|
naturalsticker |
 |
Guru 
Déconnecté
Niveau : 5 N° de Membre :
132
Ancienneté : 100%
Participation : 9%
Inscription: 25 Feb 2002
Localisation:
Age: 50
Messages: 7595
Sujets Lancés : 312
|
Un peu de naturalisme
Voilà, certains d'entre vous se souviennent surement d'un temps où je présentais dans ma signature quelques espèces de notre belle et riche nature. Puis le temps et les restrictions sur les signatures ont fais que j'ai arrêté cette activité.
Or j'ai discuté ça et là à quelques occasions avec des personnes qui m'ont dis apprécier cette petite touche de nature dans un monde virtuel.
J'ai donc décidé de vous proposer ce thread dans lequel je vous présenterai, au gré de mes envies et du temps qui passe, de temps en temps, une espèce, un genre, une famille, etc. Ce soir c'est un coup d'essai. Si ça marche, alors je continuerai 
Pour commencer, je vais vous conter l'histoire d'un oiseau mythique, le Gypaète Barbu, espèce en très grand danger, qui bénéficie actuellement d'un programme de sauvegarde à l'échelle européenne. C'est pas gagné, mais ça commence à payer.
 
Un peu de biologie : Le Gypaète barbu (Gypaetus barbatus barbatus de son petit nom latin) est un rapace de la famille des Vautours, famille qui compte quatre espèce en Europe Méridionale (Vautour fauve, Vautour moine et Vautour percnoptère). De tous, c'est le plus grand. Entre 2.50 m et 2.80 m d'envergure, pour un poids de seulement 5 à 7 kg. C'est une des caractéristique des grands rapaces, le rapport taille-poids idéal pour profiter pleinement des courants d'air et se déplacer sans efforts.
Le régime alimentaire de cet oiseau est très particulier puisqu'il se compose quasiment exclusivement d'os et de tendons. C'est le dernier maillon de la chaîne alimentaire, il finit de nettoyer les cadavres des animaux sauvages et domestiques. Il aime la quiétude et s'approche de son repas quand la cohue des premiers arrivants a laissé place au calme de la montagne. A noter que si l'os est trop gros pour être avaler en entier, l'oiseau utilise un rocher, sur lequel il lache l'os en vol pour le briser. Les stats de réussites sont assez impressionantes, une fois passé l'apprentissage de la technique (merci à shakes de m'avoir rappeler ce détail des plus intéressants).
Fait intéressant, la coloration orange-brun de son torse vient de bains de boue ferrugineuse qu'il aime à prendre par de belles après-midi ensoleillées. Pour l'anecdote les Gypaètes qui vivent en Corse sont blanc car ces boues ne sont pas présentes. En captivité, si on présentes aux oiseaux des bains de colorations différentes, ils iront systématiquement vers la même couleur que leurs congénères vivants en liberté. Actuellement la fonction de cette coloration n'est pas connue.

Un peu d'histoire et de géographie : historiquement, le Gypaète a commencé à être chassé dans les Alpes françaises dans les années 1820. Cependant les populations sont en recul dans toutes les régions du monde où il est présent. Les raisons sont multiples : cibles pour les militaires (Afrique du Nord), trophés de chasse, etc. Mais surtout, il faut s'imaginer que cette oiseau qui niche rarement en dessous de 1500 m dans les Pyrénées, a été découvert par l'Homme lorsque celui-ci s'est attaqué à la conquête de la montagne. Or a cette époque, la montagne était un milieu vraiment hostile à l'homme, dépeuplé, froid, agressif, silencieux, et qui présentait de nombreux prédateurs (Ours, Loup, Lynx notamment). Tous ces éléments ont donc très rapidement entrainé un mythe sur le Gyapète "tueur". Il enlevait les enfants, les moutons, les vaches, et les jetait dans les précipices pour les manger. C'est ainsi que la chasse au Gypaète, ainsi qu'aux grands rapaces en général, a débuté.
A l'heure actuelle, il est présent à l'état naturel dans les Pyrénées, et en cours de réintroduction dans les Alpes, d'où il est officiellement disparu depuis les années 1920-1930.
Je crois que le plus parlant est encore de regarder les cartes de répartitions :
 
Un peu d'espoir : depuis 1922, l'idée de réintroduction du Gypaète dans les Alpes est réfléchie. Plusieurs passionnés ont tenté en vain de mettre en place des programmes, jusqu'en 1973, où les premières tentatives ont eu lieu, mais sans succés. Fin des années 1970, la réussite de plus en plus forte de la reproduction en captivité permet d'envisager un programme plus vaste, mis en place au niveau européen en 1981.
Les premières réintroduction ont eu lieu en 1986 en Autriche, avec succés. Depuis, 95 oiseaux ont été réintroduits, 18 sont morts ou n'ont jamais été recontactés.
En 1997, la première reproduction est conctatée avec bonheur pour la première fois dans les Alpes depuis près d'un siècle. Ca se passe en France. En 1998, seconde reproduction pour le même couple, et formation d'un autre couple en Italie. En 1999, 3ème repoduction pour le 1er couple français, un second couple se forme en France, mais le couple italien échoue dans sa tentative de reproduction. En 2002, le 1er de nos couples échoue dans sa tentative de reproduction, mais les 2 autres couples réussissent.
On peut donc voir que la réintroduction semble fonctionner, mais c'est très difficile en raison de la fragilité de l'espère. Malgré une espérance de vie de 30 ans, un jeune n'arrive à maturité sexuelle qu'au bout de 7 ans. Un seul oeuf chaque année, mais les raisons d'échec sont très nombreuses (dérangement, météo, compétition avec d'autres espèces pour le nid, etc etc). Le combat continu. Je ne connais pas les chiffres des dernières années, mais la tendance reste à la hausse pour le nombre de couples et de naissances.
En Pyrénées, il reste actuellement côté français entre 20 et 25 couples. La population ici n'a jamais disparue. Elle est plus importante côté espagnol.
Voilà. J'espère que cette petite présentation de ce magnifique oiseau vous aura plu. Si vous avez des questions n'hésitez pas. Et rendez-vous pour une prochaine présentation si le coeur vous en dit 
Source : TERRASSE J-F., 2001 - Le Gyapète Barbu - Les sentiers du naturaliste, ed. Delachaux & Niestlé.
Edité par naturalsticker le 25-10-2002 à 01:50
Signaler ce message à un modérateur | IP: Logguée Temps en ligne : 17 Jours, 9 Heures, 55 Minutes, 55 Secondes en ligne
|