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Salut les jeunes,
Un article valant son pesant de cacahuètes:
Citation Les investissements dans les entreprises de l’IA et leur valorisation s'envolent. Morgan Stanley prévoit que les dépenses mondiales dans cette technologie atteindront 3 000 milliards de dollars d’ici à 2029. Un emballement inquiétant alors que l'IA est loin aujourd’hui de tenir ses promesses.
En 2025, les dépenses d’investissement prévues par les entreprises américaines pour des projets liés à l’IA devraient dépasser 400 milliards de dollars. Un chiffre, selon The Financial Times, multiplié par 2,7 depuis la présentation en 2022 du modèle ChatGPT d’Open AI, qui a donné le top départ d’une course effrénée vers cette technologie dite du futur. Microsoft, Google, Meta, Amazon assis sur leurs énormes profits générés dans leur cœur de métier dépensent sans compter pour atteindre ce nouvel eldorado. Comme piégés dans une rivalité exacerbée par la crainte de se faire distancer, les quatre géants investissent dans des infrastructures, rachètent des starts up, recrutent des chercheurs et des talents à prix d’or faisant grimper les enchères et entrainant dans leur sillage nombre d’entreprises. Car il faut s’équiper de serveurs, de supercalculateurs, de puces électroniques toujours plus puissantes, sécuriser l’approvisionnement en énergie. Une frénésie qui fait s’envoler les valorisations boursières. Ainsi pour exemple, le concepteur américain de puces Nvidia a été la première multinationale au monde dont la somme de toutes les actions a dépassé les 4 000 milliards de dollars. Mais on pourrait en citer d’autres comme Oracle, une entreprise qui produit des logiciels et gère des parcs de serveurs loués à des entreprises nécessitant de grosses capacités de calcul, sa valeur boursière a doublé depuis le début de l’année, atteignant désormais 1 000 milliards de dollars.
Cette envolée des valorisations s’observe également pour les plus petites entreprises non cotées en Bourse. OpenAI vaut aujourd’hui 300 milliards de dollars. Son rival Anthropic affiche une valeur de presque 200 milliards. Des montants records pour des structures de petite taille encore très jeunes, et surtout largement déficitaires.
Une ou trois bulles IA ?
Des énormes investissements, des valorisations qui s’envolent et un marché boursier euphorique pour une technologie encore incertaine : N’a-t-on pas tous les ingrédients d’une bulle IA prête à éclater ?
Sam Altman, le pdg d'OpenAI, lui même estimait devant un parterre de journalistes cet été que l'enthousiasme des investisseurs était disproportionné. L'annonce venant du fer de lance de cette technologie dont le rôle est de faire rêver les investisseurs a fait l'effet d'une douche froide à Wall Street. Voulait-il lancer un avertissement ? ou préparer les esprits qu'une révolution technologique prend du temps et qu'il faudrait cibler les investissements au lieu d'y aller tête baissée, de manière irraisonnée en y regardant de plus prés la faisabilité des projets.
Se rapproche-t-on de l'heure du retour sur terre concernant l'IA ? C’est la question que tout le monde se posent faisant largement référence à la crise des dotcoms en 2000 et le krach qui s’en est suivi. Dans un article controversé publié dans Fast Company, Faisal Hoque, entrepreneur et leader d'opinion, affirme même qu'il existe non pas une bulle mais trois bulles de l’IA : Une bulle spéculative où le prix d’actifs dépassent les fondamentaux. Une bulle d’infrastructure où des investissements colossaux sont engagés dans les centre de données, les cartes graphiques, et l’énergie nécessaires pour soutenir l’essor de l’IA avec le risque de construire trop vite et trop grand, créant une surcapacité coûteuse avant que la demande ne justifie ces équipements. Et enfin une bulle marketing qui exagère les capacités réelles de cette technologie.
Pour internet qui avait connu le même engouement et quasiment les mêmes barrières technologiques et d'équipements, la bulle avait éclatée une décennie avant qu'il soit adopté dans les entreprises. Un scénario qui pourrait se répéter mais en plus fort, selon nombre d'analystes qui ont comparé les sommes engagées et les niveaux de valorisation avec l'avancée de la technologie.
Quelles conséquences pour l'économie ?
Dans le ciel des belles promesses de l’IA, 2 coups de tonnerre ont déjà fait trembler les marchés : Le premier c’était en janvier dernier, avec le succès de la start-up chinoise DeepSeek, qui a réussi à construire des modèles d’IA comparables à ceux d’OpenAI et des autres leaders américains, pour moins cher avec des composants moins sophistiqués et en moins grand nombre.
Le deuxième : une analyse du MIT, publiée cet été et portant sur quelque 300 cas d’introduction d’outils d’IA dans des entreprises. L’étude indiquait que 95 % d’entre eux n’ont généré aucun retour sur investissement. Certes de nombreuses entreprises utilisent des outils comme ChatGPT ou Copilot mais ces outils amélioreraient la production individuelle sans contribuer réellement au résultat net des entreprises.
À en croire les économistes, toutes les innovations riment avec surévaluation. En résumé, "Tout le monde veut en être". Un enthousiasme entrainant un afflux massif de capitaux sans lequel aucune révolution technologique ne serait possible. Mais tout le monde ne gagnera pas et certains projets ne survivront pas. Car vient toujours le jour du calcul du retour sur investissement : ces investissements sont-ils rentables ? À combien devra se chiffrer le marché de l’IA pour pouvoir rentabiliser de tels niveaux de dépenses ? Quand les profits ne sont pas au rendez-vous ou tardent à l’être, c’est la débâcle et la bulle éclate. Les dégâts qu’elle pourrait provoquer sont encore flous. Dans le cas du financement des start-up de l’IA, ce sont beaucoup de fonds d’investissement et certains porteurs de titres risquent de tout perdre. Concernant les géants du numérique, leurs titres sont présents dans beaucoup de portefeuilles collectifs, leurs bénéfices et leur domination du marché en font des piliers des portefeuilles de retraite et des fonds de pension. Et pour les banques, c'est encore le point d'interrogation... Tout dépendra de leur niveau d'engagement.
Bonne nuit Europe.
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