faire en temps masqué lorsque l’automobiliste rentre à son domicile.
Ouest-France Florence Le Nevé
Publié le 10/09/2026 à 06h00

Être obligé de se charger sur une borne en extérieur (comme ici) peut être un frein pour le passage à la voiture électrique de certains conducteurs qui veulent pouvoir se charger en temps masqué | GETTY IMAGES
En résumé
331 200 véhicules électriques ont été immatriculés en France en 2025. Ce sera beaucoup plus en 2026.
Pour accompagner ce développement et faciliter la recharge, Logivolt, filiale de la Caisse des dépôts, a annoncé avoir levé 300 millions d’euros pour accélérer le déploiement des infrastructures de recharge dans les immeubles d’habitation, sans reste à charge pour les copropriétés.
« Seuls 18 000 immeubles sont aujourd’hui connectés, ce qui représente 7,2 % des immeubles collectifs », éclaire Clément Molizon, délégué général de l’Association pour le développement de la mobilité électrique (Avere)
« Recharger son véhicule électrique doit être aussi simple que de recharger son téléphone le soir avant de se coucher », estime Pierre Eymard directeur général de Logivolt.
Logivolt annonce avoir bouclé un financement de 300 millions d’euros, 200 millions d’euros auprès de la Caisse des dépôts et 100 millions d’euros auprès des banques du groupe Banque populaire Caisse d’épargne, pour accélérer le déploiement de bornes de recharge dans les immeubles d’habitation (habitat collectif privé et social). Ce prêt vient s’adosser aux 190 millions d’euros déjà engagés par la Caisse des dépôts, portant la force de frappe de Logivolt à près de 500 millions d’euros.
Équiper 26 000 immeubles d’habitation d’ici à 2030
La société s’est ainsi fixée comme objectif d’équiper en infrastructures de recharge (le pré-équipement des places de stationnement) 26 000 immeubles d’habitations sur toute la France, y compris en outre-mer, et 1,7 million de places de stationnement d’ici à 2030, en ligne avec le plan d’électrification du gouvernement présenté en avril 2026.
Car si le marché a mis du temps à décoller, aujourd’hui la dynamique est là. En août 2026, 38 % des voitures neuves vendues en France étaient électriques. Un record. Depuis le début de l’année, 322 102 véhicules électriques ont été immatriculés en France (pour 331 200 sur toute l’année 2025), soit une progression de 74 % par rapport à 2025, portant la part de marché cumulée de l’électrique à 30 %.
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Stimulée par le leasing social, relancé le 16 juillet 2026 dans sa troisième édition, la guerre au Moyen-Orient, qui a fait grimper les prix des carburants, et les nouvelles obligations des entreprises qui doivent, depuis la loi Lom, verdir leur parc sous peine d’amendes, la voiture électrique se fait progressivement une place dans le parc automobile français. Certes encore modeste – on ne compte que 2 millions de véhicules électriques sur un parc de 40 millions de véhicules en circulation en France, mais qui grandit de jour en jour.
Mais si les Français sont de plus en plus séduits par l’électrique, pour réussir un vrai passage à l’échelle, il reste à lever certains freins. Le principal ? La recharge et notamment dans l’habitat collectif. Près d’un Français sur deux y habite. "Il faut que la recharge soit indolore", estime Pierre Eymard, directeur général de Logivolt, filiale de la Caisse des dépôts. Et d’appuyer : "Il faut que recharger son véhicule électrique soit aussi simple que de recharger son téléphone le soir avant de se coucher."
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Accélérer un passage à l’échelle
Mais à ce stade, tous les immeubles sont loin d’être équipés. "Seuls 18 000 immeubles sont aujourd’hui équipés de parkings disposant de bornes de recharges, ce qui représente 7,2 % des immeubles collectifs", éclaire Clément Molizon, délégué général de l’Association pour le développement de la mobilité électrique (Avere) France. Il faut donc accélérer. Beaucoup de copropriétés commencent à le comprendre. "À ce jour, 43 000 immeubles ont validé, en assemblée générale, une décision d’infrastructures", constate Clément Molizon, pour qui il y a un vrai enjeu. "À terme, ne pas avoir le pré-équipement pour installer des bornes dans certains immeubles pourrait devenir discriminant."
Reste le coût. Il faut compter en moyenne 25 000 € pour pré-équiper un immeuble. La moitié, soit 12 500 €, peut être financée par le programme Advenir, piloté par l’Avere. Le reste est assumé par Logivolt. "Il n’y a donc aucun reste à charge pour la copropriété", précise Pierre Eymard.
À charge ensuite, pour les opérateurs – qui vont installer les bornes à la demande des résidents intéressés – de déployer le service. Logivolt travaille aujourd’hui avec huit opérateurs (WAAT, Zeplug, SGA Mobility Izi By EDF, EVE Car Plug, Park’n Plug, Amperus, EZDrive) qui présentent sa solution de financement aux copropriétés.
Concrètement, la copropriété choisit en assemblée générale son opérateur, qui va fixer ses tarifs, 100 % des places sont pré-équipées par Logivolt, et chaque résident choisit ou non d’installer une borne sur sa place de parking. "Si vous n’avez pas de véhicules électriques, vous ne payez donc évidemment rien", précise Clément Molizon.
Logivolt affirme avoir déjà séduit 8 500 copropriétés depuis sa création en 2021. L’idée est donc maintenant d’accélérer alors que la demande grandit. En attendant, pour Pierre Eymard c’est une certitude, "dans dix ans, le fait de recharger sa voiture chez soi le soir sera devenu une évidence »."